Allaitement maternel et prévalence des maladies allergiques chez des enfants d’âge scolaire : est-ce un problème de causalité inverse ? : shi Kusunoki 1,2 , Takeshi Morimoto 3 , Ryuta Nishikomori 2 , Takahiro Yasumi 2 , Toshio Heike 2 , Kumiko Mukaida 1 , Tatsuya Fujii 1 and Tatsutoshi Nakahata 2
1 Department of Pediatrics, Shiga Medical Center for Children, Shiga, Japan , 2 Department of Pediatrics, Graduate School of Medicine, Kyoto University, Kyoto, Japan , 3 Center for Medical Education, Graduate School of Medicine, Kyoto University, Kyoto, Japan
dans Pediatric Allergy and Immunology
Volume 21 Issue 1-Part-I, Pages 60 - 66
– Contexte :
- Les nourrissons à risque élevé de maladies allergiques devraient être allaités pendant des périodes plus longues par rapport aux nourrissons à faible risque dans l’espoir que l’allaitement maternel puisse réduire le risque de troubles atopiques.
-*Par conséquent, cette intention peut se manifester par un effet apparent de promotion de l’allergie de l’allaitement maternel ou lien de causalité inverse.
– Objectif et méthode :
- Pour analyser l’effet de l’allaitement maternel sur la prévalence des maladies allergiques à l’âge scolaire, une grande enquête par questionnaire a été administrée à des parents d’écoliers âgés de 7 à 15 ans.
– Résultats :
- 13215 parents ont répondu (taux de réponse 90,1%).
- Les taux de prévalence des maladies allergiques ont été comparés en fonction du type d’alimentation du nourrisson (allaitement maternel exclusif, allaitement mixte ou allaitement artificiel exclusif).
- A la fois, en analyse univariée et multivariée, comparés aux enfants ayant reçu une alimentation artificielle exclusive, ceux sous allaitement mixte et allaitement maternel exclusif ont montré une prévalence significativement plus faible de l’asthme bronchique (p = 0,01 et 0,003, respectivement).
- D’autre part, en analyse univariée, la prévalence de la dermatite atopique et des allergies alimentaires était significativement plus élevée chez ceux ayant reçu un allaitement maternel exclusif (p=0,04 et 0,01, respectivement).
- Il y existait une proportion significativement plus élevée d’allaitement maternel exclusif parmi ceux qui ont plus de risques de maladies allergiques (présence d’antécédents familiaux, eczéma, respiration sifflante dans les 6 mois après la naissance ou allergie alimentaire dans la petite enfance).
- De fait, nous avons inclus dans l’analyse multivariée ces risques comme des facteurs confondants, nous avons alors constaté que les effets de la promotion de l’allaitement sur la dermatite atopique et l’allergie alimentaire disparaissaient.
– Conclusion :
- Nos données montrent clairement l’effet inhibiteur de l’allaitement maternel sur la prévalence de l’asthme bronchique à l’âge scolaire.
- L’effet apparent de la promotion de l’allaitement maternel sur la prévalence de la dermatite atopique et de l’allergie alimentaire est dû très probablement à un lien de causalité inverse.
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