Allergie à la moutarde confirmée par test de provocation en double aveugle contre placebo : caractéristiques cliniques et réactivité croisée avec le pollen d’armoise et les aliments dérivés de la plante. : J. Figueroa, C. Blanco, A. G. Dumpiérrez, L. Almeida, N. Ortega, R. Castillo, L. Navarro, E. Pérez, M. D. Gallego, T. Carrillo
Hospital de Gran Canaria Dr. Negrín, Las Palmas de Gran Canaria, Las Palmas, Spain
dans Allergy 60 (1), 48-55.
– Contexte :
- L’allergie IgE-médiée à la moutarde est censée être une cause peu fréquente d’allergie alimentaire.
- Ses caractéristiques cliniques et ses réactivités croisées n’ont pas été encore complètement élucidées.
– Méthodes :
- Une étude prospective a été menée, recrutant des patients allergiques à la moutarde, et les appariant à des sujets contrôles.
- Un questionnaire clinique a été distribué, des tests cutanés (SPT) avec un panel d’aéroallergènes et d’aliments, un prélèvement de sérum pour des tests in vitro ainsi que des tests de provocation oraux en double aveugle contre placebo ont été réalisés (DBPCFC : Double Blind Placebo Controlled Food Challenge).
– Résultats :
- 38 patients, principalement des adultes, rapportant des réactions anaphylactiques systémiques pour 10.5 %, ont été inclus dans l’étude. (âge moyen : 21.9 ± 8.6 ans).
- DBPCFC ont été réalisés chez 24 patients, avec des résultats positifs dans 14 cas (58.3 %).
- Les patients avec un résultat positif au DBPCFC avaient présenté des tests cutanés à la moutarde plus importants que ceux qui avaient des résultats négatifs (8.2 ± 3.7 vs 5.3 ± 2.4 mm, p<0.05).
- L’analyse de la courbe « receiver-operating system » (ROC) a fourni une valeur seuil pour l’extrait commercial de moutarde (pour prick tests) de 8 mm :
- Avec une spécificité de 90 % (intervalle de confiance de 95 %, 55.5-98.3)
- Et une sensibilité de 50 % (IC 95 %, 23.1-76.9)
- On a mis en évidence une association significative entre l’hypersensibilité à la moutarde et une sensibilisation aux pollens d’armoise (97.4 % des patients), avec une réactivité croisée partielle démontrée par UniCAP System inhibition.
- Tous les patients ont présenté une sensibilisation aux autres membres de la famille des Brassicaceae, et une réactivité croisée entre eux a été également confirmée.
- De plus, on a retrouvé des associations significatives avec des sensibilisations pour :
- La noisette (97.4 %)
- Les légumineuses (94.7 %)
- Le maïs (78.9 %)
- Les fruits des Rosaceae (89.5 %)
- Environ 40 % de ces sensibilisations alimentaires étaient symptomatiques, incluant une anaphylaxie induite par l’effort dépendante de l’alimentation chez 6 patients.
– Conclusions :
- L’Allergie à la moutarde n’est pas un trouble rare, et peut induire de sévères réactions.
- Des associations significatives avec une pollinose à l’armoise et plusieurs allergies alimentaires dérivées des plantes sont démontrées, suggérant un nouveau syndrome allergique moutarde-armoise.
- Une relation entre ce syndrome et l’anaphylaxie dépendante de l’alimentation, induite par l’effort, a été rapportée.
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