Variations importantes du contenu en parvalbumine dans les espèces de poissons courants : un facteur pouvant contribuer à la variabilité de l’allergénicité. : A. Kuehna, T. Scheuermanna, C. Hilgera, F. Hentgesa, b
aLaboratory of Immunogenetics and Allergology, CRP-Santé, and
bUnit of Immunology and Allergology, Centre Hospitalier de Luxembourg, Luxembourg
dans Int Arch Allergy Immunol 2010 ;153:359-366 (DOI : 10.1159/000316346)
– Contexte :
- Bien que 95% des patients allergiques au poisson soient sensibilisés à la parvalbumine, allergène majeur du poisson, les réactions cliniques à différentes espèces de poissons varient considérablement dans les symptômes, l’intensité et la fréquence.
– Objectif :
- Cette étude visait à quantifier les taux de parvalbumine dans le saumon (Salmo salar), la truite (Salvelinus fontinalis), la morue (Gadus morhua), la carpe (Cyprinus carpio), le maquereau (Scomber scombrus), le hareng (Clupea harengus), le sébaste (Sebastes marinus) et le thon (Thunnus albacares).
– Méthodes :
- Chaque échantillon de tissu, cru, cuit ou transformé, a subi l’extraction protéique.
- Les extraits de muscle de poissons ont été séparés par SDS-PAGE et le contenu en parvalbumine a été estimé par quantification des bandes densitométriques.
- Les antisera individuels ont été obtenus par immunisation de souris BALB/c à l’encontre de parvalbumines purifiées obtenues à partir de sept espèces de poissons.
- Le contenu en parvalbumine a été quantifié dans les poissons, frais ou transformés (marinés, fumés, salés ou en conserve) et dans les solutions pour prick-tests cutanés (SPT) par ELISA en utilisant l’antisérum correspondant pour la détection et les parvalbumines purifiées en tant que norme.
- Les solutions pour prick-test provenaient de chez ALK, Madrid Espagne, Allerbio, Varennes en Argonne France, Allergopharma, Reinbek Allemagne, HAL Haarlem Hollande, Stallergènes Antony France.
– Résultats :
- Le SDS-PAGE a permis de mesurer le contenu en parvalbumine musculaire qui était inférieur à 0,5 mg par gramme de tissu de maquereau, de 0,5 à 2 mg pour le saumon et la truite, et supérieur à 2 mg pour le cabillaud, la carpe, le sébaste et le hareng.
- En utilisant ELISA, le contenu en parvalbumine variait de moins de 0,05 mg pour le thon, de 0,3 à 0,7 mg pour le maquereau, de 1 à 2,5 mg pour le saumon, la truite et le cabillaud et à plus de 2,5 mg par gramme de muscle cru pour la carpe, le hareng et le sébaste.
- Le contenu en parvalbumine d’échantillons traités (cuits/commercial) était de 20 à 60% inférieur.
- La teneur en allergène dans les échantillons des solutions pour SPT variait de 20 à 70 µg/ml de parvalbumine.
- Les courbes pratiquées en ELISA avec les sera anti-parvalbumine spécifiques d’espèces a permis clairement de démontrer une différence de sensibilité des anticorps.
- Dans les 14 échantillons de solution pour tests cutanés, les concentrations en protéines variaient de 320 à 2270 µg/ml et de 20 à 70 µg/ml pour la parvalbumine.
- Aucune parvalbumine n’a été retrouvée dans la solution pour SPT de thon.
– Conclusion :
- Le contenu en parvalbumine des espèces de poissons les plus couramment consommés varie considérablement.
- Les différences varient entre de plusieurs fois à cent fois plus.
- Ceci doit être pris en compte lors de la réalisation de tests de provocation alimentaire et des conseils donnés aux bpatients allergiques aux poissons.
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