Qui croire ?

jeudi 26 février 2009 par Dr Hervé Masson225 visites

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Qui croire ?

Qui croire ?

jeudi 26 février 2009, par Dr Hervé Masson

Il existe des pathologies, comme l’urticaire par exemple, ou des symptômes divers et variés, comme ceux du syndrome d’intolérance chimique multiple (ICM), qui suscitent de la part des médecins ou des malades des opinions franchement contradictoires.

On trouve en effet des médecins qui nient totalement jusqu’à l’existence de l’ICM alors que d’autres, beaucoup moins nombreux, pensent avoir trouvé la perturbation responsable des multiples malaises décrits par ceux qui sont atteints d’ICM.

Si l’on s’en tient à la stricte comptabilité, il existe beaucoup plus de sceptiques que de convaincus.

Paradoxalement, on retrouve la même différence de conviction pour une maladie beaucoup plus fréquente : l’urticaire.

Ce problème souvent fort gênant divise le corps médical en deux camps.

Le premier suit la conférence de consensus sur l’urticaire publiée en 2006 qui avait édicté des règles simples.

1- On n’explore pas l’urticaire si elle dure moins de 3 semaines.

2- Après 3 semaines si l’urticaire continue, on réalise un bilan biologique minimum recherchant une pathologie hématologique, thyroïdienne ou une maladie de système

3 - On se contente de donner des antihistaminiques pour soigner les symptômes.

L’autre camp, dont fait partie un grand nombre d’allergologues, considère que la gêne occasionnée par une urticaire est trop importante pour attendre qu’elle passe seule et réalise donc un bilan à la recherche d’une étiologie.

Alors, que ce soit pour l’intolérance chimique multiple comme pour l’urticaire, qui a raison ?

Quel médecin est le bon médecin ?

Il est probable que, comme dans toute activité humaine, personne n’ait totalement raison ou totalement tort.

C’est pour cela qu’aucune conférence de consensus ou guide de bonne pratique ne pourra totalement remplacer la démarche intellectuelle du praticien qui le conduit à la bonne décision thérapeutique.