L’allergie au raisin : vraiment colère !

vendredi 9 février 2007 par Dr Alain Thillay23488 visites

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L’allergie au raisin : vraiment colère !

L’allergie au raisin : vraiment colère !

vendredi 9 février 2007, par Dr Alain Thillay

Les protéines de transfert lipidique, protéines courantes des plantes et fruits, sont souvent impliquées dans les réactions allergiques alimentaires. Ici, les auteurs, à partir d’un groupe de 37 patients faisant des réactions sévères lors de l’ingestion de raisin, précisent l’ensemble des allergènes, démontrent leur implication et déterminent les allergènes majeurs et mineurs.

Réactions allergiques immédiates sévères au raisin : syndrome clinique associé à une partie d’une protéine de transfert lipidique (LTP). : Emilia Vassilopouloua, Laurian Zuidmeerb, Jaap Akkerdaasb, Ioannis Tassiosa, Neil R. Rigbyc, E.N. Clare Millsc, Ronald van Reeb, Photini Saxoni-Papageorgioua, Nikolaos G. Papadopoulosa

Allergy Research Centre, Second Pediatric Clinic, University of Athens, Athens, Greece ; Academic Medical Centre, University of Amsterdam, Amsterdam, The Netherlands ; Institute of Food Research, Norwich Research Park, Colney, UK

dans International Archives of Allergy and Immunology 2007 ;143:92-102

- Contexte :

  • L’allergie au raisin est considérée comme rare ; une protéine de transfert lipidique de raisin (LTP ; Vit v 1), une endochitinase et une protéine thaumatine-like ont été rapportées en tant qu’allergènes du raisin.
  • Un nombre considérable de patients a été dirigé dans notre département pour des réactions graves au raisin, et plusieurs protéines spécifiques d’IgE ont été détectées.

- Objectifs :

  • Le but de cette étude était d’identifier et de caractériser les allergènes impliqués dans les réactions allergiques graves au raisin
  • et de décrire la population dans laquelle elles se produisent.

- Méthodes :

  • Des patients présentant des réactions allergiques graves rapportées au raisin (n = 37) ont fait l’objet de l’étude.
  • Les allergènes de raisin ont été purifiés/fractionnés par une combinaison de techniques chromatographiques, puis identifiés par analyse protéomique (électrophorèse bidirectionnelle) et biochimiquement caractérisés.
  • L’immunoréactivité a été évaluée par inhibition du blot, par inhibition du RAST et des prick tests cutanés ont été réalisés avec des allergènes isolés.

- Résultats :

  • Tous les sujets étaient polyallergiques, sensibilisés et réactifs à plusieurs aliments et pollens.
  • Tous les patients étaient sensibilisés à la LTP de raisin.
  • Une expansine de 28 kDa, une protéine de 37,5 kDa polygalacturonase-inhibitrice, une Bêta-1,3 glucanase de 39 kDa et une protéine de 60 kDa ont été identifiées en tant qu’allergènes mineurs du raisin.
  • L’endochitinase et la protéine thaumatine-like ne jouaient aucun rôle.
  • Les expériences d’inhibition ont indiqué la possibilité du rôle d’une réaction de la LTP pour les sensibilisations cliniques à d’autres aliments végétaux contenant de la LTP, mais également l’implication de réactions croisées dues à des déterminants carbohydrates des allergènes mineurs dans la réaction croisée à IgE.

- Conclusion :

  • La protéine de transfert lipidique est l’allergène majeur du raisin, alors que les allergènes mineurs additionnels peuvent contribuer à la réactivité clinique.
  • L’allergie grave au raisin se retrouve chez le patient atopique qui réagit aussi fréquemment à d’autres aliments végétaux contenant des LTP.
  • Le « syndrome LTP » est le terme approprié pour décrire cette situation.

Les protéines de transfert lipidique sont des allergènes du monde végétal souvent impliqués dans les allergies aux fruits.

Les auteurs grecs, anglais et hollandais de cette étude ont pris en considération les réactions allergiques graves en rapport avec la prise de raisin.

Les allergènes connus du raisin sont :
- Vit v (pollen)
- Vit v (fruit)
- Vit v 1 (LTP)
- Vit v 1.0101
- Vit v Endochitinase
- Vit v Profiline
- Vit v Thaumatine-like

Trente sept patients ayant la démonstration d’une allergie sévère lors de l’ingestion de raisin sont explorés.

Tous les patients étaient sensibilisés à la protéine de transfert lipidique Vit v 1, ce qui confirme son statut d’allergène majeur. Vit v Endochitinase et Vit v Thaumatine-like ne sont pas impliquées dans l’allergènicité du raisin.

Les allergènes mineurs indiqués semblent pouvoir jouer un rôle dans les réactions allergiques croisées via leurs déterminants carbohydrates.

