Les épidémiologistes accros du sexe : les bébés sont surpris !

vendredi 5 février 2016 par Dr Stéphane Guez961 visites

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Les épidémiologistes accros du sexe : les bébés sont surpris !

Les épidémiologistes accros du sexe : les bébés sont surpris !

vendredi 5 février 2016, par Dr Stéphane Guez

Age, sexe et association entre réponses aux test cutanés et IgE dans l’asthme. : Hasan Raza Mohammad1,*, Danielle Belgrave2, Kamilla Kopec Harding1, Clare S Murray1, Angela Simpson1,† andAdnan Custovic2,†
DOI : 10.1111/pai.12534

dans Vol. 27 Issue 1
Pediatric Allergy and Immunology

- Introduction :

  • Les tests cutanés en pricks (PT) et les dosages d’IgE spécifiques (IgEs) sont les principaux moyens de diagnostic pour confirmer une atopie.
  • Les résultats sont habituellement exprimés en terme de résultats positifs ou négatifs, utilisant de façon arbitraire des valeurs seuils (SP > 3 mm et IgEs > 0.35 KU/L, en dépit des différences d’âge et de sexe.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’étudier l’influence de l’âge et du sexe dans l’interprétation des résultats des tests allergiques dans le contexte d’un asthme de l’enfance.

- Matériel et Méthode :

  • Les auteurs ont colligé des informations recueillies au sein d’une cohorte de naissance de 1051 patients avec de l’asthme et/ou de sifflements (questionnaires valisé) et ont réalisé des PT et des IgEs aux pneumallergènes (acariens, chat, chien) avec un suivi entre 3 ans et 11 ans.
  • Il a été étudié les associations entre sensibilisation quantitative (diamètre moyen de la papule des PT et titres des IgEs aux 3 allergènes), et la présence actuelle de sifflements ou d’un asthme en fonction de l’âge et du sexe.

- Résultats :

  • Il existe une association significative entre le diamètre moyen des PT et les titres d’IgEs et le faite de siffler et/ou d’avoir de l’asthme aux différents âges et dans les 2 sexes.
  • Cependant, la puissance de cette association entre PT et asthme augmente avec l’augmentation de l’âge. Il est observé le phénomène inverse avec les dosages d’IgEs.
  • Pour n’importe quel PT et ou IgEs, les garçons ont significativement plus souvent une expression clinique symptomatique, particulièrement dans les premières années de vie ; cette différence entre garçons et filles diminue avec l’âge et n’est plus significative après l’âge de 11 ans.

- Conclusions :

  • L’âge et le sexe doivent être pris en compte dans l’interprétation des résultats des tests cutanés et des dosages d’IgEs et des normes tenant compte de l’âge et du sexe devraient être établies pour ces tests allergologiques.

Les auteurs ont étudié les corrélations entre les prick-tests, les IgEs spécifiques et le fait d’avoir de l’asthme ou de sifflements bronchiques. Il y a des différences de selon l’âge et le sexe en particulier chez les garçons mais avant l’âge de 11ans. Les auteurs proposent de revoir les valeurs seuils de positivité des PT et des IgEs.

Cet article pose plusieurs problèmes sur le plan méthodologique et dans l’interprétation des résultats.

En fait, les auteurs ont étudié la présence ou non d’un terrain atopique en réalisant des PT aux acariens, chien et chat avec addition des diamètres des papules de l’ensemble de ces tests. Ils observent une augmentation de cette somme avec l’âge, ce qui traduit peut-être l’apparition progressive de nouvelles sensibilisations : il n’est pas dit si c’est le diamètre de chaque test qui augmente ou s’il y a plus de tests cutanés positifs.

En ce qui concerne les IgEs plus le taux est élevé plus la corrélation, avec l’asthme ou les sifflements, est forte. Les auteurs ont fait plusieurs abaques, qui montrent que les courbes sont les une au dessus des autres avec l’âge qui augmente, ce qui est une donnée connue ancienne : le taux des IgEs pour une valeur donnée est très positif chez un enfant très jeune alors qu’il sera considéré comme peu élevé à l’âge de 11 ans.

Maintenant si on regarde les différents abaques et si on recherche la présence d’asthme ou de sifflements, les variations entre les différentes courbes indiquent des variations de corrélations entre 40 et 60%. Il n’y a pas donc de différences majeures.

En conclusion, ces résultats ne changent rien dans la pratique de l’allergologue qui ne décidera pas de la mise en route d’un traitement de fond selon les données de ce travail. Sur le plan épidémiologique, pour des études de cohorte peut-être effectivement cela indiquera la nécessité de revoir la méthodologie des tests allergologiques étudiés en tenant compte des différences liées à l’âge. Ceci afin de ne pas fausser des résultats statistiques en éliminant par exemple des enfants réellement atopiques par un mauvais choix des valeurs seuils (et inversement).