Se pimenter le nez pour manger mieux ?

samedi 9 août 2003 par Dr Stéphane Guez4310 visites

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Se pimenter le nez pour manger mieux ?

Se pimenter le nez pour manger mieux ?

samedi 9 août 2003, par Dr Stéphane Guez

La rhinite inflammatoire chronique est une affection invalidante dont il a été démontré qu’elle a un retentissement non négligeable sur la qualité de vie. Les traitements actuels ont apporté des progrès importants mais il y la place pour de nouvelles molécules. On parle beaucoup de la capsaïcine : qu’en est-il en pratique ?

La capsaïcine intra nasale réduit l’hyperréactivité de la rhinite idiopathique : étude randomisée en double aveugle contre placebo : J. B. Van Rijswijk1, E. L. Boeke1, J. M. Keizer1, P. G. H. Mulder2, H. M. Blom3, W. J. Fokkens1 1Department of Otorhinolaryngology, Erasmus Medical Centre, Rotterdam, The Netherlands ; 2Department of Epidemiology & Biostatistics, Erasmus Medical Centre, Rotterdam, The Netherlands ; 3Department of Otorhinolaryngology and Head & Neck Surgery, The Red Cross Hospital and The Juliana Children Hospital, The Hague, The Netherlands dans Allergy 58 (8), 754-761

Dans une étude récente, les auteurs ont montré que la capsaïcine en spray nasal entraînait une diminution significative et à long terme des symptômes de la rhinite perannuelle non allergique et non infectieuse.

Cependant, en pratique quotidienne, le mode d’application était non réalisable en raison du grand nombre de consultations nécessaires sur une courte période de temps.

Dans cette étude, les auteurs ont donc essayé de conduire une étude en double aveugle dans 2 groupes parallèles pour déterminer si une administration plus pratique de la capsaïcine pouvait être réellement efficace.

- Méthode :
* 30 patients ont été randomisés dans 2 groupes ayant un protocole différent :
** un groupe a reçu de la capsaïcine 5 fois le premier jour à 1h d’intervalle, puis il a reçu un placebo identique tous les 2° ou 3° jours avec un total de 5 traitements, 2 semaines après l’administration initiale de capsaïcine (groupe A).
** L’autre groupe (B) a reçu le placebo 5 fois le premier jour puis de la capsaïcine tous les 2° ou 3° jour pour un total de 5 traitements, 2 semaines après l’administration initiale du placebo.

- Résultats :
* L’échelle d’évaluation analogique de l’ensemble des symptômes nasaux, rhinorrhée et obstruction nasale, montrent une diminution significative après le début du traitement dans les 2 groupes, avec une diminution significativement plus rapide dans le groupe A.
* Une diminution significative de la réponse à l’inhalation nasale d’air froid est également trouvée 9 mois après traitement dans les 2 groupes, révélant une diminution de l’hyper réactivité nasale.
* Il n’y a pas de différence significative en ce qui concerne les effets indésirables (odorat, tension artérielle, fréquence cardiaque).

- Conclusions : Les auteurs concluent que l’application intranasale de capsaïcine est bien tolérée et qu’un protocole de 5 traitements sur un seul jour est aussi efficace que 5 traitements sur 2 semaines.


Les auteurs démontrent que la capsaïcine appliquée sur un seul jour est aussi efficace que lors d’une administration selon un protocole de 5 traitements sur 2 semaines. Les effets indésirables ne sont pas plus nombreux, et l’effet bénéfique sur l’hyper réactivité nasale persiste jusqu’à 9 mois.

Dans ce travail, les auteurs démontrent la faisabilité en pratique de ville d’un traitement par la capsaïcine.

Ce produit qui porte le joli nom de trans-8-méthyl-N-vanillyl-6-nonenamide (ouf !) est extrait du piment rouge mexicain. On connaît depuis longtemps les vertus anti-inflammatoires et antalgiques des extraits de ce piment.

Depuis quelques temps la pharmacologie s’intéresse aux propriétés non seulement anti-inflammatoires de ce produit, mais également à son activité sur les fibres non myélinisées qui interviennent dans le contrôle de l’inflammation neurogène.

En détruisant les terminaisons nerveuses non myélinisées, la capsaïcine bloque les transmissions neuronales.

Jusqu’à présent les protocoles utilisés en application ORL ont montré leur efficacité mais avec des rythmes d’administrations difficiles. Ici, les auteurs montrent que ce traitement peut-être envisagé avec un bon résultat, avec une administration sur une seule journée.

Si d’autres études confirment les bienfaits de ce protocole, une nouvelle modalité thérapeutique de la rhinite chronique non allergique sera disponible.

Vos commentaires

  • Le 5 juin à 22:46, par JF Fritsch En réponse à : Se pimenter le nez pour manger mieux ?

    Bonjour,
    Aucune nouvelle depuis 2003 ? Étonnamment on reparle de cette étude dans des magazine de santé récents, mais impossible de trouver une quelconque confortation ou contre étude négative. C’est étonnant, ou alors trop embarrassant pour les grands labos de l’allopathie classique qui étouffent cette découverte ?
    Souffrant d’une hypersensibilité des muqueuses nasales non allegergique provoquant des crises d’éternuements très gênantes, je suis las de prendre quotidiennement des anti-histaminiques et corticoïdes qui font de moins en moins d’effet. Je vais donc tester le Capsinol.

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