L’inflammation bronchique induite par les allergènes chez les patients allergiques aux acariens de la poussière de maison avec ou sans asthme. : C. E. Lopuhaä, T. A. Out*, H. M. Jansen, R. C. Aalberse and J. S. van der Zee Department of Pulmonology and*Department of Experimental Immunology, Academic Medical Center andCLB Sanquin Blood Supply Foundation, Amsterdam, the Netherlands dans Clinical & Experimental Allergy 32 (12), 1720-1727
On ne connaît pas les facteurs qui déterminent la survenue et la persistance d’un asthme chez les patients allergiques aux acariens de la poussières de maison. Le niveau des IgE spécifiques ne semblent pas important dans la survenue de symptômes d’asthme. De plus le niveau d’exposition aux allergènes acariens ne semble pas différer significativement entre patients asthmatiques et non asthmatiques.
– But de l’étude :
* Etudier l’hypothèse que c’est une différence qualitative ou quantitative de la réponse inflammatoire cellulaire bronchique lors de la phase retardée de la réaction allergique qui explique la présence ou l’absence de symptômes d’asthme chez des patients allergiques aux acariens.
* Cette hypothèse a été vérifiée dans un modèle de test de provocation bronchique allergique.
– Matériel et méthode :
* Des test de provocation bronchique avec des extraits acariens ont été réalisés chez 52 patients allergiques aux acariens de la poussière de maison, parmi lesquels 26 patients avec un asthme et 26 patients avec une rhinite perannuelle sans asthme.
* Les premiers résultats concernent les paramètres de l’inflammation bronchique étudiés à l’aide d’échantillons d’expectoration induite (analyse cellulaire, ECP, IL8, myéloperoxydase (MPO)).
* De plus la fonction respiratoire, l’hyper-réactivité non spécifique et des prélèvements sanguins (éosinophiles, IL5) ont été réalisés.
– Résultats :
* A l’état de base, les taux d’éosinophiles et de ECP dans l’expectoration sont identiques dans les 2 groupes mais les neutrophiles et l’IL8 sont plus élevés chez les asthmatiques.
* La broncho-constriction précoce après le test de provocation allergique est similaire dans les 2 groupes, avec asthme ou sans asthme (taux moyen de diminution du VEMS : 31.7% versus non asthmatiques 29.1%, p>0.1).
* La phase retardée de la bronchoconstriction est significativement plus importante chez l’asthmatique (diminution moyenne du VEMS : 27.6% versus non asthmatique 18.9%, p=0.02).
* L’induction d’une hyper-réactivité bronchique est identique entre les 2 groupes.
* Le test de provocation bronchique allergique met en évidence une augmentation significative dans l’expectoration des éosinophiles et de l’ECP, mais qui ne permet pas de distinguer les 2 groupes (p>0.1 et p=0.07, respectivement).
* En contraste, chez l’asthmatique un taux plus important de neutrophiles persiste dans l’asthme 24H après le test et s’accompagne d’une augmentation significative de l’IL8 et du MPO, modifications qui sont absentes chez le non asthmatique (différence entre les 2 groupes : p=0.007 et p=0.05 respectivement).
– Conclusions : Le test de provocation allergique induit un augmentation très similaire des éosinophiles et de l’ECP dans l’expectoration induite chez des asthmatiques allergiques et chez des patients ayant une rhinite sans asthme. La différence dans l’inflammation bronchique entre asthmatiques et non asthmatiques semble plus corrélée aux marqueurs de l’inflammation neutrophile.
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