Ambiance « cruchon et margelle », les probiotiques sont de retour !

mercredi 5 juillet 2006 par Dr Hervé Couteaux2192 visites

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Ambiance « cruchon et margelle », les probiotiques sont de retour !

Ambiance « cruchon et margelle », les probiotiques sont de retour !

mercredi 5 juillet 2006, par Dr Hervé Couteaux

L’immunothérapie moléculaire est maintenant largement avancée dans sa mise au point et va pénétrer le marché d’ici quelques mois, cependant que la plupart des allergologues n’ont peut-être pas encore pressenti l’importance du sujet et l’imminence de son avènement...

Modulation de la réponse immune allergique par application muqueuse de bactéries d’acide lactique recombinantes produisant Bet v 1, l’allergène majeur du pollen de bouleau. : C. Daniel1*, A. Repa2,3*, C. Wild2, A. Pollak3, B. Pot1, H. Breiteneder4, U. Wiedermann2, A. Mercenier1

1Laboratoire de Bactériologie des Ecosystèmes, Institut Pasteur de Lille, Lille Cedex, France ; 2Department of Specific Prophylaxis and Tropical Medicine, Center for Physiology and Pathophysiology, Medical University of Vienna, Vienna, Austria ; 3Division of Neonatology and Intensive Care, Department of Pediatrics, Medical University of Vienna, Vienna, Austria ; 4Institute of Pathophysiology, Center for Physiology and Pathophysiology, Medical University of Vienna, Vienna, Austria

dans Allergy 61 (7), 812-819.

- Contexte :

  • Les bactéries probiotiques d’acide lactique (LAB) peuvent moduler le système immun de l’hôte.
  • Des essais cliniques ont démontré que des souches spécifiques avaient la capacité de réduire les symptômes allergiques.
  • Par conséquent, nous avons cherché à évaluer le potentiel de LAB recombinantes produisant l’allergène majeur du pollen de bouleau Bet v 1 dans la vaccination de la muqueuse contre l’allergie au pollen de bouleau.

- Méthodes :

  • Des souches de Lactobacillus plantarum et de Lactococcus lactis produisant du rBet v 1 ont été élaborées.
  • Leur immunogénicité a été comparée à celle de Bet v 1 purifié par immunisation sous-cutanée de souris.
  • Des applications intra-nasales des souches vivantes recombinantes ont été réalisées afin de tester leur potentiel immunomodulateur dans un modèle murin d’allergie au pollen de bouleau.

-  Résultats :

  • rBet v 1 produits par LAB a été reconnu par un anti-Bet v 1 monoclonal et par des anticorps IgE de patients allergiques au pollen de bouleau.
  • L’immunisation systémique avec les souches recombinantes a induit des ratios IgG1/IgG2a significativement plus basses que celles obtenues avec Bet v 1 purifié.
  • Le prétraitement intra-nasal a conduit à une réduction des IgE spécifiques de l’allergène vs des niveaux augmentés en IgG2a et une réduction de la production d’interleukine 5 (IL-5) par des splénocytes in vitro, indiquant une bascule vers une réponse Th1 non allergique.
  • L’inflammation des voies aériennes, c’est-à-dire les éosinophiles et l’IL-5 de lavage broncho alvéolaire, a été réduite à la fois par l’utilisation de Bet v 1 purifié et par celle des souches contrôles.
  • Les réponses en IgA sécrétoires spécifiques de l’allergène ont été augmentées dans le poumon et les intestins seulement après prétraitement par les souches.

- Conclusions :

  • La vaccination muqueuse par des recombinants LAB, conduisant à une bascule vers une réponse immune non allergique avec une augmentation des niveaux d’IgA de la muqueuse, spécifiques de l’allergène, constituent une approche prometteuse dans la prévention des réponses immunes de type allergique, locales ou systémiques.

Certaines souches de bactéries probiotiques, appliquées en prétraitement sur la muqueuse nasale, induisent une modulation de la réponse immune dans le sens d’un switch vers une réponse Th1 avec des niveaux élevés d’IgA de la muqueuse, spécifiques de l’allergène.

Les avantages des molécules recombinantes en terme de pureté et de spécificité sont admis par tous.

Les recombinants ont cependant un inconvénient en thérapeutique : ils nécessitent la plupart du temps l’adjonction d’adjuvants pour être efficients.

Plusieurs solutions ont déjà été testées (VitD3/Dexaméthasone, IL-10, Biostim...)

C’est une solution originale que nous présente cette étude, par le fait qu’elle consiste en un prétraitement de la muqueuse.

Cela va-t-il dans le sens d’une simplification des schémas thérapeutiques qui se doit d’accompagner l’innovation que représentent les recombinants ? A ce stade de l’expérimentation, la réponse n’est pas évidente ...