Pénicillines sans risque : enfin le bonheur pour les allergiques !!

lundi 27 février 2006 par Dr Stéphane Guez7638 visites

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Pénicillines sans risque : enfin le bonheur pour les allergiques !!

Pénicillines sans risque : enfin le bonheur pour les allergiques !!

lundi 27 février 2006, par Dr Stéphane Guez

L’allergie aux pénicillines est un grand classique de l’allergie médicamenteuse. Mais de plus en plus d’enfants présentent des réactions lors de la prescription de céphalosporines proposées en première intention. Y a-t-il un risque de réaction croisée ensuite avec les pénicillines ?

Réactions allergiques immédiates aux céphalosporines : évaluation de la réactivité croisée avec un échantillon de pénicillines et céphalosporines. : Cristina Antunez, PhDa, Natalia Blanca-Lopez, PhDa, Maria Jose Torres, MD, PhDb, Cristobalina Mayorga, PhDa, Ezequiel Perez-Inestrosa, PhDc, Maria Isabel Montañez, PhDc, Tahia Fernandez, PhDa, Miguel Blanca, MD, PhDb

a From the Research Laboratory for Allergic Diseases
b Allergy Service, Carlos Haya Hospital
c Organic Chemistry Department, Malaga University

dans JACI Volume 117, Issue 2, Pages 404-410 (February 2006)

- Introduction :

  • L’allergie aux céphalosporines a été de nombreuses fois évaluée principalement dans le contexte de patients ayant une allergie confirmée aux pénicillines.
  • Le problème de l’étude des réactivités croisées chez les patients sensibilisés initialement aux céphalosporines et potentiellement allergiques aux pénicillines n’a, par contre, pas été bien étudié.

- Objectif de l’étude :

  • Évaluer la réponse IgE in vitro et la réactivité croisée aux bêtalactames chez des patients ayant une réaction allergique immédiate aux céphalosporines.

- Méthodologie :

  • L’étude a inclus 24 patients ayant des antécédents de réactions allergiques immédiates aux céphalosporines avec des RAST positifs à au moins une céphalosporine.
  • Les tests cutanés et les RAST ont été réalisés avec un éventail de pénicillines et céphalosporines.
  • L’inhibition du RAST avec différents conjugués monomères de pénicillines et céphalosporines a été pratiquée pour prouver la réalité de l’allergie croisée.

- Résultats :

  • Les céphalosporines impliquées dans les allergies sont le cefaclor (n = 7), le cefonicid (n = 1), cefotaxime (n = 2), ceftazidime (n = 2) ceftriaxone (n = 3) et cefuroxime (n = 9).
  • 2 patients ont des tests cutanés positifs pour les déterminants pénicillines et 22 patients ont des tests cutanés négatifs et tolèrent l’administration de benzylpenicilline.
  • Parmi ces 24 patients, 19 ont des tests cutanés positifs pour les céphalosporines avec 2 groupes de patients : un groupe qui ne réagit qu’à la céphalosporine impliquée dans l’accident allergique initial (63.2%) et un groupe qui réagit à plus d’une céphalosporine (36.8%).
  • Les RAST et les inhibitions de RAST confirment que c’est la chaîne latérale en position R1 qui intervient de façon prédominante dans les phénomènes de reconnaissance.

- Conclusion :

  • La chaîne latérale R1, plus que la structure bêtalactame portée par les pénicillines et les céphalosporines, semble jouer un rôle prédominant dans la spécificité de la réaction immunologique aux céphalosporines.
  • Ainsi, la pénicilline peut être administrée sans risque à des patients allergiques aux céphalosporines et ayant un test cutané négatif aux déterminants de la pénicilline.

Les auteurs ont étudié la réalité de l’allergie croisée entre céphalosporines et pénicillines lors d’une allergie initiale à une céphalosporine.

Ils démontrent que cette réactivité est très faible.

Elle est due à la chaîne latérale R1 et, si les tests cutanés aux déterminants pénicillines sont négatifs, il n’y a pas de risque de réaction croisée.

Ce travail est très intéressant car de plus en plus d’enfants prennent des céphalosporines et se sensibilisent donc de façon première vis-à-vis des bétalactamines par le biais des céphalosporines.

Si la réactivité croisée pénicilline / céphalosporine est bien connue, encore que sa fréquence soit très discutée, on connaît peu de choses sur la réciproque lorsque la sensibilisation initiale est due à une céphalosporine.
Il semble au vu des ces résultats que la fréquence soit très faible.

D’autre part, les auteurs démontrent que si les tests cutanés aux déterminants pénicillines sont négatifs, alors, il n’y a pas de risque de réaction croisée et on peut prescrire une pénicilline sans savoir recours à un test de réintroduction en milieu protégé.

Bien entendu, d’autres résultats identiques sont attendus, même si cette équipe a réussi à réunir un nombre important de patients. En effet les études portant sur l’allergie à la pénicilline nous ont appris à interpréter avec prudence les résultats des études cliniques car on ne peut éliminer un biais de sélection des patients en fonction des habitudes d’explorations de chaque équipe.