Même le Général l’aurait dit : allergologues, collaborez avec les biologistes, et résistez par tous les moyens à l’Allergie !!

vendredi 27 juin 2003 par Dr Stéphane Guez2152 visites

Accueil du site > Maladies > Diagnostic > Même le Général l’aurait dit : allergologues, collaborez avec les biologistes, (...)

Même le Général l’aurait dit : allergologues, collaborez avec les biologistes, et résistez par tous les moyens à l’Allergie !!

Même le Général l’aurait dit : allergologues, collaborez avec les biologistes, et résistez par tous les moyens à l’Allergie !!

vendredi 27 juin 2003, par Dr Stéphane Guez

La biologie est-elle concurrente du clinicien allergologue, ou au contraire une aide précieuse dans le diagnostic et le suivi de l’allergie alimentaire ? Les tests biologiques à la disposition du clinicien sont-ils nombreux et peut-il les interpréter seuls ?

Les tests biologiques dans le diagnostic de l’allergie alimentaire : avantages, inconvénients et perspectives futures. : Moneret-Vautrin DA, Kanny G, Fremont S. Department of Internal Medicine, Clinical Immunology and Allergology, University Hospital, Avenue de Lattre de Tassigny-54035, Nancy. dans Allerg Immunol (Paris). 2003 Apr ;35(4):113-9.

De nombreux tests biologiques aident au diagnostic de sensibilisation alimentaire :

  • détection des IgE spécifiques par les techniques du RAST,
  • tests multi allergéniques,
  • immunoélectrophorèse,
  • étude de l’activation des basophiles (Basotest, FAST),
  • dosage de la libération des leucotriènes LTC4 (CAST),
  • mesure du taux d’histamine plasmatique,
  • dosage de la tryptase sérique,
  • du taux sanguin d’ECP,
  • du dosage urinaire d’EDN,
  • tests d’étude de la perméabilité intestinale au mannitol lactulose,
  • mesure des IgE spécifiques fécales,
  • dosage des IgG4 spécifiques par RAST.

Les tests primaires de détection des anticorps alimentaires par méthodes de dosage multi allergéniques sont justifiés en raison de l’insuffisance fréquente des données cliniques pour dépister une allergie alimentaire. Mais les faux positifs sont fréquents chez les patients sensibilisés aux pollens ou aux latex, en raison d’une réactivité croisée in vitro. En effet, de multiples réactions croisées expliquent des RAST positifs vis-à-vis d’aliments d’origine végétale chez ces patients.

Les tests biologiques ne doivent pas être utilisés en première intention pour le diagnostic.

La sensibilisation in vivo est évaluée par des prick-tests positifs, qui démontrent d’une part l’ambivalence des allergènes, et d’autre part l’affinité spécifique des IgE, 2 conditions nécessaires pour assurer la liaison en pont de l’allergène sur les IgE spécifiques fixés à la membrane, ce qui va conduire à la libération des médiateurs.

Les prick-tests sont beaucoup plus spécifiques des symptômes cliniques que des tests in vitro.

Cependant, le diagnostic de certitude d’allergie alimentaire est basé sur des tests de provocation par voie orale.

Sauf si les RAST spécifiques sont supérieurs à certaines valeurs, différentes selon les allergènes :

  • pour les œufs (>6 kUI/L),
  • l’arachide (>15),
  • le poisson (>20),
  • le lait (>32).

Alors, les RAST ont une valeur prédictive positive supérieure à 95%, rendant inutile le test de provocation par voie orale.

La technique de l’inhibition du RAST est utile essentiellement pour identifier les allergènes masqués contenus dans certains aliments.

Les développements de la recherche auront des implications sur la mise au point de nouveaux moyens diagnostics :

  • mélange d’allergènes renforçant un extrait alimentaire en associant des allergènes majeurs,
  • combinaison de plusieurs allergènes recombinants
  • ou tests avec des épitopes synthétiques afin d’augmenter la valeur prédictive des tests.

Les tests biologiques ont une place dans le diagnostic de l’allergie alimentaire et le suivi du taux des IgE spécifiques est un moyen de déterminer la persistance ou la guérison d’une allergie alimentaire.

Actuellement l’interprétation d’un résultat biologique positif impliquant les IgE spécifiques est au croisement de l’expertise de l’allergologue et du biologiste.


Dans cet article, les auteurs font le point sur toutes les techniques biologiques disponibles pour le diagnostic et le suivi de l’allergie alimentaire, et décrivent les évolutions possibles de ces techniques dans les prochaines années. Ces progrès devraient permettre d’améliorer le diagnostic positif qui reste difficile.

De nombreux tests biologiques sont à la disposition des allergologues. Il faut cependant préciser que, dans les tests cités par les auteurs, plusieurs sont uniquement du domaine hospitalier et pour beaucoup du domaine de la recherche et ces tests sont donc non disponibles en utilisation courante.

Depuis quelques années, les allergologues et les biologistes ont cherché à évaluer l’apport respectif de leurs techniques mises en commun pour aider le patient, plutôt que de chercher une technique clinique ou biologique qui supplanterait l’autre et permettrait à elle seul de faire le diagnostic d’allergie alimentaire.

La concurrence, irréaliste en ce domaine, a laissé la place à une collaboration constructive dont on apprécie actuellement les résultats positifs.

Ainsi, des études en collaboration (cliniciens et biologistes) ont permis de corréler des taux seuils de RAST à différents aliments avec des tests positifs de provocation alimentaire, permettant d’affirmer avec une valeur prédictive de plus de 95% qu’il s’agit bien d’une allergie alimentaire.

Cela permet de ne pas imposer la réalisation de tests de provocation alimentaire à toutes les allergies alimentaires, et à ne les réserver que pour les cas douteux.

Cela permet un gain de temps appréciable, aussi bien pour le patient que pour le médecin, et d’autre part cela évite de faire un test sur un terrain de provocation sur un terrain très allergique avec un risque de réaction anaphylactique toujours possible.

Il est évident que dans les prochaines années la biologie va encore aider à mieux affirmer le diagnostic positif d’allergie alimentaire, en particulier par des tests dynamiques. Le problème reste celui des réactions croisées.

Nul doute que l’allergologie et l’immunologie appliquée à la biologie vont restés liés pour longtemps : mariage de raison, et mariage d’amour…