Anna Phylaxie n’est pas l’amie des enfants atopiques.

dimanche 2 mai 2004 par Dr Stéphane Guez1779 visites

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Anna Phylaxie n’est pas l’amie des enfants atopiques.

Anna Phylaxie n’est pas l’amie des enfants atopiques.

dimanche 2 mai 2004, par Dr Stéphane Guez

Une réaction anaphylactique chez l’enfant est-elle le plus généralement unique, ou y a-t-il des récidives ? Faut-il ou non prescrire de l’adrénaline auto-injectable chez tous les enfants ayant eu une réaction anaphylactique ou peut on déterminer des facteurs de risque exposant à une récidive ?

Anaphylaxie : un suivi de 7 ans de 46 enfants. : Cianferoni A, Novembre E, Pucci N, Lombardi E, Bernardini R, Vierucci A.

Allergy and Clinical Immunology Unit, III Pediatric Clinic, University of Florence, Italy

dans Ann Allergy Asthma Immunol. 2004 Apr ;92(4):464-8.

On connaît peu de chose sur la fréquence et les caractéristiques associées d’une anaphylaxie récidivante dans une population pédiatrique.

Durant 1994 à 1996, l’équipe a enrôlé 76 enfants ayant une anaphylaxie pour conduire une étude prospective visant à analyser les caractéristiques cliniques et allergiques de leur affection.

- Objectif : Mener un suivi de ces enfants pour estimer combien de fois ils ont récidivé une réaction anaphylactique.

- Méthodologie  : Après un intervalle moyen de 7 ans, un allergologue pédiatrique a réalisé par téléphone un interrogatoire des patients ayant été inclus dans l’étude entre 1994 et 996.

- Résultats :

  • Un interrogatoire par téléphone a été conduit chez 46 patients (61%) parmi les 76 initiaux inclus dans l’étude entre 1994 et 19996.
  • Parmi ces 46 patients, 14 (30%) ont présenté une récidive anaphylactique.
  • Les enfants ayant une dermatite atopique entre 1994 et 1996 (64% versus 34%, p=0.04) ou au moment de l’étude (93% versus 31%, p=0.0002) ont un risque significativement plus élevé de présenter une nouvelle réaction anaphylactique.
  • Par ailleurs, les enfants qui sont sensibilisés à au moins un allergène alimentaire entre 1994 et 1996 ont plus fréquemment une nouvelle expérience de réaction anaphylactique (93% versus 56%, p<0.004).

- Conclusions : Cette étude suggère que les patients ont un plus grand risque de récidive d’une réaction anaphylactique s’il ont une dermatite atopique, une urticaire ou un angio-œdème, ou au moins un test cutané positif en prick à des allergènes alimentaires.


Les auteurs démontrent qu’au cours de 7ans, 30% d’enfants ayant présenté une réaction anaphylactique ont fait une nouvelle réaction anaphylactique.

Les facteurs de risque de récidive sont la dermatite atopique, des antécédents d’urticaire et d’angio-œdème, ainsi qu’un prick test positif à des aliments.

Ce travail est intéressant bien qu’un peu décevant car malheureusement plus de la moitiés des patients ont été perdus de vue.

D’autre part, le questionnaire a été complété par téléphone et il n’est pas certain que les parents aient réellement pu être précis sur des éléments anamnestiques couvrant une période aussi large que 7 ans. Il aurait été plus réaliste sur le plan méthodologique de compléter ce questionnaire tous les ans.

Les résultats montrent que 30% des patients ont eu une récidive anaphylactique. Il n’est pas précisé s’il y a eu utilisation d’adrénaline, et si les patients disposés d’adrénaline auto injectable au moment de l’incident.

Les facteurs de risque de récidive sont la dermatite atopique mais également l’urticaire. Cette caractéristique est importante à noter car il y peu de temps une polémique autour de la prescription de l’adrénaline auto-injectable a discuté de la nécessité ou non de cette prescription dans l’urticaire. Il semble ainsi que chez un enfant ayant une allergie alimentaire avec des tests cutanés positif aux aliments et des antécédents de dermatite atopique la récidive soit statistiquement plus importante, nécessitant donc une prescription d’adrénaline en prévention.