AAAAI 2007 : San Diego - Congrès du Dr Henri Malandain.

mardi 27 février 2007 par Dr Henri Malandain4766 visites

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AAAAI 2007 : San Diego - Congrès du Dr Henri Malandain.

AAAAI 2007 : San Diego - Congrès du Dr Henri Malandain.

mardi 27 février 2007, par Dr Henri Malandain

Bien évidemment, notre spécialiste maison de l’allergologie moléculaire s’est penché sur les études de ce domaine. Au programme donc, un compte-rendu des multiples études sur les réactivités croisées et les molécules allergèniques : incontournable.

Identification d’une LTP dans un cas d’anaphylaxie à la grenade. :
San Miguel Moncin M, Lombardero M, Barber D, et al.

Un cas d’anaphylaxie après ingestion de grenade chez une femme de 31 ans présentant des tests cutanés positifs pour le platane et la pêche (Espagne).

Une forte réactivité pour la LTP de pêche (Pru p 3) et une bande à 13 kD en immunoblot pour la grenade orientent vers une réaction alimentaire due à une LTP dans la grenade.

Ce fruit vient donc s’ajouter à la longue liste des aliments renfermant des LTP allergisantes. La sévérité de la réaction pour les LTP est connue et liée à la grande stabilité de ces protéines à la chaleur et à la digestion. La présence d’une LTP allergisante dans la grenade avait déjà été notée par d’autres auteurs [Ann Allergy Asthma Immunol 2006 ;96 :122]

Allergie au latex : faible prevalence des IgE à Hev b 2 et Hev b 13 :
Palosuo T, Lehto M, Kotovuori A, et al .

Cette étude a comparé la prévalence de réactivité in vitro pour des allergènes purifiés du latex parmi 214 patients allergiques au latex et provenant de pays différents.

Si la prohévéine Hev b 6.01 est positive chez plus de 50% des sujets quel que soit le pays, des différences sont notées pour d’autres allergènes : positivité de 28%, 49% et 71% pour Hev b 5 ; de 15%, 5% et 11% pour Hev b 2 ; et 18%, 30% et 27% pour Hev b 13 en Finlande, Espagne et USA respectivement.

L’origine de ces différences n’est pas expliquée par les auteurs qui notent, cependant, que la prévalence de positivité pour Hev b 2 (une béta-glucanase) et Hev b 13 (une ENSP) est plus faible que dans d’autres études, ceci étant probablement du à la forte purification des allergènes utilisés dans l’étude présente.

Anaphylaxie au miel chez un patient sensibilisé aux pollens de composées :
Fuiano N, Riario-Sforza G, Incorvaia C, et al.

Les auteurs de cette observation rapportent un cas d’anaphylaxie due à l’ingestion de miel chez un Italien de 19 ans pollinique pour diverses Composées (armoise, ambroisie, pissenlit, solidage).

Les TC natifs sont positifs pour le miel ingéré provenant d’abeilles ayant butiné des Composées, mais négatifs pour des miels d’autres origines (acacia, châtaignier).

Cette étude est donc en faveur d’une réaction alimentaire due à des composants polliniques subsistant dans le miel plutôt qu’à des molécules ou fragments issus des abeilles elles-mêmes.

Analyse de la courbe Roc des niveaux d’IgE pour prédire la sensiblité aux allergens de chien chez les sujets asthmatiques :
Matito A, Blanco S, Gajate P, et al.

Les auteurs ont testé différents niveaux de réactivité sérique (CAP-System Phadia) pour prédire une allergie au chien.

Celle-ci a été vérifiée par un test de provocation bronchique, lequel a été positif chez 30 de 67 patients recrutés (asthmatiques, TC chien positif).

Dans cette cohorte d’origine espagnole, un CAP >= 10,7 kU/l montrait une spécificité à 100% (pas de faux positif) pour une sensibilité à 36%.

