Il n’y a pas qu’en politique que l’on fait de la provocation…

jeudi 10 mai 2007 par Dr Christian Debavelaere1447 visites

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Il n’y a pas qu’en politique que l’on fait de la provocation…

Il n’y a pas qu’en politique que l’on fait de la provocation…

jeudi 10 mai 2007, par Dr Christian Debavelaere

Le test de provocation bronchique aux allergènes est un pilier de la recherche scientifique, la méthodologie est de type expérimentale ou environnementale. Quelle méthode choisir ? Cet article original Suédois est clair et net.

Réaction asthmatique immédiate et retardée au sein des voies respiratoires basses chez les patients asthmatiques allergiques au chat. Étude comparative entre deux tests de provocation allergénique en condition expérimentale ou environnementale : M. B. Arvidsson, O. Löwhagen, S. Rak (2007)

Asthma and Allergy Research Group, Department of Respiratory Medicine and Allergology, Sahlgrenska University Hospital, Göteborg, Sweden

dans Allergy
Volume 62 Issue 5 Page 488 - May 2007

- Contexte

  • Des tests standardisés expérimentaux de provocation aux allergènes sont utilisés en routine pour explorer les effets de l’exposition aux allergènes sur les voies respiratoires basses.
  • Des tests de provocations allergéniques aux allergènes naturels de l’environnement sont également réalisés moins fréquemment toutefois, surtout en raison des difficultés rencontrées pour standardiser les méthodes, mais également pour des raisons de sécurité et de coût.
  • Le but de cette étude était d’explorer les relations liant un test de provocation expérimental ou environnemental.
  • Pour cette raison un modèle de test de provocation allergénique naturel fut développé.

- Méthode

  • 62 patients présentant des symptômes allergiques en présence de chat avec atteinte des voies respiratoires basses, des tests cutanés en prick positifs, des IgEs positives au allergène de chat et une hyperréactivité bronchique furent inclus.
  • Les 62 patients subirent un test de provocation bronchique spécifique au laboratoire puis en condition environnementale.

- Résultats

  • Les 62 patients développèrent une réaction asthmatique immédiate (supérieur ou égal à 20% de chute du VEMS) au cours du test de provocation expérimental et 60% (37 /62) lors du test de provocation naturel.
  • Une réponse asthmatique retardée (supérieure ou égale à 15% de chute du VEMS dans les 3 à 24 h) fut constatée dans 56% des cas(35/62), après le test expérimental.
  • Après le test environnemental, 47%(29/62) des patients présentaient une réponse retardée.
  • 34%(21/62) présentaient une réponse tardive dans les 2 modèles de tests de provocation et 31% (19/62) ne déclenchent aucune réaction tardive quel que soit le modèle.
  • Ainsi, il y avait uniformité dans 65%(40/62) des patients dans les 2 modèles de tests de provocation.

- Conclusion

  • Nous avons retrouvé des caractères communs dans la réponse aux allergènes inhalés entre les 2 modèles de test de provocation et nous pensons que le test de provocation aux allergènes expérimental est plus apte à détecter une inflammation dans les voies aériennes basses lors d’une faible exposition aux allergènes de l’environnement.

Les tests de provocation bronchiques spécifiques aux allergènes sont utilisés largement et depuis longtemps pour étudier l’effet d’un allergène sur les bronches, surtout en recherche en réalité.

Le plus souvent une solution d’allergène est nébulisée et son effet mesuré par les explorations fonctionnelles respiratoires, parfois la biopsie bronchique, l’étude des cellules et médiateurs dans le liquide de lavage broncho alvéolaire.

Pour retrouver des conditions plus proches de l’exposition naturelle, des tests réalistes sont réalisés parfois, chambre pollinique par exemple.

Cette étude originale portant sur 62 patients compare la reproductibilité et la fiabilité de ces 2 techniques dans l’allergie au chat, en rappelant que la technique naturelle est difficile à standardiser, coûteuse et plus aléatoire en terme de risque.

La méthode expérimentale retrouve une réaction bronchique immédiate chez tous les patients, mais seulement dans 60 % des cas avec la méthode naturelle.

Une réponse tardive est plus fréquente en condition expérimentale que naturelle, 56% contre 47%.

Au total, les résultats sont comparables dans 65 % des cas, la méthode expérimentale est plus fiable.

L’allergologue de terrain ne peut réaliser de tels tests en raison du protocole complexe à mettre en œuvre, du temps passé : préparation des allergènes mesures multiples, surveillance prolongée.

De toute façon, une enquête clinique, relayée par les tests cutanés et sanguins sont parfaitement suffisantes pour le diagnostic et le traitement de ces allergies.

Ces techniques sont précieuses en revanche pour la recherche, réaction réelle au niveau des bronches, étude des cellules et médiateurs impliqués, quantité d’allergènes apte à déclencher l’asthme, étude comparative avant ou après traitement etc.…

Au final, la réaction expérimentale est plus fiable, et sa reproductibilité permet de mesurer des variations chez un même sujet.