Anaphylaxie sévère : il est temps d’accorder nos violons...

samedi 19 novembre 2005 par Dr Geneviève DEMONET2892 visites

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Anaphylaxie sévère : il est temps d’accorder nos violons...

Anaphylaxie sévère : il est temps d’accorder nos violons...

samedi 19 novembre 2005, par Dr Geneviève DEMONET

Les études épidémiologiques sur l’anaphylaxie sévère se suivent et ne se ressemblent pas toujours. La définition, tout autant que les chiffres, varient selon les travaux et les pays. L’équipe de D. A. Moneret-Vautrin tire les conclusions qui s’imposent...

Epidémiologie de l’anaphylaxie sévère et létale : revue : D. A. Moneret-Vautrin, M. Morisset, J. Flabbee, E. Beaudouin, G. Kanny

Department of Internal Medicine, Clinical Immunology and Allergology, University Hospital, Nancy Cedex, France

dans Allergy 60 (4), 443-451

L’anaphylaxie sévère est une affection systémique affectant au moins deux organes ou systèmes. Elle est due à la libération de médiateurs actifs par les mastocytes et les basophiles.

Une classification en quatre grades place l’anaphylaxie « sévère » en grades 3 et 4 (la mort pourrait être classifiée en grade 5).

Des études sont en cours pour déterminer la prévalence de l’anaphylaxie sévère et létale dans diverses populations ainsi que les fréquences relatives des anaphylaxies dues aux aliments, aux médicaments, au latex et aux hyménoptères.

Ces études permettront également d’analyser le risque découlant du manque de mesures préventives appliquées dans les écoles (protocoles de conduites à tenir individualisés) et de l’utilisation l’insuffisante de l’adrénaline auto-injectable.

Les consultations en urgence pourraient être motivées dans 0,2 à 1% des cas par un symptôme relié à l’allergie.

L’anaphylaxie sévère affecte de1 à 3 personnes pour 10 000 mais les chiffres sont encore plus élevés aux Etats-Unis et en Australie.

On estime qu’elle provoque la mort chez 0,65 à 2% des patients, c’est-à-dire chez 1 à 3 personnes par million.

Une élévation de la prévalence a été mise en évidence par l’intermédiaire de la codification à l’aide de la classification internationale des maladies (ICD) des populations hospitalisées.

La fréquence relative des facteurs étiologiques de l’allergie (aliments, médicaments, insectes et latex) varie en fonction des études.

Les allergies alimentaires, médicamenteuses et aux hyménoptères sont potentiellement mortelles.

Le risque d’anaphylaxie d’origine alimentaire peut être évalué à partir du nombre de protocoles d’accueil individualisé établis dans les écoles françaises : 0,065%.

Le taux de prescription d’adrénaline pourrait permettre une autre évaluation. Cependant, une surestimation du risque anaphylactique pourrait résulter de cette méthode (0,95% des enfants canadiens).

Les chiffres de la littérature mènent à plusieurs possibilités :
- Tout d’abord, il faudrait s’entendre sur une définition de l’anaphylaxie sévère.
- Deuxièmement, des enquêtes multicentriques et prospectives, utilisant les codes ICD devraient être mises en œuvre.
- De plus, le nombre élevé de cas d’anaphylaxie n’ayant pas d’étiologie identifiée ainsi que la variation de l’étiologie dans les séries publiées indique qu’une coopération plus étroite entre les urgentistes et les allergologues est essentielle.


Une revue sur l’anaphylaxie sévère et létale a été menée par l’équipe de Nancy.

Il en découle qu’environ 0,2 à 1% des consultations en urgence pourraient être motivées par l’allergie.

La prévalence respective des aliments, des médicaments, du latex et des hyménoptères dans l’anaphylaxie sévère varie en fonction des études.

Des facteurs indirects comme le nombre de prescription d’adrénaline ou le nombre de PAI établis dans les écoles françaises permettent seulement d’avoir une idée approximative du nombre d’anaphylaxies potentiellement sévères.

Devant ces difficultés d’appréciation de l’anaphylaxie sévère dans le monde, les auteurs insistent sur la nécessité d’une entente générale sur la définition de l’anaphylaxie sévère, de la mise en place d’études multicentriques et prospectives et sur la coopération entre urgentistes et allergologues pour permettre des diagnostics étiologiques plus performants.