Le diagnostic in vitro d’une allergie au chien reste donc peu sensible. Pouvoir tester un des allergènes principaux (Can f 1 ou f 2) sous une forme purifiée ou recombinante permettrait probablement d’améliorer le diagnostic in vitro.

Caractères de reconnaissance des IgE d’allergènes homologues testés par nanotechnologie basée sur microarray :
Scala E, Zaffiro A, Quaratino D, et al.

1519 sujets italiens rapportant une histoire d’urticaire, rhinite, asthme ou dermatite atopique ont été étudiés avec le test multi-allergénique ISAC de la société VBC-Genomics (Vienne, Autriche).

Ce test comprenait ici 9 profilines différentes, 7 protéines Bet v 1-like (protéines de la famille PR-10) et 6 tropomyosines.

Chez les sujets positifs pour des profilines, Mer a 2, la profiline du pollen de mercuriale, était la plus fréquemment positive. Peu de différences entre les 9 profilines, mais celle de fléole (Phl p 12) était environ 2 fois moins souvent positive que celle du bouleau (Bet v 2).

Ce résultat montre qu’il faut tester de préférence la profiline la plus représentative de l’environnement du patient.

Les résultats pour les tropomyosines étaient eux aussi assez concordants entre eux. Le taux le plus élevé de positivité était trouvé pour Der p 10 (acarien D. pteronyssinus), soulignant là aussi que les résultats positifs pour les tropomyosines de crustacés ou de blattes étaient en grande partie secondaires à la sensibilisation pour les acariens de ces sujets (recrutés souvent sur la base d’une symptomatologie respiratoire).

Les protéines Bet v 1-like montraient, elles, un grande hétérogénéité de positivité : si Cor a 1 (noisetier) et Aln g 1 (aulne) étaient logiquement positifs chez 1/2-2/3 des sujets Bet v 1 positifs, et s’il en était de même pour Mal d 1 (pomme), peu de sujets réagissaient à Api g 1 (céleri) et encore moins à Dau c 1 (carotte).

Cette disparité s’explique par la présence d’isoformes multiples pour un même allergène dans cette famille de protéines PR-10 : certaines isoformes sont plus IgE-réactives que d’autres du fait de la présence d’épitopes conformationnels très dépendants de la présence de tel ou tel acide aminé ; de ce fait, l’échange d’un seul acide aminé au niveau d’un épitope peut jouer sur l’IgE-réactivité de l’allergène entier. Cette particularité vient s’ajouter à l’identité séquentielle plus faible entre Bet v 1 et Dau c 1 ou Api g 1 contrairement à Mal d 1, par exemple.

La réactivité croisée des pollens de la famille des composées : Dendranthema grandiflorum, Artemisia vulgaris and Taraxacum officinale :
Lee YW, Choi SY, Lee EK, et al.

Les résultats de cette étude coréenne sont transposables à notre environnement : la réactivité pour le pollen de pissenlit ou celui de chrysanthème est le plus souvent consécutive à une sensibilisation par le pollen d’armoise : les auteurs de cette étude montraient en effet que l’armoise inhibe les 2 autres Composées beaucoup mieux que l’inverse.

Transfert des allergènes de crevette à d’autres aliments par de l’huile cuisine ? :
Lehrer SB, Kim L, Rice T, et al.

Attention à l’huile pour faire les frites !

Cette étude in vitro avec le sérum de sujets allergiques aux crevettes montre que l’huile ayant servi pour frire des crevettes contient des allergènes de crevette et, ce, d’autant plus que cette huile a servi plusieurs fois pour les crustacés.

Réactivité croisée dans le syndrome oral avec le cédre :
Bonds RS, Tiwari R, Ning B, et al.

Les pollens de Cupressacées sont rarement évoqués comme étant à l’origine de réactions alimentaires, contrairement au bouleau ou à l’armoise.

Cette étude américaine tend à montrer une possible réactivité croisée entre le pollen de sabine (Juniperus ashei) et la tomate. Plus précisément entre l’allergène Jun a 1, qui est une pectate lyase, et une pectinestérase de la tomate. Cette réactivité croisée est inattendue de la part de protéines ayant une identité séquentielle faible.

