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Bacitracine, t’es pas toujours ma copine !

par Dr Christian Debavelaere

publié le  16 avril 2004

Primum non nocere, est la devise de l’allergologue. Le parcours du patient allergique s’envisage sur une longue période, d’abord l’allergie alimentaire, puis la dermatite atopique, enfin, l’allergie respiratoire. Nous ne pouvons envisager des traitements qui risquent d’aggraver son état, or les topiques cutanés, parfum, lanoline mais aussi antibiotiques sont bien connus pour sensibiliser les patients...,

Du simple rash à l’allergène majeur : la Bacitracine. : Jacob SE SE, James WD WD.

Department of Dermatology and Cutaneous Surgery, University of Miami, Miami, Florida

dans Dermatol Surg. 2004 Apr ;30(4):521-4.

- Contexte  : La bacitracine est un antibiotique produit par bacillus subtilis, utilisée dans plusieurs produits de consommation comme les cosmétiques et des composants ophtalmologiques et cutanés.

- Objectifs : Attirer l’attention sur le nombre croissant d’allergie de contact à la bacitracine

- Résultats :

  • Son utilisation généralisée provoque un nombre croissant d’allergie de contact pertinent et de réaction anaphylactiques graves.
  • Le groupe d’étude sur l’allergie de contact Nord-Américain a enregistré son émergence comme allergène majeur et continue à surveiller l’accroissement du nombre d’allergie.

- Conclusion  : l’impact clinique, les évidences scientifiques, et les retentissements en matière de coût de santé plaident pour l’abandon de l’utilisation en routine de la bacitracine sur les plaies chirurgicales saines.

 Dr Christian Debavelaere

Commentaire de l'auteur :

La bacitracine est utilisée en France surtout sous forme de collyre ou de préparation à visée ORL, per os, comme la lysopaïne ou l’oropivalone.

Un antibiotique à usage dermatologique devrait répondre aux conditions suivantes.

  • Des preuves sur son efficacité dans l’affection pour laquelle il est utilisé doivent exister. -* Son spectre d’action ne doit pas être inutilement trop large.
  • Il ne doit pas entraîner de sensibilisation
  • Il ne doit pas être à l’origine de résistance.

Un antibiotique à usage systémique (ou chimiquement apparenté) ne devrait pas en principe pas être utilisé sur la peau.

Ainsi de nombreux cas de sensibilisation à la néomycine, présente dans des topiques cortisonés, ont été constatés , le risque de réaction cutanée généralisé existe, lors de l’ingestion du produit ou d’un produit de la même famille par allergie croisée.

Ainsi, les patients qui présentent une hypersensibilité de contact à la néomycine peuvent développer une allergie vis-à-vis d’autres aminosides, telle la gentamicine, la kanamycine, la tobramycine ou l’amikacine.

La bacitracine n’est pas apparentée à la néomycine et à ma connaissance n’est pas utilisée sur la peau.

L’allergologue qui va prescrire des soins cutanés au long cours sur une peau lésée doit toujours garder à l’esprit ce risque de sensibilisation, y compris pour les topiques hydratants largement utilisés.

référence :

http://www.allergique.org/article2081.html


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