La super tomate non allergénique ? On la cherche, on la cherche !

jeudi 24 novembre 2011 par Dr Hervé Couteaux288 visites

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La super tomate non allergénique ? On la cherche, on la cherche !

La super tomate non allergénique ? On la cherche, on la cherche !

jeudi 24 novembre 2011, par Dr Hervé Couteaux

Activité allergénique de différents cultivars de tomate chez des sujets allergiques aux tomates : S. Dölle1, K. Lehmann2, D. Schwarz3, W. Weckwert4, C. Scheler2, E. George3, P. Franken3, M. Worm1,*

dans Clinical & Experimental Allergy
Volume 41, Issue 11, pages 1643–1652, November 2011

- Contexte :

  • Les tomates (Solanum lycopersicum) sont consommées dans le monde entier et la fréquence de leur consommation est corrélée à la prévalence de l’allergie à la tomate.
  • Par conséquent, l’identification des cultivars de tomate qui auraient une allergénicité réduite pourrait augmenter la qualité de vie des sujets atteints.

- Objectifs :

  • Dans cette étude, nous avons examiné l’activité allergénique et biologique de deux différentes variétés de tomates chez des sujets allergiques aux tomates.

- Méthodes :

  • Vingt-cinq sujets allergiques à la tomate ont été identifiés par test de provocation en double-aveugle contrôlée par placebo (DBPCFC).
  • Nous avons utilisé des tests cutanés (SPT) et d’autres DBPCFC pour enquêter sur les différences cliniques que pouvaient entraîner les deux cultivars de tomates ("Reisetomate » et « Matina »).
  • Afin d’examiner les bases moléculaires de l’activité allergénique, immunoblot et test d’activation des basophiles (BAT) ont été réalisés.

- Résultats :

  • Le cultivar « Reisetomate » induit des réactions cutanées nettement moins positives (P = 0,045) et a suscité moins de symptômes au test de provocation orale par rapport à "Matina" (P = 0,047).
  • L’évaluation moléculaire a révélé que les profils de liaisons aux IgE ont été variables sur une base interindividuelle, mais sans grandes différences détectables entre « Reisetomate" et "Matina".
  • En revanche, le BAT a étayé les différences cliniques évoqués par les différents cultivars de tomate et a montré un décalage à gauche de la courbe dose-réponse obtenues pour ’Matina’ extrait (P = 0,046).

- Conclusion et pertinence clinique :

  • Les cultivars de tomates entrainent une réactivité clinique distincte chez les sujets allergiques aux tomates, ce qui a été démontré par l’utilisation de SPT, DBPCFC et BAT.
  • L’origine moléculaire de ces différences n’a pas pu être clarifiée car les profils de liaisons aux IgE n’ont pas révélé d’importantes modifications.
  • Ceci pourrait être dû à des instabilités physico-chimiques des protéines sensibles et / ou à des expressions d’isoformes des allergènes différents.

Pour 25 sujets allergiques à la tomate, le cultivar de tomate « Reisetomate » a entraîné significativement moins de symptomes lors de tests de provocation que l’autre cultivar étudié, « Matina ».

Ces différences sont-elles dues à des allergènes différents ? Immunoblot et test d’activation des basophiles n’ont pas permis de répondre par l’affirmative.

Les auteurs émettent l’hypothèse que les différences cliniques constatées pourraient être liées à des instabilités physico-chimiques des protéines concernées ou à des différences dans les isoformes exprimés par l’un et l’autre cultivar.

Effectivement, l’hypothèse de départ qui est qu’il existerait un ou plusieurs cultivars hypoallergénique est peut-être sinon infondée du moins peu pertinente : il est possible qu’il y ait d’avantage de différence entre deux tomates d’un même cultivar selon la maturité, les modes de stockages et, d’une manière générale, selon tout ce qui peut faire varier le contenu en allergène…

Pour comparer deux cultivars différents, il faudrait au préalable s’assurer que les tomates comparées sont identiques en regard de ces paramètres ; malheureusement, notre connaissance de ces facteurs n’est pas encore suffisante…