Le rôle de la pénicilline dans les rashs cutanés bénins de l’enfant : une étude prospective basée sur les tests de réintroduction médicamenteux. : Jean-Christoph Caubet, Laurent Kaiser, Barbara Lemaître, Benoît Fellay, Alain Gervaix, Philippe A. Eigenmann
dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - 29 October 2010 (10.1016/j.jaci.2010.08.025)
– Introduction :
- Les rashs maculo-papulaires ou urticariens à début retardé sont fréquemment observés chez les enfants traités par les bétalactames.
- Beaucoup de ces enfants sont étiquetés allergiques sans test de confirmation.
– Objectif de l’étude :
- Il a été de déterminer l’étiologie de ces rashs en explorant à la fois les causes infectieuses et allergiques.
– Matériel et Méthode :
- Les enfants se présentant aux urgences pour une réaction retardée à type de rash maculo-papulaire ou d’urticaire ont été recrutés.
- Des prélèvements sériques en phase aigue et de guérison ont été réalisés pour un screening viral avec réalisation d’un prélèvement de gorge.
- Les patients ont eu des tests cutanés intradermiques et par patch-tests 2 mois après leur inclusion.
- Des tests anti bétalactames sanguins ont été également réalisés.
- Tous les sujets ont eu un test de provocation orale avec l’antibiotique coupable.
– Résultats :
- 88 enfants ont été inclus entre 2006 et 2008.
- Il y a eu 11 (12,5%) IDR positives et aucun patch test positif.
- Il y a eu 2 (2,3%) tests sanguins positifs.
- Il y a eu 6 (6,8%) tests de provocation positifs, 2 étaient IDR négatives et 4 avaient une IDR positive.
- Aucun test de provocation n’a été plus sévère que l’événement initial.
- Beaucoup de patients avaient au moins un test viral positif, 54 (65,9%) dans le groupe des tests de réintroduction négatifs.
– Conclusion :
- Dans cette situation, l’allergie aux bétalactamines est clairement sur-diagnostiquée car les rashs cutanés sont rarement reproductibles (6,8%) par un test de provocation.
- Les infections virales pourraient être un important facteur étiologique de la plupart de ces rashs.
- Les tests de provocation sont positifs chez une minorité de patients ayant des tests cutanés en IDR positifs.
- Les patch-tests et les tests sanguins d’allergie ne sont pas contributifs.
- Le test de provocation doit être considéré chez tous les enfants qui développent des réactions retardées à type d’urticaire ou de rash maculo papulaire après un traitement par des bétalactamines.
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