La gelée royale vous laisse-t-elle froid ?

mercredi 22 avril 2009 par Dr Hervé Couteaux3919 visites

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La gelée royale vous laisse-t-elle froid ?

La gelée royale vous laisse-t-elle froid ?

mercredi 22 avril 2009, par Dr Hervé Couteaux

L’allergie à la gelée royale est fort peu documentée. C’est dire l’intérêt de cette étude Malaisienne dont l’objectif était de caractériser les allergènes majeurs de ce produit. Une précédente étude provenait de Hong Kong… La consommation de gelée royale doit être plus fréquente en Asie...

Caractérisation des allergènes majeurs de la gelée royale d’Apis mellifera. : Rosmilah M, Shahnaz M, Patel G, Lock J, Rahman D, Masita A, Noormalin A.

Allergy and Immunology Research Centre, Institute for Medical Research, 50588 Jalan Pahang, Kuala Lumpur, Malaysia.

dans Trop Biomed. 2008 Dec ;25(3):243-51.

- Contexte :

  • La gelée royale est largement consommée dans la communauté et a bénéficié d’une image d’amélioration de la croissance chez les enfants, de l’état de santé général et de la longévité pour les personnes âgées.
  • Toutefois, la consommation de gelée royale a été associée à des dermatites de contact, des asthmes aigus, des anaphylaxies et des décès.
  • Des prévalences élevées de tests cutanés positifs à la gelée royale ont été signalés parmi les populations atopiques des pays ayant une forte consommation de gelée royale.

- Objectifs :

  • La présente étude vise à identifier les allergènes majeurs de la gelée royale.

- Méthodes :

  • La gelée royale a été soumise à une électrophorèse sur gel de polyacrylamide (SDS-PAGE) et à une électrophorèse bidimensionnelle (2D).
  • Des Immunoblots du SDS-PAGE et de la 2D ont été réalisés pour identifier les spots allergéniques. -*Ces spots ont ensuite été retirés de la 2D, digérés avec la trypsine et analysés par spectrométrie de masse.

- Résultats :

  • L’électrophorèse SDS-PAGE de l’extrait de gelée royale a révélé 18 bandes entre 10 à 167 kDa.
  • Un Western blot des protéines fractionnées a détecté 15 bandes se liant aux IgE de 14 à 127 kD avec 7 principaux allergènes de 32, 40, 42, 49, 55, 60 et 67 kD par utilisation de sérum de 53 sujets allergiques à la gelée royale.
  • L’électrophorèse 2D sur gel a fractionné les protéines de la gelée royale en plus de 50 différents spots de protéines.
  • Sur ces 50 spots, 30 ont démontré une affinité pour les IgE spécifiques des sérums testés.
  • 8 spots d’allergènes majeurs de la gelée royale ont été retenus pour l’analyse en spectrométrie de masse.
  • Des peptides digérés par trypsine ont été comparés à des séquences d’acides aminés par recherche dans des bases de données de protéines, ce qui a permis d’identifier les fragments de la gelée royale homologues des protéines majeures de gelée royale 1 (MRJ1) et 2 (MRJ2).

- Conclusion :

  • En conclusion, les principaux allergènes de la gelée royale sont MRJ1 et MRJ2 pour notre population de patients.

Les auteurs ont identifié deux allergènes de la gelée royale ayant un caractère majeur (pour la population étudiée) à savoir : MRJ1 et MRJ2.

Les familles de protéines de ces deux allergènes ainsi que leur poids moléculaire ne sont pas précisés mais figurent sans doute dans le texte intégral de l’étude.

La gelée royale est un produit sécrété par les glandes hypo pharyngiennes et par les glandes mandibulaires de l’abeille nourricière.

Ce produit semble comporter un pourcentage non négligeable de protéines (de 10 à 35% selon les sites marchands…), dont des acides aminés libres.

La gelée royale est l’aliment des larves d’ouvrières, des faux bourdons, de la larve de la reine puis de la reine adulte.

Une étude (Leung R, Ho A, Chan J, Choy D, Lai CK., parue dans Clin Exp Allergy. 1997 Mar ; 27(3) : 333-6) menée à Hong Kong chez 1432 employés d’un hôpital, a retrouvé que l’atopie était corrélée à l’allergie à la gelée royale.

Si des accidents allergiques à type d’asthme et d’anaphylaxie ont déjà été rapportés, notamment dans une étude australienne (Thien FC, Leung R, Baldo BA, Weiner JA, Plomley R, Czarny D. J Allergy Clin Immunol. 1997 Nov ;100(5):719-20.), les allergènes en cause n’ont pas encore été identifiés ni caractérisés.

Inféodées aux habitudes locales de consommation, les manifestations allergiques à la gelée royale ne sont pas extrêmement fréquentes et cela explique probablement le manque d’études sur le sujet : la porte est désormais entrouverte…

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