Nous saurons tout de nos allergiques !

jeudi 3 octobre 2013 par Dr Céline Palussière356 visites

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Nous saurons tout de nos allergiques !

Nous saurons tout de nos allergiques !

jeudi 3 octobre 2013, par Dr Céline Palussière

La valeur ajoutée des tests multiallergéniques dans la prise en charge des patients ayant des polysensibilisations allergiques respiratoires. : G. Passalacqua1,*, G. Melioli2, F. Bonifazi3, S. Bonini4, E. Maggi5, G. Senna6, M. Triggiani7, E. Nettis8, R. E. Rossi9, A. Vacca8, G. W. Canonica1, the Italian ISAC Study Group†

dans Allergy
Volume 68, Issue 8, pages 1029–1033, August 2013

- Contexte :

  • La réponse IgE est dirigée contre certains composants spécifiques d’une source allergénique.
  • Les méthodes de diagnostic traditionnelles utilisent les extraits globaux, contenant des molécules allergéniques, non allergéniques et responsables de réactivité croisée.
  • Ceci peut poser des problèmes de diagnostic chez les patients polysensibilisés.
  • Les techniques de microarray détectent les IgE spécifiques vis à vis de multiples molécules, mais leur valeur en terme d’information complémentaire et d’économie n’a pas été encore définie.

- Objectif :

  • Nous avons évalué les informations diagnostiques additionnelles apportées par un test multiallergénique dans une grande population de sujets polysensibilisés.

- Méthodes :

  • Dans cette étude multicentrique, les allergologues devaient enregistrer soigneusement le diagnostic et le traitement de patients consécutifs adressés pour une rhinite ou de l’asthme, en utilisant les méthodes standards (histoire clinique, tests cutanés, tests IgE).
  • Un test multiallergénique était alors réalisé.
  • Les médecins devaient revoir leur diagnostic et le traitement en fonction des résultats du test multiallergénique.

- Résultats :

  • 318 patients allergiques (30% rapportant également des symptômes extra-respiratoires) et 91 contrôles ont été recrutés.
  • Les médecins rapportaient au moins une information additionnelle à partir du test multiallergénique chez au moins 60% des patients, ce qui débouchait sur des ajustements thérapeutiques.
  • Chez 66% des patients, des IgE vis à vis de panallergènes étaient détectables, ce qui était pertinent cliniquement chez 38% des patients ayant une polysensibilisation pollinique.

- Conclusion :

  • Les tests multiallergéniques représentent une avancée dans le diagnostic d’allergie, comme une approche tridimensionnelle pour les patients polysensibilisés, quand le diagnostic traditionnel pose problème.

Le groupe d’étude italien sur l’ISAC a cherché à définir l’apport de cette nouvelle technologie diagnostique dans la prise en charge des patients allergiques polysensibilisés.

Les premières études sur l’ISAC ont beaucoup porté sur les allergies alimentaires, permettant d’affiner le diagnostic et de déterminer le risque potentiel encouru par les patients. L’intérêt de la méthode a ainsi pu être prouvé dans certains cas spécifiques.

La question était ici de savoir ce que ce test apportait comme information utile au diagnostic et au traitement des allergies respiratoires.

Plus de 300 patients souffrant d’allergie respiratoire ont ainsi bénéficié d’un bilan classique (clinique, tests cutanés et biologiques), puis les tests multiallergéniques ISAC ont été réalisés. Les médecins évaluaient alors l’apport de la nouvelle technologie.

Chez plus de la moitié (60%) des patients testés, les médecins ont estimé que le test ISAC apportait une information pertinente. L’intérêt principal était la mise en évidence de réactivité IgE vis à vis de panallergènes polliniques.

La biopuce ISAC apporte des informations sur plus de 50 sources allergéniques, alimentaires et respiratoires. Toutes les réactivités ne sont pas intéressantes à tester chez tous les patients. Ces multiples réactivités sont bien sur plus informatives pour les patients polysensibilisés.

En ce qui concerne les allergies respiratoires, les panallergènes les mieux connus sont les profilines, les polcalcines, les PR-10, les Ole e 1-like... Ces allergènes sont disponibles en tests IgE unitaires. Ils sont systématiquement testés dans le test polyallergénique.

Dans le domaine des allergies respiratoires, l’apport de la technique se rapproche donc des résultats trouvés en allergologie alimentaire. Dans certains cas compliqués, avec discordance clinique-tests ou avec poly-réactivités, les tests multiallergéniques peuvent apporter les clés de la compréhension du profil de sensibilisation.

Notons que sur leur site commercial, la firme de cette fameuse puce annonce « des informations affinées utiles pour 9 patients multisensibilisés sur 10 ». Dans cette étude, sur des patients non recrutés spécifiquement, l’intérêt pratique n’est retrouvé que chez 6 patients sur 10.