Les règles et l’asthme aigu grave, est-ce la règle ?

mercredi 25 février 2004 par Dr Christian Debavelaere4201 visites

Accueil du site > Maladies > Urgences > Les règles et l’asthme aigu grave, est-ce la règle ?

Les règles et l’asthme aigu grave, est-ce la règle ?

Les règles et l’asthme aigu grave, est-ce la règle ?

mercredi 25 février 2004, par Dr Christian Debavelaere

L’asthme aigu grave est une évolution redoutée des allergologues, cet article collecte les données concernant le cycle menstruel et le déclenchement de l’asthme grave

Asthme aigu grave en rapport avec la menstruation : Eva Martinez-Moragón, MD, PhDa
Vicente Plaza, MD, PhDb* José Serrano, PhDb Cesar Picado, MD, MPHc Juan Bautista Galdiz, MD, PhDd Antolín López-Viña, MD, PhDe Joaquín Sanchis, MD, MPHb on behalf of the Spanish High Risk Asthma Research Group1

aSección de Neumología, Hospital de Sagunto, Valencia, Spain
bDepartament de Pneumologia, Hospital de la Santa Creu I Sant Pau, Barcelona, Spain
cServei de Pneumologia I Allèrgia Respiratòria, Hospital Clínic, Barcelona, Spain
dServicio de Neumología, Hospital de Cruces, Baracaldo, Spain
eServicio de Neumología, Hospital Universitario Puerta de Hierro, Madrid, Spain

dans JACI February 2004 • Volume 113 • Number 2

- Contexte : la menstruation a été suggérée comme un déclencheur possible d’un asthme aigu grave mais les arguments supportant cette assertion demeurent fragiles.

- Objectifs : évaluer le rôle de la menstruation comme facteur contributif au déclenchement d’un asthme aigu grave chez des femmes en age de procréer.

- Méthodes :

  • 44 femmes en age de procréer avec un asthme aigu grave sont inclues dans une étude multicentrique.
  • Les données concernant les patientes et les caractéristiques cliniques sont collectées.
  • Nous avons aussi réalisé une spirométrie et un bilan allergologique quand l’état des patientes était stabilisé.

- Résultats :

  • Un nombre significativement plus élevé d’épisode d’asthme aigu grave fut observé le premier jour des règles.( N=11 soit 25 %), plutôt que les jours restants (n= 33 soit 75%), p= 0,22.
  • Les patientes se présentant pour des soins le premier jour des règles utilisaient plus de salbutamol inhalé comme médicaments de crise les 7 jours qui précédaient l’exacerbation de l’asthme.( 9(9,5) versus 1,8(3,7) mcg/jour ; p=0,03.

- Conclusion

  • La menstruation pourrait être un facteur contributif dans le déclenchement d’un asthme aigu grave chez des patients ayant un asthme instable.
  • Des recommandations spécifiques pourraient être inclues dans un programme d’éducation et le plan d’auto-surveillance des femmes asthmatiques en age de procréer devrait inclure l’enregistrement systématique des symptômes asthmatiques et de la fonction respiratoire en phase péri-menstruelle

Cette étude établit comme facteur favorisant d’un asthme aigu grave la menstruation, au premier jour des règles mais en réalité comme aboutissement d’une aggravation des symptômes en période prémenstruelle.

Certaines études évoquent une aggravation des symptômes d’asthme en période prémenstruelle ou une plus grande fréquence d’hospitalisation aux urgences. Sans en arriver jusqu’à l’asthme aigu grave, la répétition des symptômes et des aggravations en période pré ou péri menstruelle devrait être facile à détecter cliniquement et à confirmer par la surveillance habituelle de tout asthmatique, l’étude en parallèle des scores symptomatiques, consommation de béta 2 adrénergiques et mesure biquotidienne du DEP.

Rappelons que le near fatal asthma correspond à notre asthme aigu grave et qu’il caractérise

  • Soit une crise d’apparition suraiguë parfois en quelques minutes
  • soit des crises d’intensité croissante résistantes au traitement ( ce qui semble être le profil décrit dans l’étude ci-dessus)
  • Soit la succession de crises sur plusieurs jours avec trouble ventilatoire obstructif inter critique

Il existe des facteurs de risque d’asthme aiguë grave et de mortalité

Les facteurs de risque sont

  • les antécédents d’asthme aigu grave,
  • d’hospitalisation l’année précédant le décès,
  • de ventilation mécanique,
  • une mauvaise estimation de la gravité de la crise (degré d’obstruction, retard au diagnostic),
  • un traitement insuffisant (notamment la sous-utilisation des corticostéroïdes, l’inobservance du traitement de fond et une mauvaise éducation),
  • et enfin, les désordres psychosociaux (alcoolisme, dépression, troubles de la personnalité, utilisation de psychotropes et chômage récent).

L’ingestion de certaines substances (béta-bloquants, aspirine, Anti-inflammatoires non stéroïdiens, sulfites) chez les sujets sensibilisés détermine des crises particulièrement graves.

Certains auteurs insistent sur le rôle déclenchant d’un traumatisme affectif.