Le plus grand ennemi des voies respiratoires du tout petit : le trafic routier !!

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Le plus grand ennemi des voies respiratoires du tout petit : le trafic routier !!

Le plus grand ennemi des voies respiratoires du tout petit : le trafic routier !!

lundi 12 avril 2010, par Dr Stéphane Guez

La toux chronique du très jeune enfant est souvent rapportée à une infection virale avec un lien encore incertain avec le développement d’une vraie allergie. Mais il existe d’autres facteurs possibles dont la pollution. Mais laquelle ? Celle de l’intérieur de l’habitat ou celle de l’extérieure ?

Exposition aux émanations du trafic routier et toux nocturne durant la petite enfance : la cohorte de naissance CCAAPS (The cincinnati childhood allergy and air pollution study) : Heidi Sucharew 1 , Patrick H. Ryan 1 , David Bernstein 2 , Paul Succop 1 , Gurjit K. Khurana Hershey 3 , James Lockey 1 , Manuel Villareal 2 , Tiina Reponen 1 , Sergey Grinshpun 1 and Grace LeMasters 1

1 Department of Environmental Health, University of Cincinnati Medical Center, Cincinnati, OH, USA , 2 Department of Internal Medicine, University of Cincinnati Medical Center, Cincinnati, OH, USA , 3 Cincinnati Children’s Hospital Medical Center, Cincinnati, OH, USA

dans Pediatric Allergy and Immunology
Volume 21 Issue 2p1, Pages 253 - 259

- Introduction :

  • Bien que de nombreuses études aient étudié l’association entre la pollution de l’air et son retentissement respiratoire chez les enfants, peu de travaux se sont focalisés sur la toux nocturne.

- Objectif de l’étude :

  • L’objectif de ce travail a été d’évaluer de façon simultanée plusieurs données :
    • le facteur familial (race, sexe, asthme paternel et maternel, alimentation au sein ou non)
    • les manifestations cliniques (sensibilisation allergique, sifflements respiratoires)
    • les facteurs d’environnement familial (chien, chat, moisissures, endotoxines et poussières d’acariens)
    • et d’autres facteurs d’environnement (pollution dû au trafic routier, exposition au tabagisme passif)
  • Ceci afin d’étudier les associations liées à des accès récurrents de toux nocturne durant la petite enfance ;

- Matériel et méthode :

  • Utilisation des données de la cohorte CCAAPS (Allergies chez les enfants de Cincinnati et étude de la pollution de l’air)
  • Un modèle statistique a été développé pour étudier les relations entre ces différents facteurs.
  • La corrélation a été réalisée à différents âges : 1, 2 et 3 ans.

- Résultats :

  • La prévalence de la toux nocturne est importante et est similaire quelque soit l’âge : respectivement 21.6%, 17.3% et 21.1%.
  • Les enfants exposés aux plus grandes concentrations de poussières du trafic routier ont un risque estimé d’augmentation de la toux nocturne de 45% par rapport aux enfants les moins exposés (OR ajusté : 1.45, IC95% : 1.09-1.94).
  • Par ailleurs, le sifflement bronchique est associé à un risque augmenté de 76% de la toux nocturne (OR ajusté 1.76, IC95% : 1.36-2.26).
  • Une tendance protectrice de l’alimentation au sein a été notée avec une réduction de 27% lors de l’alimentation au sein (OR ajusté 0.73, IC95% : 0.53-1.01).
  • Aucun autre facteur n’est significatif ;

- Conclusion :

  • Ces résultats suggèrent que l’exposition au trafic routier pourrait être un facteur de risque de toux nocturne récurrente chez les jeunes enfants.

Les auteurs ont étudié les relations entre accès de toux nocturne chez les très jeunes enfants et les facteurs environnementaux en prenant en compte aussi bien les données anamnestiques classiques que l’exposition aux polluants intérieurs et extérieurs : une relation semble établie avec la pollution du trafic routier.

Ce travail est intéressant pour le clinicien qui prend en charge des enfants dans une grande ville.

Ce n’est pas les virus ni la rencontre respiratoire avec les différentes bactéries qui est responsable de la toux nocturne mais la pollution.

Et contrairement a des idées reçues ce n’est pas l’environnement intérieure ni en particulier le tabac ou les animaux, mais la pollution de l’air extérieur par le trafic routier.

Cependant il est difficile d’extrapoler ces résultats à moins de trouver une ville qui à un niveau d’exposition à la pollution identique à Cincinnati en prenant en compte également des données météorologiques.

Enfin, l’étude ne précise pas où et comment les enfants sont soumis à cette pollution. Cela rend difficile une application de ces résultats.

Il faut bien comprendre que si la limitation du développement de la pollution dans l’habitat est une affaire privée, la maîtrise de la pollution à l’extérieur repose sur des mesures politiques. Si les résultats de ce travail sont confirmés, les parents doivent se mobiliser !!