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Mesure du pH de la condensation de l’air expiré : un moyen simple d’orientation diagnostique des maladies inflammatoires des voies respiratoires.

par Dr Alain Thillay

publié le  24 juin 2002

Travail d’origine grecque, première approche de l’intérêt diagnostique de la mesure du pH de la condensation de l’air expiré.

Mesure du pH de la condensation respiratoire expirée chez des patients atteints d’inflammation des voies respiratoires. : Konstantinos Kostikas, Georgios Papatheodorou, Konstantinos Ganas, Konstantinos Psathakis, Panos Panagou and Stelios Loukides dans American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine Vol 165. pp. 1364-1370, (2002)

L’acidité endogène des voies respiratoires est impliquée dans la physiopathologie de l’asthme, elle est évaluée par le pH de la condensation respiratoire expirée.
Nous avons mesuré le pH de la condensation respiratoire de patients atteints de maladies respiratoires stabilisées et recherché un lien avec le processus inflammatoire (évalué par le compte des cellules dans les crachats), le stress oxydatif (évalué par H202 et 8-isoprostane) et le métabolisme du monoxyde d’azote (évalué par le rapport nitrate/nitrite).
Nous avons étudié 40 patients asthmatiques dont 20 atteints d’asthme modéré caractérisé par un VEMS à 60% de la norme prédite, 20 patients atteints de bronchiectasie, 20 patients souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), et, 10 sujets normaux.
La moyenne (intervalle de confiance de 95%) des valeurs de pH était significativement plus basse chez les patients souffrant de BPCO et de bronchiectasie comparé aux patients asthmatiques et normaux. Les patients avec asthme modéré ont des valeurs significativement plus basses par rapport aux sujets atteints d’asthme léger et aux sujets contrôle. Chez les patients atteints de BPCO ou de bronchiectasie, les valeurs du pH étaient significativement corrélées avec les neutrophiles des expectorations et le stress oxydatif. Chez les patients ayant un asthme modéré, une corrélation significative a été observée entre le pH et le taux d’éosinophiles dans l’expectoration, d’une part, et, entre le rapport nitrate/nitrite et le stress oxydatif.
La mesure du pH de la condensation respiratoire expirée représente un moyen simple, non invasif, peu onéreux, reproductible pour évaluer l’inflammation dans le cadre des maladies des voies respiratoires.

 Dr Alain Thillay

Commentaire de l'auteur :

Travail intéressant, simple mais qui demande à être affiné sur de plus grandes séries de patients.

référence :

http://www.allergique.org/article130.html


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