Congrès de l’AAAI 2011 par Hervé Masson

dimanche 27 mars 2011 par Dr Hervé Masson1186 visites

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Congrès de l’AAAI 2011 par Hervé Masson

Congrès de l’AAAI 2011 par Hervé Masson

dimanche 27 mars 2011, par Dr Hervé Masson

L’équipe médiatique de H. Sampson (A. H. Nowak-Wegrzyn, S. A. Leonard, R. Bencharitiwong, S. Noone, H. Lemon-Mule, H. A. Sampson ;
Mount Sinai School of Medicine, New York, NY.
présente un poster sur le suivi d’enfants sous régime d’éviction avec introduction d’œuf cuit.

Les auteurs avaient précédemment montré que 70 % des enfants allergiques à l’œuf supportaient les aliments contenant de l’œuf très cuit. Ils ont présenté dans ce poster les résultats de leur suivi, en particulier concernant leur tolérance à l’œuf cru.

Ils ont progressivement élargi le régime de 86 enfants allergiques à l’œuf depuis des aliments contenant de l’œuf très cuit jusqu’à l’œuf cru.
Régulièrement, ils tentaient une réintroduction de l’œuf cru.

Dans la population des enfants tolérant l’œuf très cuit, 64 % deviendront tolérants à l’œuf cru, 14 % supportaient l’œuf cuit mais 22 % ne toléraient toujours que l’œuf très cuit.

Chez les 23 enfants réagissant même à l’œuf très cuit initialement, 61 % (14) devenaient tolérants à l’œuf très cuit dans un délai de 25 mois. Parmi eux, 5 devenaient finalement tolérants même à l’œuf cru.

La tolérance initiale à l’œuf cuit est donc un bon pronostic d’acquisition de tolérance à l’œuf cru dans un délai moyen de 18 mois après l’introduction de l’œuf très cuit dans l’alimentation.

Le même service hospitalier a étudié la tolérance au lait chauffé à ultra haute température (LUHT) chez les enfants allergiques au lait de vache.

D’après les auteurs, 75 % des enfants allergiques au lait de vache, tolèrent le lait cuit. Dans ce poster, ils ont cherché à voir s’il existait une relation entre la tolérance initiale au lait cuit et l’apparition de la tolérance au lait cru.

Sur les 94 enfants allergiques au lait de vache de l’étude, 70 toléraient initialement le lait cuit.

Comme dans le poster précédent, il semble que le fait de tolérer le lait cuit soit un facteur de bon pronostic puisque 30 % finissent par pouvoir manger du lait cru.

Par contre, ceux qui ne toléraient même pas le lait sous toutes ses formes, seuls 13 % d’entre eux devenaient tolérants.

Le fait de garder dans le régime de petites quantités de lait de vache semble contribuer à accélérer la guérison.

Dans les publications européennes sur le sujet, l’utilisation du diagnostic par les composants allergéniques semble permettre une meilleure adaptation du régime alimentaire, pour l’instant surtout dans le cas de l’allergie à l’œuf.




Diagnostic et traitement de la conjonctivite allergique

Classification et épidémiologie par Sergio Bonini, Naples,

- Conjonctivite allergique saisonnière : CAS
- Conjonctivite allergique perannuelle : CAP
- Kérato-conjonctivite vernale : KCV
- Kérato-conjonctivite atopique : KCA
- Conjonctivte giganto-papillaire : CGP

MaladiePrévalenceSévéritéCausesSignes/symptômes
CAS/CAP pathologie allergique conjonctivale la plus fréquente faible à modéré prurit, rougeur, larmoiements, chemosis, écoulement
KCV Rare – Age 3 à 20 ans sévère Prédisposition génétique ? Associé avec l’atopie dans 50 % des cas Prurit sévère – nodule de Trantas – kératite – ulcéres
KCA Rare – de 20 à 50 ans sévère avec atteinte vision prédisposition génétique – associée avec la dermatite atopique – allergènes environnementaux : aériens et alimentaires prurit – brulure – larmoiement – photophobie – rougeur chronique – blépharite – eczéma périoculaire – sécrétions muqueuses – kératite – ulcère de cornée – cataracte
CGP iatrogènique – de 20 à 50 ans modéré traumatisme par le bord des lentilles – prothèses oculaires – sutures irritantes – aggravée par l’allergie intolérance aux lentilles – altération de la vision – sensation de corps étranger – finesse anormale de la conjonctive – papilles gigantesques
eczéma des paupières / blépharite inconnu modéré hypersensibilité de contact retardée – haptènes exogènes (cosmétiques, métaux, produits chimiques) – médicaments topiques eczéma de la paupière – prurit palpébral – rougeur oculaire – kératite punctiforme

La conjonctivite allergique est la cause la plus fréquente d’œil rouge qui touche plus d’un million de personnes dans le monde.

