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Des nouvelles des acariens brésiliens !

par Dr Alain Thillay

publié le  13 avril 2004

De nombreuses études publiées dans le monde entier ont montré un lien entre l’exposition aux aéroallergènes « indoor » et le développement des manifestations allergiques et tout particulièrement de l’asthme. Ces auteurs brésiliens évaluent ici la concentration en allergènes d’acariens et l’efficacité des housses anti-acariens.

Exposition aux aéroallergènes intérieurs aux domiciles de patients asthmatiques et/ou atteints de rhinite dans la région sud-est du Brésil : effet de housses de matelas et d’oreiller sur les taux d’allergènes d’acariens. : Tobias KR, Ferriani VP, Chapman MD, Arruda LK.

Department of Pediatrics, School of Medicine of Ribeirao Preto, University of Sao Paulo, Ribeirao Preto, Brazil

dans Int Arch Allergy Immunol. 2004 ;133(4):365-370. Epub 2004 Mar 17

- CONTEXTE

  • L’exposition et la sensibilisation aux aéroallergènes intérieurs ont été associées au développement de l’asthme et des autres manifestations allergiques dans de nombreuses régions du monde.
  • Il est important d’établir le degré de l’exposition et d’évaluer si les mesures de contrôle des allergènes sont efficaces dans une zone précise géographiquement.

- METHODES

  • Les concentrations des allergènes d’acariens, de blattes, de chat et de chien ont été mesurées sur des échantillons de poussières provenant des habitations de 24 patients allergiques aux acariens vivant à Ribeirao Preto, Brésil.
  • La concentration en allergènes était quantifiée au moyen de la méthode ELISA.
  • Les housses anti-acariens de matelas et d’oreiller ont été utilisées dans l’habitat de 19 des 24 patients, les mesures de concentration des allergènes étaient pratiquées 1 mois puis 6 mois après l’application de ces dispositifs.

- RESULTATS

  • Les patients étaient exposés à de hautes concentrations d’allergènes d’acariens à leur domicile.
  • 87,5% des habitations présentaient des concentrations d’allergènes majeurs >10µg/g de poussière au niveau d’au moins un site de prélèvement.
  • Les concentrations des allergènes de blattes étaient basses dans la majorité des échantillons.
  • Les concentrations en allergènes du chien étaient significativement plus élevées dans les habitats hébergeant un chien que dans les habitats sans chien.
  • Les concentrations moyennes des allergènes du chat étaient de 0,1 µg/g.
  • Les concentrations en allergènes d’acariens dans les échantillons de poussière prélevés au niveau de la literie passaient de 24 µg/g à l’état basal à 0,9 et 1,0 µg/g, respectivement, à 1 mois et 6 mois suivant la pose des housses de matelas et d’oreillers.

- CONCLUSIONS

  • Une réduction significative des allergènes d’acariens peut être obtenue dans une zone géographique à haut degré d’exposition aux allergènes d’acariens.
  • D’autres études, évaluant les effets de la réduction des allergènes sur les symptômes et l’inflammation des voies respiratoires, seront nécessaires afin d’établir l’efficacité des mesures d’éviction des acariens dans notre région.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

Cette étude a été pratiquée dans une zone particulièrement chaude et humide du Brésil.

De fait, avant toute mesure d’éviction, les concentrations en allergènes d’acariens sont très élevées, 87,5% de la population étudiée avaient des concentrations supérieures à 10 µg/g de poussière d’allergènes majeurs d’acariens domestiques sur au moins un prélèvement.

Une fois validée les hautes concentrations allergéniques d’acariens, le but était de vérifier que la teneur en allergènes majeurs diminuait après 1 mois et 6 mois d’utilisation de housses anti-acariens.

Ainsi, la teneur en allergènes majeurs d’acariens sur des prélèvements de literie passait de 24 µg/g à 1 µg/g en un mois.

Il restera pour ces auteurs de vérifier que cette éviction apparemment efficace le soit aussi sur la symptomatologie.
De nombreuses études ont démontré ce fait, mais certaines études étaient discordantes.

Il est vrai qu’il faudrait connaître le seuil de sensibilité des patients car tous les patients allergiques aux acariens ne sont pas égaux, c’est sans doute là la pierre d’achoppement des études cliniques sur l’effet de l’éviction des allergènes.

Il ne faudra pas oublier les autres aspects essentiels de l’éviction des acariens, lutter contre l’humidité et prendre en compte l’ancienneté de l’habitat.

Il faudra suivre avec intérêt les résultats des publications à venir de cette équipe brésilienne.

référence :

http://www.allergique.org/article2073.html


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