Elle serait due, selon l’étude cristallographique réalisée par les auteurs, à une homologie spatiale entre ces 2 allergènes au niveau de zones épitopiques.

On voit que si une très forte identité séquentielle est un indice en faveur d’une réactivité croisée, cela n’est pas une condition incontournable. On sait, par exemple, que Bet v 1 (bouleau) et Mal d 1 (pomme) ont moins de 60% d’identité séquentielle et pourtant croisent très bien. Les études descendant jusqu’aux épitopes et basées sur la structure native des allergènes sont donc indispensables pour progresser dans la reconnaissance des épitopes croisants.

Exploration de la sécurité pour les patients allergiques des enzymes issues de la biotechnologie utilisées dans l’industrie alimentaire : Bindslev-Jensen C, Skov P, Roggen E, et al.

Ces auteurs ont voulu étudier la réactivité de sujets allergiques non sélectionnés (aliments, aéroallergènes, hyménoptères,..) vis à vis de 19 enzymes utilisées dans l’industrie alimentaire : des amylases, des protéases, xylanases, laccases, etc..

Ces enzymes provenaient notamment d’Aspergillus et de Bacillus.

Sur 400 sujets étudiés, seulement 13 ont montré un TC positif pour l’une de ces enzymes. Et aucun des sujets avec un TC positif n’a eu un challenge oral positif.

Les auteurs en concluent que ces enzymes peuvent être utilisées sans problème dans la fabrication d’aliments.

Il faut noter que cette étude s’est intéressée aux enzymes elles-mêmes mais pas aux modifications qu’elles provoquent dans les aliments. Le cas de la transglutaminase, par exemple, mériterait d’être évalué, cette enzyme créant de liaisons entre protéines qui n’existaient pas dans l’aliment au départ [Eur Ann Allergy Clin Immunol 2005 ;37 :397]

Identification d’une protéine MnSOD-like comme nouvel allergène majeur de la pistache. : Ayuso R, Grishina G, Ahn K, et al.

Un nouvel allergène dans la pistache !

Il s’agit d’une superoxyde dismutase à manganèse (MnSOD) de 23 kDa qui est trouvée positive in vitro chez 59% des 27 sujets allergiques à la pistache étudiés.

Cet allergène a 82% d’identité avec la MnSOD du latex (Hev b 10) et 41% avec celle d’Aspergillus fumigatus (Asp f 6).

Les auteurs évoquent une possible réactivité croisée pistache-latex mais n’ont pas effectué de tests d’inhibition vérifiant cette hypothèse.

Identification d’allergènes de la pistache (Pistacia vera) des familles des 11S globulines et 2S albumine : Ahn K

... Et 3 autres allergènes aussi dans la pistache : un 7 kDa de la famille des 2S-albumines et 2 isoformes de 11S-globulines.

Ces allergènes ont une relative homologie avec ceux de la noix de cajou, respectivement Ana o 3²(64% d’identité) et Ana o 2 (48% et 46% d’identité).

Ces résultats viennent confirmer ceux obtenus par l’équipe de Susanne Teuber [AAAAI 61st Annual Meeting, San Antonio, 18-22 March 2005, Poster n°374] et concordent avec la co-réactivité non rare entre pistache et noix de cajou observée en clinique.

Identification d’un nouvel allergène du sésame, Ses i 7, une globuline 11S globuline appurtenant aux proteins de stockage des graines : Beyer K, Grishina G, Bardina L, et al.

... Et un nouvel allergène encore, cette fois dans le sésame.

Il s’agit d’une protéine de stockage de type 11S (une « légumine »), appelée Ses i 7 par les auteurs.

Cet allergène est positif in vitro chez 38% des sujets allergiques au sésame et montre une identité de 36% avec une autre 11S du sésame, Ses i 6.

