Si l’hirondelle ne fait pas le printemps, l’IgE ne fait pas l’allergie !

vendredi 31 octobre 2008 par Dr Stéphane Guez1811 visites

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Si l’hirondelle ne fait pas le printemps, l’IgE ne fait pas l’allergie !

Si l’hirondelle ne fait pas le printemps, l’IgE ne fait pas l’allergie !

vendredi 31 octobre 2008, par Dr Stéphane Guez

L’interprétation d’un résultat biologique en allergologie est délicate et risque d’entraîner des erreurs de diagnostic par excès ou par défaut. Dans le cas de l’allergie au venin d’hyménoptère, ce problème peut se poser avec encore plus d’acuité d’autant qu’il existe un risque de faux positifs liés aux résidus carbohydrates.

La sensibilisation asymptomatique au venin d’hyménoptère est associée à la valeur du taux des IgE totales. : Sturm GJ, Schuster C, Kranzelbinder B, Wiednig M, Groselj-Strele A, Aberer W.

Department of Dermatology, Division of Environmental Dermatology and Venerology, Medical University of Graz, Graz, Austria.

dans Int Arch Allergy Immunol. 2008 Oct 10 ;148(3):261-264.

- Introduction :

  • La détection des IgE spécifiques au venin d’hyménoptère est un outil diagnostique bien établi dans le diagnostic d’une hypersensibilité au venin d’insecte.
  • Cependant la spécificité de ces IgE spécifiques reste un débat ouvert.

- Matériel et méthode :

  • Chez 145 sujets, le taux des IgE totales et des IgE spécifiques au venin d’hyménoptère ainsi que des IgE spécifiques au raifort comme marqueur d’une réactivité croisée aux carbohydrates ont été mesurés.
  • De plus, un score d’atopie a été déterminé pour chaque patient.
  • Les auteurs ont regardé s’il existait une association possible entre les IgE totales et la présence d’IgE spécifiques chez les patients ayant des antécédents négatifs de réaction locale importante ou de réaction anaphylactique lors de piqûre d’insecte.

- Résultats :

  • 15 des 65 patients (23,1%) ayant des taux bas d’IgE totales (<50 kU/L) ont des IgE spécifiques pour le venin d’abeille ou de guêpe, et 23 des 47 patients (48.9%) qui ont des IgE totales entre 50 et 250 kU/L ont des IgE s.
  • Le taux le plus élevé de sensibilisation asymptomatique (22/33 : 66.7%) a été trouvé chez les patients ayant les taux les plus élevés d’IgE totales (> 250 KU/L).
  • La médiane des IgEs est environ 4.8 plus élevé chez les patients ayant des IgE totales au dessus de 250 par rapport à ceux qui ont des IgE totales < 50 kU/L.
  • De façon intéressante une différence significative du taux médian des IgE totales a été trouvé chez les patients avec ou sans IgE spécifiques au raifort, respectivement (25,75% percentiles : 252.5, 2000.0) versus 50.5 kU/L (20.1, 172).

- Conclusion :

  • Les IgE spécifiques sont fréquemment trouvées chez les patients ayant des taux élevé d’IgE totales, mais sont très souvent non significatives sur le plan clinique.
  • Cela peut conduire à un faux diagnostic d’allergie chez des patients ayant des antécédents non significatifs après piqûre hyménoptère.

Les auteurs démontrent qu’il existe une relation entre le taux des IgE totales et les IgE spécifiques au venin d’hyménoptère.

Plus les IgE totales sont élevées plus le risque de trouver des IgE spécifiques non cliniquement significative augmente, indépendamment de la présence d’une sensibilisation aux résidus carbohydrates.

Le résultat de ce travail est important en pratique clinique car il montre une fois de plus la difficulté à interpréter un résultat biologique de façon isolée en allergologie.

La synthèse entre les antécédents c’est-à-dire les faits cliniques, les tests cutanés et la biologie est nécessaire pour conclure à l’existence vraie d’une allergie.

La relation entre le risque de trouver une positivité des IgE spécifiques lorsque le taux des IgE totales est augmenté n’est pas nouvelle et dépend étroitement de la technique biologique utilisée.

Il est donc nécessaire de demander un taux d’IgE totales pour pouvoir interpréter correctement les IgE spécifiques dans les allergies au venin d’hyménoptère.