3 ans de petites contraintes pour 12 ans de bonheur, c’est ça vivre avec une DS !

mercredi 8 février 2006 par Dr Stéphane Guez1095 visites

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3 ans de petites contraintes pour 12 ans de bonheur, c’est ça vivre avec une DS !

3 ans de petites contraintes pour 12 ans de bonheur, c’est ça vivre avec une DS !

mercredi 8 février 2006, par Dr Stéphane Guez

La désensibilisation (DS) est réputée efficace pendant son entretien mais il y a toujours un doute concernant son efficacité à long terme après la fin du traitement. Ce travail prospectif a étudié le devenir 12 ans après l’arrêt. Le patient est-il toujours protégé de la pollinose ? A-t-il moins de sensibilisation ?

12 ans de suivi après arrêt d’une désensibilisation présaisonnière aux pollens chez des enfants. : P. A. Eng1, M. Borer-Reinhold1, I. A. F. M. Heijnen2, H. P. E. Gnehm1

1Department of Pediatrics, Kantonsspital Aarau, Aarau ; 2Centre of Laboratory Medicine, Kantonsspital Aarau, Aarau, Switzerland

dans Allergy 61 (2), 198-201

- Introduction :

  • Dans une étude contrôlée précédente, les auteurs ont démontré qu’une désensibilisation présaisonnière pendant 3 ans chez des enfants, avec des pollens de graminées, est efficace.
  • De plus, un effet bénéfique a pu être encore observé 6 ans après l’arrêt de l’immunothérapie spécifique.
  • Dans ce travail, les auteurs ont étudié le même groupe de patients pour savoir si le bénéfice positif de cette désensibilisation s’observe encore 12 ans après l’arrêt de la désensibilisation.

- Méthodologie :

  • 22 patients ayant eu soit une désensibilisation (de 1989 à 1991) soit un traitement symptomatique saisonnier, ont été étudiés d’une façon prospective pendant la saison pollinique en 2003.
  • Les critères principaux retenus sont : le score symptomatique, les médicaments de secours, et les scores combinés clinques et thérapeutiques.
  • De plus, la réactivité des prick-tests a été étudiée ainsi que l’apparition éventuelle de nouvelles sensibilisations, ainsi que la prévalence d’un asthme pollinique associé.

- Résultats :

  • Le score symptomatique total de rhumes des foins (p<0.03), le recours au traitement symptomatique (p<0.05) et le score combiné (p<0.03), restent bas chez les patients ayant eu une désensibilisation par rapport au groupe témoin.
  • Une diminution de la réaction cutanée immédiate vis à vis des pollens revient à l’état de base 12 ans après l’arrêt de la désensibilisation.
  • Le pourcentage d’apparition de nouvelles sensibilisations reste cependant plus faible chez les enfants désensibilisés (58%) par rapport aux témoins (100%) (p<0.05).
  • Il existe une tendance à la diminution de la prévalence de l’asthme saisonnier chez les enfants ayant été désensibilisés (p=0.08).

- Conclusion :

  • Cette étude prospective contrôlée d’un suivi prolongé démontre la persistance d’un effet bénéfique de la désensibilisation spécifique 12 ans après son interruption.
  • De plus, la diminution de l’apparition de nouvelles sensibilisations, qui a été observée 6 ans après la fin du traitement, est également retrouvée 6 ans plus tard.

Dans ce travail prospectif, les auteurs ont étudié le devenir à long terme d’un groupe d’enfants ayant été désensibilisés pendant 3 ans.

Après 12 années, les enfants désensibilisés restent statistiquement mieux pendant la saison pollinique avec moins d’asthme et moins de nouvelles sensibilisations.

Ce travail conforte des études précédentes encore trop peu nombreuses qui confirment l’observation clinique du maintien pendant de nombreuses années des bénéfices d’une désensibilisation efficace.

Cette étude montre que la désensibilisation est bien un traitement curatif qui permet aux patients de ne plus prendre de traitement symptomatique médicamenteux pendant la saison pollinique.

Un intérêt supplémentaire concerne l’étude du devenir des sensibilisations globales aux pneumallergènes. L’immunothérapie spécifique semble bien protéger contre l’apparition de nouvelles sensibilisations. Il y a donc un effet protecteur qui dépasse le cadre de la spécificité et intervient de façon plus large sur le système immunitaire qui, d’une façon globale, voit diminuer sa réponse de type IgE.

Il y a donc de nouveaux arguments pour proposer une désensibilisation dans l’allergie aux pollens.

La désensibilisation présaisonnière est efficace après 3 années consécutives et permet de prescrire cette alternative aux traitements plus longs de désensibilisation.