On le voit, le répertoire des allergènes est loin d’être clos et celui des graines notamment où les appellations actuelles, basées sur des critères peu immunologiques (sédimentation 2S, 7S, 11S, etc..) embrouillent encore la multiplicité des composants protéiques nécessaires à l’adaptabilité de la plantule aux conditions environnantes.

Est-ce que les enfants allergiques à l’oeuf peuvent reconnaître les protéines d’œuf du lait maternel ? :
Cerecedo L, Alonzi C, Wang J, et al.

Dans cette étude la présence d’ovalbumine dans le lait maternel 30 minutes après ingestion d’oeufs brouillés a été retrouvée chez 1 parmi les 3 femmes étudiées.

Cependant, aucun des sérums de 8 enfants allergiques à l’oeuf ne reconnaissait la présence d’ovalbumine dans immunoblot de ce lait.

Les auteurs estiment donc qu’il n’est pas nécessaire d’exclure l’oeuf chez les femmes allaitant un enfant allergique à l’oeuf.

Dans le travail de l’équipe de Warner [Clin Exp Allergy 2005 ;35 :1318], 1/3 des femmes présentaient des taux détectables d’ovalbumine dans leur lait ; ces auteurs étaient plus prudents quant à la non exclusion de l’oeuf chez les femmes allaitant un enfant allergique à l’oeuf.

Trouve-t-on des acariens sur les murs avec des moisissures ? :
Gernez Y, Parola P, Palot A, et al.

Cette étude marseillaise a voulu rechercher la présence d’acariens sur les murs d’habitations (n=50) présentant des taches de moisissures (> 50 cm2) :

  • des acariens domestiques ont été détectés dans 54% des prélèvements effectués au niveau des taches contre 6% à distance de ces taches (> 20 cm).
  • Les auteurs en concluent que les mesures d’éviction des acariens devraient inclure aussi les surfaces touchées par des moisissures dont la relative humidité favorise la présence d’acariens.

Sensibilisation à Cor a 8, une protéine de transfert lipidique, chez des enfants avec des réactions objectives à la noisette et résidant dans un pays où croissent les bouleaux. :
Flinterman AE, Akkerdaas JH, den Hartog Jager CF, et al.

Il est d’usage de relier l’allergie à la noisette à une sensibilisation au bouleau par le biais de protéines homologues PR-10 (Bet v 1 pour le bouleau et Cor a 1.04 pour la noisette).

En zone méditerranéenne l’allergie à la noisette est, de même, décrite classiquement en relation avec une sensibilisation par des LTP (Pru p 3 pour la pêche et Cor a 8 pour la noisette).

Cette très intéressante étude néerlandaise vient un peu bouleverser une telle dichotomie.

Les auteurs sont partis d’une cohorte d’enfants (n= 219) présentant une réactivité pour la noisette et ont testé en RAST nCor a 1, nCor a 8 et nBet v 1.

Pour ces enfants habitant dans une région où croissent des bouleaux, nBet v 1 était positif chez 55% d’entre eux, nCor a 1 chez 63% et, de façon inattendue, nCor a 8 était positif chez 31%.

Quand ces résultats étaient corrélés avec l’âge des enfants, la prévalence d’une réactivité pour nCor a 1 s’élevait avec l’âge parallèlement à celle pour nBet v 1. Mais cette tendance, liée à l’apparition progressive de la pollinose chez ces enfants, n’était pas retrouvée pour nCor a 8, montrant bien que la sensibilisation pour les LTP s’était établie de façon autonome par rapport à la pollinose.

Un challenge oral en double aveugle a été réalisé pour 26 de ces enfants. La positivité in vitro était la suivante :

TPODA nombre d’enfants nBet v 1 nCor a 1 nCor a 8 rPru p 3
négatif 14 11 11 0 1
syndrome oral 4 3 3 1 0
symptômes objectifs 8 5 8 8 2

Ces résultats montrent qu’une réactivité pour Cor a 1 sans réactivité pour Cor a 8 résulte d’une sensibilisation par Bet v 1 et reste sans traduction clinique ou limitée à un syndrome oral.