Il y a plusieurs formes cliniques de conjonctivite allergique :
- conjonctivite saisonnière ou intermittente,
- persistante ou perannuelle,
- Kératoconjonctivite vernale,
- conjonctivite atopique,
- conjonctivite induite par les lentilles de contact.

Bien que certains symptômes soient identiques dans toutes les formes :

  • prurit : caractéristique de la conjonctivite allergique, permet de la distinguer des autres causes d’œil rouge
  • rougeur bilatérale
  • larmoiement,
  • photophobie

Il existe par contre des différences :

  • physiopathologie
  • présentation clinique
  • sévérité
  • prise en charge

Les conjonctivites saisonnières et perannuelles sont fréquemment associées à une rhinite, perturbent la qualité de vie des patients mais sont des maladies modérées aisément contrôlées par des traitements antiallergiques.

Conjonctivite vernale et kératoconjonctivite atopique sont rares mais sévères. L’atteinte de la cornée est difficile à traiter et peut parfois entraîner une altération de la vision.

La conjonctivite vernale :
- souvent isolée ou plus fréquemment associée à l’asthme,
- plus souvent chez les garçons jeunes avant la puberté
- dans les régions d’intense luminosité
- hyperexpression des TLR4

La kératoconjonctivite atopique
- typiquement associée avec l’eczéma atopique

La conjonctivite giganto-papillaire :
- Aspect caractéristique : en principe, le diagnostic est facile à l’examen.

Un groupe de travail a mis en place la classification GLORIA :
- comme pour ARIA, on classe les conjonctivites en intermittentes/persistantes et légère/modérée sévère.
- l’orateur n’est pas convaincu de l’intérêt de cette classification qui, selon lui, ne permet pas de différencier les différentes formes cliniques.

Pathogénèse et diagnostic. par Andréa Leonardi

SAC ET PAC jamais de pathologie de cornée, alros qu’atopique et vernal : cornée peut être atteinte.
Pathogénie :
- les facteurs génétiques et environnementaux influencent l’hypersensitivité médiée par les IgE.
- les réactions IgE- mastocytes sont le mécanisme de base de l’allergie oculaire
- rôle central des cellules Th2 dans la réponse allergique
- cellules Th2, cytokines de type Th2, éosinophiles et de multiples médiateurs sont impliqués la conjonctivite allergique.

Diagnostic :
- une histoire clinique appropriée est essentielle,
- s’il n’y a pas de prurit, il ne s’agit pas d’allergie,
- le diagnostic de la conjonctivite saisonnière est habituellement clinique,
- les conjonctivites vernales et atopiques ont des caractéristiques cliniques et des signes typiques
- les formes allergiques nécessitent des tests de laboratoire pour le diagnostic,
- si les paupières sont touchées, penser à l’allergie de contact
- penser à la conjonctivite médicamenteuse
- la pollution urbaine peut être une cause d’allergie oculaire

Diagnostic différentiel :
- dysfonction du film lacrymal
- infections subaiguës ou chroniques,
- conjonctivites mécaniques ou toxiques

Dans les formes chroniques :
- syndrome de l’œil sec

  • 5 à34 % de la population
  • Soit déficit de sécrétion soit œil sec par évaporation
  • Facteurs déclenchants :
    • travail sur écran
    • climatisation
    • certains aliments et alcools
  • atteinte chez le patient plus agé
  • plus sensation de brulure
  • pas maladie à éosinophile mais des cellules épithéliales anormales

- blépharite : habituellement non allergique
- défaut visuel non corrigé
- chlamydiae
- médicaments
- conjonctivite virale
- intolérance aux lentilles de contact
- hyperreactivité non spécifique
- hyperuricémie,
- conjonctivite toxique,
- conjonctivite mécanique

Moyens diagnostiques :
- examen clinique et oculaire
- tests cutanés
- IgE spécifiques
- éosinophilie sanguine
- si tous ces tests sont négatifs, réaliser les tests locaux : cytologie, provocation conjonctivale, IgE lacrymales

Penser que :
- les tests cytologiques ne sont contributifs que dans la phase active de la maladie
- la provocation allergénique conjonctivale démontre l’hypersensibilité locale
- un volume de larme bas limite l’utilité de ces mesures diagnostiques
- la mesure du taux d’IgE spécifiques dans les larmes n’est pas réalisable
- la mesure du taux d’IgE totales dans les larmes est facile : sensibilité 92% et spécificité 100 %

Conclusions
- les formes mixtes sont plus fréquentes que l’allergie pure
- on peut avoir une conjonctivite allergique même si tests cutanés et IgE négatifs
- douleur, photophobie altération de la vision et inefficacité antihistaminiques : envoi ophtalmo