Dose d’attaque des corticostéroïdes inhalés dans l’asthme de l’enfant et de l’adulte : haute dose contre faible dose. : Powell H, Gibson P.
dans Cochrane Database Syst Rev. 2004 ;2:CD004109
– CONTEXTE
- Les corticostéroïdes inhalés (CSI) constituent la base du traitement d’entretien de l’asthme et leur efficacité est bien établie.
- Cependant, la dose optimale de départ de CSI n’est pas clairement fondée.
- Des revues récentes ont démontré une courbe d’efficacité relativement plate des CSI et une augmentation des effets secondaires parallèle à l’augmentation des doses de CSI.
- De fortes doses sont souvent prescrites alors qu’il y a maintenant des rapports qui montrent des effets secondaires significatifs liés aux fortes doses de CSI utilisées.
- Ces constatations démontrent la nécessité d’établir la dose optimale de CSI de départ dans le traitement de l’asthme.
– OBJECTIFS
- Établir la dose optimale de départ de CSI grâce à l’évaluation de l’efficacité de la dose initiale de CSI (haute ou faible) chez des sujets asthmatiques non traités habituellement par CSI.
– STRATEGIE DE RECHERCHE
- Nous avons utilisé les essais du groupe voies respiratoires du registre Cochrane et les listes de référence des articles.
- Date de la dernière recherche : janvier 2003.
– CRITERES DE SELECTION Essais contrôlés randomisés concernant deux doses différentes du même CSI chez des enfants et adultes asthmatiques non associés à un autre corticoïde inhalé ou oral.
– DONNEES ET ANALYSE
- La qualité des essais était évaluée et les données étaient extraites indépendamment par deux critiques.
- Les auteurs des études étaient contactés pour confirmation.
- Les essais étaient analysés en fonction des comparaisons de doses suivantes : dose dégressive contre dose constante (n=7) ; haute dose contre modérée (n=11) ; haute contre basse (n=9) ; modérée contre basse (n=11) ; nombre de fois de changements en dose (toutes les études).
– PRINCIPAUX RESULTATS
- Trente et un documents rapportant les résultats de 26 essais ont été inclus dans la revue.
- Concernant les études comparant un protocole à dose dégressive à une dose modérée ou faible de CSI, il n’y avait pas de différence significative de la fonction respiratoire, des symptômes, du recours aux médicaments ou du contrôle de l’asthme de ces deux approches thérapeutiques.
- Améliorations significatives mais peu importantes cliniquement du VEMS prédit (différence moyenne pondérée 5,32 ; IC=95% ; 0,65 à 9,99) et améliorations non significatives des variations matinales du DEP retrouvées pour les hautes doses de CSI comparativement aux doses modérées.
- Il n’y avait pas de différence significative de l’efficacité entre hautes et faibles doses de CSI.
- Pour ce qui concerne les doses modérées de CSI comparées aux faibles doses, il n’y avait pas d’amélioration significative des variations matinales du DEP (différence moyenne pondérée 11,14 ; IC=95% ; 1,34 à 20,93) et des symptômes nocturnes (différence moyenne normalisée -0,29 ; IC=95% ; -0,53 à -0,06).
- Débuter le traitement de CSI à double ou quadruple doses de base (modérée à faible) n’a pas plus d’effet que de commencer avec la dose de base.
- Plusieurs études rapportent une plus importante amélioration de l’hyperréactivité bronchique pour les hautes doses de CSI.
– LES CONCLUSIONS DES CRITIQUES
- Chez les patients asthmatiques qui nécessitent le recours aux CSI, commencer à l’aide de doses modérées de CSI est équivalent à commencer à l’aide de hautes doses puis de les diminuer.
- Le faible bénéfice significatif du fait de débuter à hautes doses n’est pas suffisant sur le plan clinique pour garantir cet usage comparativement aux doses faibles à modérées.
- Une dose initiale modérée apparaît être plus efficace qu’une dose faible de CSI.
- Une haute dose peut être plus efficace qu’une dose modérée ou faible de CSI sur l’hyperréactivité bronchique.
- Il n’y a pas de bénéfice à doubler ou quadrupler les CSI chez les patients présentant un asthme stable.
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