Par contre la sensibilisation des enfants qui présentaient des symptômes objectifs au cours du TPO est nettement liée à la LTP Cor a 8.

Elle est directe, ni induite par la pollinose au bouleau (seulement 5 Bet V 1 positifs), ni induite par la pêche comme dans les pays méditerranéens (seulement 2 rPru p 3 positifs).

Cette étude souligne donc l’intérêt des tests basés sur des protéines pures/recombinantes, lesquels sont plus aptes à différencier les réponses cliniques et donc la prise en charge des patients.

Dans le cas présent, un test pour Pru p 3 n’aurait pas été suffisant pour avaliser une réactivité à la LTP de noisette et l’on voit tout l’intérêt des futures « puces à allergènes » où des dizaines d’allergènes purs et/ou recombinants seront testés simultanément, permettant donc de tester plusieurs LTP, par exemple.

Prédiction de l’allergie au blé chez l’enfant avec les IgE spécifiques pour l’omega-5 gliadine :
Ito K, takaoka Y, Futamura M, et al.

Les auteurs de cette étude japonaise ont cherché à savoir si le diagnostic d’allergie à la farine de blé pouvait être amélioré par la mesure de la réactivité sérique vis à vis d’un des composants du gluten, l’omega-5 gliadine.

Ils ont comparé les résultats en CAP d’un groupe contrôle (44 enfants sans allergie mais avec un CAP blé > 3,5 kU/l) à 44 enfants présentant une allergie au blé prouvée (TPO ou histoire convaincante).

Le CAP omega-5 gliadine a été positif chez 27% des contrôles contre 84% des enfants allergiques.

Mieux, un résultat > 5 kU/l différenciait complètement les allergiques des non allergiques.

Les auteurs en concluaient que la mesure de la réactivité pour l’omega-5 gliadine est utile non seulement dans le cas d’une anaphylaxie au blé associée à l’effort mais aussi dans le cadre de l’allergie immédiate au blé chez l’enfant.

Étude de l’allergènicité du thon cru et du thon en boîte :
Kondo Y, Nakajima Y, Komatsubara R, et al.

L’innocuité du thon en boîte chez les patients allergiques aux poissons est souvent avancée. Mais des cas d’allergie au thon en boîte sont connus et un nouveau cas est décrit ici par ces auteurs japonais.

Sur 3 sujets ayant une allergie au thon cru, 2 supportaient le thon en boîte mais le 3ème avait présenté une réaction anaphylactique à ce produit.

En ELISA un extrait de thon en boîte inhibait bien la réponse pour ce patient, lequel avait une bande 60 kDa en immunoblot, bande non retrouvée dans le cas des sujets non allergiques au thon en boîte.

Ces allergènes de 60 kDa sont donc très résistants au chauffage (100°C pendant 3h puis 115°C pendant 70 min).

Les auteurs évoquent l’utilité de pratiquer un immunoblot avant de décider des mesures d’éviction pour le thon.

Ara h 2.02 se lie plus fortement aux IgE anti-arachide que Ara h 2.01 :
El Meyazen R, Pons L, Burks AW, et al.

Et

La plus grande part de l’activité biologique de l’extrait d’arachide se concentre dans Ara h 2 plutôt que Ara h 1 ou Ara h 3
Porterfield HS, Duncan MW, Hansen KC, et al.

Ces 2 posters montrent que tous les allergènes n’ont pas le même pouvoir allergisant : pour l’arachide, Ara h 2 (une 2S albumine), et plus encore son isoforme Ara h 2.02, sont particulièrement importants pour la réactivité au niveau cellulaire, plus que Ara h 1 et Ara h 3.

Il serait donc utile de maîtriser la présence d’Ara h 2 dans les extraits pour tests cutanés ou in vitro et, là encore, un test basé sur un Ara h 2 pur, non glycosylé, contribuerait à améliorer le diagnostic in vitro pour l’arachide dont on sait la fréquence de l’interférence des IgE anti-CCD sur les tests partant d’extraits complets d’arachide (F13).

