L’eczéma, c’est la peau qui pique, docteur ?

jeudi 17 septembre 2009 par Dr Hervé Couteaux2567 visites

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L’eczéma, c’est la peau qui pique, docteur ?

L’eczéma, c’est la peau qui pique, docteur ?

jeudi 17 septembre 2009, par Dr Hervé Couteaux

Pathologie chronique protéiforme, l’eczéma atopique, du fait de son retentissement parfois important, nécessite une prise en charge adaptée, dans laquelle les soins locaux restent primordiaux. Les autres éléments de la prise en charge ont souvent été discutés, parfois âprement… Une mise au point s’imposait !

ETFAD/EADV eczema task force 2009 “position paper” sur le diagnostic et le traitement de l’eczéma atopique. : Darsow U, Wollenberg A, Simon D, Taïeb A, Werfel T, Oranje A, Gelmetti C, Svensson A, Deleuran M, Calza AM, Giusti F, Lübbe J, Seidenari S, Ring J ; for the
European Task Force on Atopic Dermatitis/EADV Eczema Task Force.

Department of Dermatology and Allergy Biederstein, Technische Universität München, Munich, Germany.

dans J Eur Acad Dermatol Venereol. 2009 Aug 31

- Contexte :

  • Le diagnostic de dermatite atopique (DA) repose sur une évaluation de critères cliniques.
  • La prise en charge d’une DA doit tenir compte de la variabilité symptomatique de la maladie.

- Méthodes :

  • La « Task Force » eczéma EADV a développé ses recommandations pour le diagnostic de dermatite atopique et son traitement, en se basant sur l’examen de la littérature et des discussions répétées au sein du groupe.

- Résultats et Discussion :

  • Le traitement de base repose sur les topiques hydratants et l’éviction des facteurs de provocation spécifiques et non spécifiques.
  • Le traitement anti-inflammatoire basé sur les dermocorticoïdes et sur des antagonistes topiques de la calcineurine est utilisé pour la gestion des exacerbations et plus récemment pour le traitement proactif dans certains cas sélectionnés.
  • Les topiques corticostéroïdes demeurent la pierre angulaire du traitement, mais les topiques inhibiteurs de la calcineurine, tacrolimus et pimecrolimus sont parfois préférés.
  • Le traitement anti-inflammatoire systémique est une option pour les cas sévères réfractaires.
  • La colonisation microbienne et la surinfection peuvent induire des exacerbations de la maladie et peuvent justifier des traitements supplémentaires antimicrobiens/antiseptiques.
  • Les antihistaminiques systémiques (H1) peuvent soulager le prurit, mais n’ont pas un effet suffisant sur l’eczéma.
  • Les traitements adjuvants incluent l’irradiation UV de préférence par les longueurs d’onde UVA1 ou UVB 311 nm.
  • Les recommandations alimentaires doivent être spécifiques et ne sont de mise que dans les allergies alimentaires diagnostiquées.
  • L’immunothérapie spécifique aux aéroallergènes peut être utile dans certains cas.
  • Les exacerbations induites par le stress peuvent faire recommander un avis psychosomatique.
  • Les programmes éducatifs type « école de l’eczéma » ont fait preuves de leur utilité.

La variété des expressions cliniques de l’eczéma atopique tout autant que son caractère multifactoriel doivent être pris en compte dans une prise en charge bien conduite.

Les principaux aspects de cette prise en charge sont rappelés ici et constituent une mise au point salutaire dans un domaine où la cacophonie résultant de différents points de vue a parfois été un obstacle à un traitement bien conduit.

Sans commenter en détail l’ensemble des mesures rappelées ici, les allergologues noteront avec satisfaction la place reconnue de l’allergie alimentaire dans certains cas, ainsi que le rôle bénéfique que peut avoir une immunothérapie, toujours pour certains patients, bien évidemment.