Modifications de l’atopie durant un quart de siècle, basées sur des données d’études croisées à 3 périodes différentes. : Malcolm Law, professor1, Joan K Morris, reader1, Nicholas Wald, professor1, Christina Luczynska, honorary senior research fellow2, Peter Burney, professor2
1 Centre for Environmental and Preventive Medicine, Wolfson Institute of Preventive Medicine, Barts and The London School of Medicine and Dentistry, London EC1M 6BQ, 2 Department of Public Health Sciences, Division of Primary Care and Public Health Sciences, Guy’s, King’s, and St Thomas’ School of Medicine, Guy’s Hospital, London SE1 3QD
dans BMJ 2005 ;330:1187-1188 (21 May)
– Introduction :
- il est évident que la prévalence des maladies atopiques, y compris asthme et pollinoses, s’est accrue depuis les 20 à 30 dernières années, ces données provenant essentiellement de résultats d’enquêtes ; les résultats objectifs en sont limités.
- les auteurs ont par conséquent mesuré des marqueurs sérologiques de sensibilisation atopique sur des échantillons de sérum conservés, qui avaient été collectés sur une population d’hommes depuis environ 25 ans.
– Participants, méthodes, et résultats :
- les auteurs ont donc utilisé des sérums congelés (-40 °) d’hommes âgés de 40 à 64 ans qui ont été consulter au centre médical de la « British United Provident Association », à Londres, pour un examen médical de routine.
- un des avantages de cette cohorte était son homogénéité socio-économique (presque tous étaient des professionnels qualifiés ou des hommes d’affaires).
- les auteurs ont comparé ( par âge et mois de prélèvement) 513 échantillons d’hommes qui ont consulté entre 1996 et 1998 à 513 échantillons d’hommes suivis entre 1981 et 1982 et à 513 vus entre 1975 et 1976.
- les échantillons de sérum n’avaient pas été décongelés précédemment.
- des travaux précédents avaient montré une destruction négligeable des IgE pendant le stockage des sérums.
– Que dire de certain à ce stade du raisonnement ?
- la prévalence des maladies allergiques s’accroît.
- les études montrent que la prévalence de l’atopie décroît avec l’âge.
– Qu’apporte cette étude ?
- les dosages sériques à ces trois périodes apportent des résultats objectifs : les patients dans les cohortes de naissance plus anciennes deviennent probablement moins allergiques que dans les plus récentes. Ce qui explique la prévalence décroissante de l’atopie avec l’âge.
- les auteurs ont d’abord testé des échantillons en utilisant le Phadiatop ( Pharmacia & Upjohn) , marqueur qualitatif sérique standardisé de l’atopie testant 11 allergènes aériens communs ( graminées, arbres, armoise, moisissures et olivier ; chat, chien, cheval ; et deux acariens de poussière de maison).
- les échantillons positifs ont été ensuite testés par dosages des Ig E spécifiques pour les pollens de graminées (fléole), un mélange d’arbres (sureau, bouleau, noisetier, chêne et platane), ainsi que le chat ( Pharmacia Cap System).
- les échantillons Phadiatop négatifs n’ont pas été testés, le Phadiatop contenant déjà tous ces allergènes.
- les sérums ont également été testés pour les anticorps IgG de l’hépatite A ( Diasorin) et pour l’helicobacter pylori ( sérums de 1996 à 98 seulement ; Axis -Shield Diagnostics).
- le tableau montre que les auteurs ont trouvé une augmentation significative au fil du temps du nombre d’hommes avec Phadiatop positif et avec des IgE spécifiques positives à ces trois allergènes inhalés.
- la moyenne d’augmentation équivaut à une addition de 4.5 % des hommes devenant positifs au Phadiatop tous les 10 ans.
- les auteurs ont comparé les données des hommes nés entre 1932 et 1942 qui ont été prélevés au début (en 1975 et 1976 à l’âge de 40-50 ans) et chez les hommes nés dans les mêmes années (1932-1942) mais qui ont été prélevés plus tard (en 1996- 1998 , à l’âge de 54-64 ans).
- Les proportions de Phadiatop positifs étaient équivalentes dans les deux groupes ( 35 % et 34 %).
- Les proportions d’échantillons positifs en IgE spécifiques pour les graminées, les arbres, et le chat étaient également équivalents pour les deux périodes.
- Après régression multiple l’année de naissance était associée à la prévalence de l’atopie ( P <0.001), mais pas l’âge au moment du prélèvement.
- les résultats ne confirment pas les données antérieures suggérant une association inverse entre ces deux infections digestives communes et l’atopie à l ‘âge adulte.
- les proportions d’échantillons positifs pour le Phadiatop étaient équivalentes avec ou sans sérologie positive pour une hépatite A ancienne ( 37 % vs 34 %), ou une infection à Helicobacter Pylori ( 40% vs 36%).
- Deux autres marqueurs d’infections infantiles disponibles grâce aux données d’un questionnaire ( nombre de frères et sœurs ou les hommes ayant été pensionnaires) ne montrait pas non plus de corrélation avec le Phadiatop positif.
– Commentaires :
- les résultats montrent que l’atopie chez les hommes à l’âge adulte a augmenté durant le dernier quart de siècle et que la prévalence de l’atopie ne diminue pas avec l’avancée en âge.
- certes, certaines cohortes de naissance plus récentes ont plus de risques de devenir atopiques.
- la constatation d’une augmentation au fil du temps des Ig E spécifiques aux allergènes inhalés chez des adultes des pays nordiques, des Suisses et des Japonais concerne des sujets plus jeunes et des périodes de surveillance plus courtes que celles de cette étude.
- la raison de l’augmentation de l’atopie est inconnue. Les données de cette étude suggèrent qu’il est peu probable que ce soit une exposition accrue à des allergènes spécifiques (en raison de la sensibilité augmentée à la fois aux allergènes intérieurs et extérieurs).
- Les résultats ne sont pas non plus en faveur de la diminution des infections de l’enfance responsables de l’accroissement de l’atopie.
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