Prédire le devenir des allergiques au lait : y’a pas mieux que les allergologues !!

mardi 19 mars 2013 par Dr Stéphane Guez884 visites

Accueil du site > Allergènes > Alimentaires > Prédire le devenir des allergiques au lait : y’a pas mieux que les (...)

Prédire le devenir des allergiques au lait : y’a pas mieux que les allergologues !!

Prédire le devenir des allergiques au lait : y’a pas mieux que les allergologues !!

mardi 19 mars 2013, par Dr Stéphane Guez

Histoire naturelle de l’allergie au lait de vache dans une étude observationnelle de cohorte. : Robert A. Wood, Scott H. Sicherer, Brian P. Vickery, Stacie M. Jones, Andrew H. Liu, David M. Fleischer, Alice K. Henning, Lloyd Mayer, A. Wesley Burks, Alexander Grishin, Donald Stablein, Hugh A. Sampson

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - March 2013 (Vol. 131, Issue 3, Pages 805-812.e4, DOI : 10.1016/j.jaci.2012.10.060)

- Introduction :

  • Il y a peu d’études sur l’histoire naturelle de l’allergie au lait.
  • La plupart sont réalisées à un seul endroit et ne sont pas longitudinales, et elles n’ont pas identifié de marqueur prédictif précoce de l’évolution.

- Matériel et Méthode :

  • Des enfants de 3 à 15 mois ont été inclus dans une étude observationnelle avec :
    • soit des antécédents convaincants d’allergie à l’oeuf, au lait ou les 2 avec des tests cutanés positifs en prick (SPT) pour les aliments en cause
    • et/ou une dermatite atopique (DA) modérée ou sévère avec des prick-tests positifs au lait ou à l’œuf.
  • Les enfants inclus avec des antécédents cliniques d’allergie au lait ont été suivis longitudinalement, et la guérison a été prouvée par un test de provocation orale négatif.

- Résultats :

  • La cohorte consiste en 293 enfants, dont 244 avec une allergie au lait.
  • L’allergie au lait est résolue chez 154 (52.6%) à l’âge moyen de 63 mois avec un âge moyen au dernier suivi de 66 mois.
  • Les caractéristiques initiales qui sont les plus prédictives de la guérison sont :
    • le taux des IgE spécifiques au lait,
    • le diamètre moyen de la papule au prick-tests avec le lait,
    • la sévérité de la DA
  • (p < 0.001).
  • Le taux initial des IgG4, et le ratio IgE / IGG4 au lait ne sont pas prédictifs de la guérison, de même que les marqueurs suivants : protéine SH2 cytokine-induite, protéine FOX3, GATA3, IL10, IL4, IFN-g ou lymphocytes T-bet, cellules mononuclées stimulées par la caséine.
  • Un calcul pour estimer les probabilités de guérison en utilisant le taux initial d’IgEs au lait, la réponse cutanée par prick et la sévérité de la DA a été établi pour une utilisation en pratique clinique.

- Conclusion :

  • Dans cette cohorte d’enfants ayant une allergie au lait, environ la moitié a une guérison après 66 mois de suivi.
  • Les taux de base des IgEs au lait, le diamètre de la papule et la sévérité de la DA sont tous des marqueurs prédictifs importants de la probabilité ultérieure de guérison.

Les auteurs ont suivi une cohorte d’enfants ayant une allergie au lait pour en connaître le devenir et identifier des marqueurs prédictifs de la guérison.

Dans la moitié des cas les enfants sont guéris à 63 mois. Les marqueurs prédictifs sont le taux des IgEs, les tests cutanés et l’intensité de la dermatite atopique.

Ce travail confirme finalement des données connues à savoir que la moitié des patients sont guéris après quelques mois.

Les auteurs ont mis au point un score accessible sur internet : www.cofargroup.org qui permet en entrant le taux des IgEs, le diamètre de la papule au lit et le score de la dermatite atopique d’obtenir une courbe évolutive de l’allergie au lait sur les 66 mois.

Le test cutané dans cette équipe est réalisé au niveau du dos, avec mesure de la longueur et largeur de la papule et calcul de la moyenne et soustraction du diamètre de la papule obtenu avec le témoin négatif. Il faut une papule de 3 mm ou plus pour le témoin positif, et un prick n’est retenu comme positif que s’il est égal ou supérieur à 3 mm. Une courbe évolutive est proposée qui est imprimable.

En fait ce travail n’apporte pas grand chose de neuf, il montre surtout qu’aucun des marqueurs immunologiques pressentis n’est fiable sur le plan prédictif et que l’on ne peut pas sortir des paramètres de l’exploration allergologique classique : il va falloir s’y faire, les allergologues sont indispensables pour la prise en charge des maladies allergiques et aucun test de laboratoire ne peut remplacer leur expertise.