Une étude de l’interchangeabilité des allergènes alimentaires croisants pour les tests d’IgE spécifiques :
Lidholm J, Marknell DeWitt A, Mattsson L, et al.

Cette étude de corrélation, purement sérologique, a été effectuée par Phadia Suède à partir de 516 sérums (Suède, Allemagne, Autriche, Espagne).

12 allergènes PR-10 (Bet v 1-like), 8 profilines et 5 LTP ont été testés sous forme de recombinants avec la technique CAP-System.

Les résultats de cette étude rejoignent ceux de Scala et coll. (poster n°413 discuté hier). Les différentes profilines sont bien corrélées entre elles, les résultats pour rPhl p 12 (pollen de fléole) étant souvent inférieurs à ceux obtenus avec rBet v 2 (bouleau).

Concernant les PR-10, on note des résultats pour rBet v 1 (bouleau) pratiquement toujours supérieurs à ceux des PR-10 homologues dans les aliments, avec rBet v 1 > rCor a 1 (noisette) > rMal d 1 (pomme), rPyr c 1 (poire) ou rPru p 1 (pêche) >> rDau c 1 (carotte) ou rApi g 1 (céleri).

Les PR-10 de soja (rGly m 4) et d’arachide (rAra h 8) sont assez bien corrélées entre elles et montrent une réactivité intermédiaire entre celle des Rosacées et celle des Apiacées.

Pour les LTP les résultats de rPru av 3 (cerise), rMal d 3 (pomme) et rPyr c 3 (poire) suivent bien ceux de l’allergène a priori sensibilisant, c’est-à-dire rPru p 3 (pêche). Par contre rCor a 8 (noisette) est beaucoup moins bien corrélé à ces LTP de Rosacées. Cela rejoint l’observation de Flinterman et coll. (Poster n° 750) décrite plus haut.

Au total, l’utilisation de rBet v 2 en CAP semble appropriée pour apprécier une poly-réactivité alimentaire due à des profilines dans un environnement pollinique riche en bouleaux. La démonstration d’une réactivité PR-10 pour la carotte et pour le céleri ou d’une réactivité LTP pour la noisette nécessiteraient par contre d’avoir à disposition des tests ciblés sur les allergènes concernés (Dau c 1, Api g 1, Cor a 8).

Un angioedème du à une hypersensibilité pour les myrtilles :
Wolbert MP, Baldwin J.

Les airelles, myrtilles et autres canneberges sont des fruits de diverses espèces de Vaccinium (Ericacées). Les Américains incorporent souvent ces « blueberries » dans des gâteaux, des salades de fruits, des confitures, etc..

C’est donc sur une note typiquement US que se termine cette revue de posters présentés à l’AAAAI 2007 de San Diego.

Les auteurs de ce poster rapportent un cas d’allergie aux myrtilles chez un homme de 46 ans sans antécédents allergiques.

Le diagnostic d’allergie a été retenu, malgré un TC natif négatif, du fait de la répétition des réactions allergiques (angiœdème buccal) et d’un CAP myrtille positif.

Il est possible que le TC natif effectué par les auteurs n’ait pas collecté une quantité suffisante de LTP, laquelle est souvent concentrée dans la peau des fruits.

En effet, bien que les cas publiés d’allergie aux myrtilles soient rares, il a été montré que ces fruits contenaient des LTP IgE-réactives [1,2], allergènes pouvant aisément expliquer la relative gravité des réactions du patient décrit ici.

1- Marzban G, Mansfeld A, Hemmer W, et al. Fruit cross-reactive allergens : a theme of uprising interest for consumers’ health. Biofactors 2005 ;23 :235-241
2- Egger C, Oberhuber C, Reider N, et al. Anaphylaxis to blueberry (Vaccinium myrtillus) - identification of a new lipid transfer protein. EAACI 25th Congress, Vienna, 10-14 June, 2006, Poster n°1671