Les protéines allergéniques ne sont pas les seuls coupables dans l’allergie.

vendredi 27 octobre 2006 par Dr Clément FOURNIER876 visites

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Les protéines allergéniques ne sont pas les seuls coupables dans l’allergie.

Les protéines allergéniques ne sont pas les seuls coupables dans l’allergie.

vendredi 27 octobre 2006, par Dr Clément FOURNIER

Le stress oxydatif est actuellement étudié dans de très nombreuses pathologies, l’allergie n’échappe pas à la règle. Cette étude a analysé le rôle du caractère oxydatif des sous-particules de pollen d’ambroisie dans la genèse de la réaction inflammatoire allergique.

Les sous-particules de pollens : des porteurs de protéines allergéniques et d’oxydants. : Attila Bacsi, PhDa, Barun K. Choudhury, PhDb, Nilesh Dharajiya, MDb, Sanjiv Sur, MDb, Istvan Boldogh, PhDa

a From the Department of Microbiology and Immunology
b Division of Allergy, Pulmonary, Immunology, Critical Care and Sleep, Department of Internal Medicine, University of Texas Medical Branch, Galveston, Tex

dans JACI Volume 118, Issue 4, Pages 844-850 (October 2006)

- Contexte :

  • Les pollens sont connus pour induire des asthmes allergiques chez les sujets atopiques, bien que seules quelques particules de pollen pénètrent dans les petites voies aériennes.

- Objectif :

  • Nous avons cherché à prouver que des sous-particules de pollens (SPP) de tailles « respirables », possédant à la fois des propriétés antigéniques et un potentiel d’oxydo-réduction, sont libérées par les grains de pollen d’herbacés ; et à tester leur rôle dans l’inflammation allergique des voies aériennes.

- Méthodes :

  • La libération de SPP était analysée par imagerie microscopique et cytométrie de flux.
  • Les propriétés d’oxydo-réduction et les effets oxydants sur les cellules épithéliales des SPP étaient déterminés en utilisant des sondes électriques sensibles au potentiel d’oxydo-réduction et des inhibiteurs spécifiques.
  • Une analyse des séquences d’acides aminés était utilisée pour définir les éléments protéiques des SPP.
  • Les propriétés allergéniques des SPP étaient déterminées en utilisant un modèle murin d’asthme expérimental.

- Résultats :

  • Les grains de pollen d’ambroisie libéraient des SPP de 0.5 à 4.5 μm.
  • Ces SPP contenaient l’allergène Amb a1, parmi d’autres allergènes du pollen d’ambroisie ; et possédaient une activité oxydante (dinucléotide adenine nicotinamide (réduit) et phosphate de dinucléotide adenine nicotinamide (réduit) (NAD(P)).
  • Les SPP augmentaient significativement les niveaux de substances oxydantes (SO) dans les cellules en culture et induisaient une inflammation allergique des voies aériennes dans le modèle animal expérimental.
  • Un prétraitement des SPP par des inhibiteurs de l’activité oxydante des NAD(P) atténuait leur capacité à augmenter les niveaux de SO dans les cellules épithéliales des voies aériennes et donc à induire une inflammation.

- Conclusion :

  • Le pouvoir allergénique des SPP libérés par les grains de pollen d’ambroisie et médié en tandem par les NAD(P) oxydants générent des SO et des protéines antigéniques

- Implications cliniques :

  • Les symptômes cliniques sévères associés à l’asthme saisonnier pourraient être expliqués par la réponse immune aux SPP inhalés portant des protéines allergéniques et la production de SO par les NAD(P).

Encore une étude sur le stress oxydatif et l’allergie.

Les auteurs montrent ici que, lors de l’inhalation de pollen d’ambroisie, l’inflammation allergique induite dans les voies aériennes est certes liée aux propriétés antigéniques des protéines mais également à la genèse de substances oxydantes.

Cette genèse joue apparemment un rôle important puisque, lorsqu’on l’inhibe, on obtient une diminution de l’inflammation allergique induite par l’inhalation de particules antigéniques.

Bien entendu, des études complémentaires sont nécessaires, mais on sent bien que cette activité oxydante des pollens (et des autres allergènes ??) pourrait ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques des maladies allergiques.