Mon petit, d’accord pour que tu têtes une vache mais alors tout de suite !!

lundi 4 octobre 2010 par Dr Stéphane Guez581 visites

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Mon petit, d’accord pour que tu têtes une vache mais alors tout de suite !!

Mon petit, d’accord pour que tu têtes une vache mais alors tout de suite !!

lundi 4 octobre 2010, par Dr Stéphane Guez

L’allergie au lait de vache est un facteur prédictif d’une hyper-réactivité bronchique et d’une inflammation des voies respiratoires chez les enfants d’âge scolaire. : Malmberg, L. P., Saarinen, K. M., Pelkonen, A. S., Savilahti, E. and Mäkelä, M. J. (2010),

Cow’s milk allergy as a predictor of bronchial hyperresponsiveness and airway inflammation at school age.

dans Clinical & Experimental Allergy, 40 : 1491–1497. doi : 10.1111/j.1365-2222.2010.03567.x

- Introduction :

  • L’allergie au lait de vache (APLV) est associée à une augmentation de l’incidence de l’asthme à l’âge scolaire.
  • Cependant, des études prospectives de population étudiant les relations entre APLV et développement ultérieur d’une inflammation et d’une hyperréactivité bronchique (HRB) n’ont pas été menées.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’évaluer l’APLV comme facteur de risque de développer une HRB et une inflammation des voies aériennes durant l’enfance.

- Matériel et Méthode :

  • Il s’agit d’une étude prospective de 118 enfants ayant une APLV et qui ont été évalués à l’âge moyen de 8.6 ans avec :
    • mesure du NO exhalé
    • et étude de l’HRB à l’histamine.
  • 94 patients et 80 témoins de la cohorte ont été inclus.

- Résultats :

  • A l’âge scolaire, les enfants ayant des antécédents d’APLV ont une plus forte valeur de NO exhalé (p=0.0009) et une HRB plus prononcée à l’histamine (p=0.027) que les enfants témoins.
  • Une analyse starifiée montre une différence significative seulement lorsque l’APLV s’accompagne d’une positivité des IgE.
  • Une analyse multi variée en régression logistique montre que :
    • les APLV avec IgE positives (odds ratio (OR) 3.51 ; 95% (CI) 1.56–7.90 P = 0.002)
      et des sifflements bronchiques durant la première année de vie (OR 2.81 ; 95% CI 1.16–6.84 ; P = 0.023) sont des facteurs indépendants d’une augmentation du NO exhalé.
    • que IgE et APLV (OR 3.37 ; 95% CI 1.03–10.97 ; P = 0.044) avec deux parents fumeurs (OR 3.41 ; 95% CI 1.14–10.22 ; P=0.028) le sont pour l’HRB
    • alors qu’une APLV sans IgE n’est pas liée au NO ni à l’HRB.
  • Dans le groupe avec une APLV, ceux qui sont exposés au lait de vache trés tôt à la maternité ont l’HRB la plus faible (p=0.002).

- Conclusions :

  • Par rapport aux enfants témoins, les enfants ayant des antécédents d’APLV avec IgE positives ont des signes d’inflammation des voies aériennes supérieures objectivée par une augmentation du NO exhalé et une HRB plus importante mise en évidence par un test à l’histamine à l’âge scolaire.
  • Au contraire d’une APLV sans IgE, une APLV avec IgE positives est un facteur prédictif ultérieur durant l’enfance d’une augmentation du NO exhalé et d’une HRB.
  • Une exposition très précoce au lait de vache est associée à une moindre HRB.

Dans cette étude prospective de suivi d’une cohorte d’enfants ayant une APLV, les auteurs montrent que c’est une APLV avec IgE positive qui est un facteur de risque ultérieur de développer durant l’enfance une inflammation bronchique et une HRB.

Sifflements bronchiques et tabagisme passif sont également des facteurs de risque.

Ce travail est très intéressant car il relie fortement l’APLV au risque ultérieur de développer un asthme à la condition qu’il y ait des IgE positives aux protéines de lait de vache.

Il s’agit donc bien d’un facteur prédictif d’asthme qui doit conduire à une prise en charge précoce de sifflements respiratoires chez ces enfants.

Par ailleurs, l’analyse statistique plus fine montre que des sifflements bronchiques durant la première année de vie sont liés à l’existence d’une inflammation bronchique ultérieure et qu’un fort tabagisme passif est lié au risque ultérieur de développer une HRB.

Le clinicien possède donc des preuves pour proposer des meures énergiques de protection des enfants ayant une APLV pour limiter les risque de développement d’un asthme.