Pluralité de l’IgE-réactivité spécifique des composants des acariens et risque d’asthme.

vendredi 26 juin 2015 par Dr Alain Thillay1228 visites

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Pluralité de l’IgE-réactivité spécifique des composants des acariens et risque d’asthme.

Pluralité de l’IgE-réactivité spécifique des composants des acariens et risque d’asthme.

vendredi 26 juin 2015, par Dr Alain Thillay

Reconnaissance différente des IgE spécifiques des composants allergéniques des acariens chez des enfants asthmatiques et non asthmatiques. : Different IgE recognition of mite allergen components in asthmatic and nonasthmatic children
Resch, Yvonne et al.

dans Journal of Allergy and Clinical Immunology

- Contexte :

  • Les acariens domestiques représentent l’un des inducteurs les plus importants de allergies respiratoires dans le monde.

- Objectif :

  • Nous avons étudié les profils de réactivité à IgE et à IgG d’un panel complet des allergènes des acariens chez des enfants souffrant d’asthme allergique et de les comparer à ceux des enfants atopiques non asthmatiques.

- Méthode :

  • Les sera d’enfants asthmatiques cliniquement bien caractérisés souffrant d’allergie aux acariens domestiques (n = 105), de ceux d’enfants non asthmatiques (n = 53) et de ceux d’enfants non asthmatiques non atopiques (n = 53) ont été analysés concernant l’IgE et l’IgG réactivité à un panel de 7 allergènes (nDer p 1, rDer p 2, rDer p 5, rDer p 7, rDer p 10, rDer p 21, rDer p 23) au moyen d’une technologie de biopuce ImmunoCAP ISAC.

- Résultats :

  • Les enfants asthmatiques allergiques aux acariens ont montré plus fréquemment une réponse IgE à chacun des allergènes des acariens et comptabilisaient plus d’allergènes que les enfants non asthmatiques allergiques aux acariens.
  • En outre, les taux d’IgE à certains allergènes des acariens Dermatophagoides Pteronyssinus (nDer d p 1, P = 0,002 ; rDer p 2, P = 0,007 ; rDer p 5, P = 0,031 et rDer p 23, P <0,001) étaient significativement plus élevés chez les enfants asthmatiques que chez les non asthmatiques.
  • En revanche, moins d’enfants asthmatiques ont montré d’IgG réactivités aux allergènes des acariens que les enfants non asthmatiques, mais les taux d’IgG spécifiques de l’allergène étaient comparables.

- Conclusion :

  • Les profils d’IgE et IgG réactivités aux allergènes des acariens, ainsi que les niveaux d’IgE à certains composants allergéniques, différaient considérablement entre les enfants avec et sans symptômes asthmatiques en rapport à une allergie aux acariens domestiques.
  • En fait, les enfants asthmatiques sont caractérisés par un répertoire IgE élargi pour ce qui concerne le nombre de composants allergéniques reconnus et par des niveaux d’IgE spécifiques accrues.

Ce travail a été réalisé par l’équipe autrichienne de Rudolf Valenta (Vienne). De façon générale, l’analyse de l’IgE réactivité à l’encontre des composants allergéniques d’un produit a apporté beaucoup à la pratique allergologique quotidienne. Il suffit de citer l’exemple de l’arachide pour en être convaincu. Il s’agissait ici de préciser le répertoire de la réactivité à IgE et à IgG spécifiques des composants des acariens domestiques chez des enfants asthmatiques allergiques et chez des enfants atopiques non asthmatiques.

Ces réactivités ont donc été étudiées chez des allergiques aux acariens domestiques, asthmatiques (105 sujets), non asthmatiques (53 sujets), et, un groupe témoin de 53 patients non allergiques non asthmatiques.

Les enfants asthmatiques allergiques aux acariens ont plus fréquemment une réponse IgE à chacun des composants allergéniques des acariens et reconnaissent plus d’allergènes que les enfants non asthmatiques allergiques aux acariens.

Les enfants asthmatiques allergiques aux acariens domestiques ont des niveaux plus élevés d’IgE aux différents composants allergéniques des acariens que les enfants ayant une allergie aux acariens mais sans asthme.

Un mélange de composants comprenant tous les composants allergéniques respiratoires des acariens domestiques induit une activation des basophiles plus forte que le mélange ne contenant que Der p 1 et Der p 2.

Moins d’enfants asthmatiques allergiques aux acariens domestiques ont d’IgG réactivités aux composants allergéniques des acariens que les enfants non asthmatiques allergiques aux acariens, mais les taux d’IgG spécifiques de l’allergène étaient comparables.

Les IgG et IgE réactivités à l’encontre des allergènes des acariens ne sont que partiellement corrélées.

Sur plusieurs points, cette étude fait la démonstration réciproque d’études antérieures nombreuses qui montrent un lien significatif entre l’augmentation des IgE réactivités à l’encontre des composants d’acariens et l’importance de la dégradation de la fonction respiratoire et l’augmentation du risque de sifflements thoraciques.

Autre marqueur intéressant de l’augmentation du risque d’asthme chez l’allergique aux acariens domestiques, serait justement, l’augmentation des IgE réactivités spécifiques à plus de composants chez l’allergique aux acariens asthmatique comparativement à l’allergique aux acariens.

Il serait intéressant, dans cette occurrence, de pratiquer ce type d’étude dans des zones géographiques différentes dans le monde pour vérifier l’éventuelle existence de profils réactifs différents en fonction du lieu de vie.

Le fait, qu’un mélange de composants complets (Der p 1, 2, 5, 7, 21 et 23) induise une plus forte réactivité des basophiles que le mélange Der p 1 et Der p 2 suggère que la poly-IgE-réactivité entraîne des conséquences fonctionnelles.

Toutefois, cette observation demanderait la confirmation au moyen d’études cliniques.

L’implication clinique à retenir est le fait que, pour un enfant allergique aux acariens domestiques, d’être IgE-réactif à un large panel de composants moléculaires et d’avoir des taux d’IgE spécifiques élevés à l’encontre de certains de ces composants, a pour conséquence une atteinte des petites voies respiratoires.