Les auteurs dans leur conclusion suggèrent qu’il existe un syndrome LTP caractérisé par la sévérité de la réaction allergique et qui serait commun à tout allergène LTP du monde végétal. Ainsi, la majeure partie des réactions croisées entre les fruits seraient dues aux LTP.

On voit donc tout l’intérêt de cette étude qui permet de distinguer les allergies croisées entre les fruits en tant que syndrome LTP, à l’instar des allergies croisées entre acariens, crustacés et escargots en tant que syndrome « tropomyosine ».

On voit aussi tout l’intérêt d’avoir à notre disposition le moyen de doser les IgE spécifiques de tel ou tel allergène alimentaire, majeur ou mineur, pour mieux cerner les risques encourus et les réactions croisées possibles.

Enfin, une dernière petite remarque intéressée, que deviennent tous ces allergènes du raisin après vinification ? Seraient-ils présents dans le vin ? Cela ne serait vraiment pas sympathique de ne pas pouvoir boire de vin lorsqu’on est allergique au raisin.

Vos commentaires

  • Le 27 novembre 2015 à 17:10, par Blondel En réponse à : L’allergie au raisin : vraiment colère !

    Suis-je allergique au raisin - noir - non lavé ??? Depuis avoir été grapiller il y a 6-7 semaines j’ai les papilles de la bouche endolories comme après avoir bu trop chaud. Et je n’ai presque plus de goût.
    Y a-t-il un rapport ? ou suis-je devenue sensible aux médocs ingérés contre le cholestérol et la trop grande tension ? D’autre part comme ceux-ci sont stbilisés, puis-je réduire, voire arrêter ces remèdes que je déteste prendre, vu les avertissements sur Internet !? et malgré un AVC il y a 7 mois ?
    Merci !

  • Le 17 juillet 2016 à 14:09, par caroline masson En réponse à : L’allergie au raisin : vraiment colère !

    Suite a l ingestion de raisins rouges j ai du passer 11 hrs a l hôpital et j ai enflé de partout surtout visage mains et pieds et démangeaisons épouvantables et incessantes...et puisqu ici au quebec ya une liste d attente de 2 ans . je risque de crever plus d 1 fois !donc je dois absolument m abstenir d en bouffer

  • Le 13 octobre 2016 à 12:06, par JANDIA En réponse à : L’allergie au raisin : vraiment colère !

    bonjour,

    je possède un rang de vigne de raisins chasselas rosée et blancs ;, et ce, récemment après l’achat de la maison où était planté cette vigne, et cette année, nous avons eu beaucoup, beaucoup de raisins fruit que j’aime sans modération, donc, il va sans dire que je me suis fait plaisir, MAIS, damned, une éruption est venue, des démangeaisons terribles, au niveau du dessous de la poitrine, au niveau de l’aine, pubis, le long de la colonne vertébrale, derrière les genoux, sur les aisselles, alors que je n’avais JAMAIS eu quelque bouton que ce soit, et malgré le traitement donné par le médecin, rien n’y a fait, donc depuis hier j’a iarrêté de manger du raisin , et mes démangeaisons ont diminué, je vais continuer voir si cela s’arrête complètement !!

  • Le 21 janvier 2017 à 12:21, par Romain En réponse à : L’allergie au raisin : vraiment colère !

    J’ai découvert en 2009 à l’âge de 27ans (suite à ingestion de raisin) que j’étais allergique au raisin (alors que je bois du vin sans soucis).
    Le seul vin qui pose problème est le savagnin du Jura (ma région).
    Suite à test vers un allergologue, je serais allergique aux pommes (je l’ai appris à mes dépens par la suite alors que je n’avais jamais eu de soucis), banane (jamais eu de crise), soja, tomates (jamais eu de crise).
    Hier soir en mangeant mes céréales habituels, j’ai senti la crise arriver...
    Je ne m’étais pas trompé !
    Tout nu sous un drap, car plaques rouges qui démangent sur tout le corps, l’intégralité de mes orifices qui me démangent, la région pubienne qui me "dévore", coeur qui bat fort mais pas spécialement vite, yeux brillant, visage rouge cramoisi !
    3h de pur bonheur (ça faisait longtemps que ça ne m’étais pas arrivé).
    Puis réplique moins forte d’1h, et ce matin après le pti déjeuner (suite à mastication de biscottes), rebelotte pendant 1h !
    J’ai appelé sos médecin, mais quand il est arrivé, la crise était finie.
    J’ai un ganglion au niveau de la gorge qui a gonflé hier soir, et le médecin m’annonce que j’ai une légère pharingite et que le ganglion a pu déclencher la crise...
    Mouais, ça j’y crois guère !

    Résultat : anti hystaminique et anapen si jamais je viens à avoir des difficultés en cas de crise intense...

    Affaire à suivre !