Test à l’aspirine : c’est si facile, pourquoi s’en priver ?

mercredi 27 juin 2007 par Dr Stéphane Guez8955 visites

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Test à l’aspirine : c’est si facile, pourquoi s’en priver ?

Test à l’aspirine : c’est si facile, pourquoi s’en priver ?

mercredi 27 juin 2007, par Dr Stéphane Guez

Le diagnostic d’asthme à l’aspirine est sous estimé en raison de la difficulté à faire les tests de provocation. Une mise au point sur la réalisation de ces tests devrait permettre d’améliorer le diagnostic de cette forme d’asthme. Ce texte reprend les recommandations de GA²LEN sur l’asthme et l’allergie à l’aspirine.

Recommandations de l’EAACI : les tests de provocation à l’aspirine pour le diagnostic d’une hypersensibilité à l’aspirine. : E. Ni ?ankowska-Mogilnicka, G. Bochenek, L. Mastalerz, M. ?wierczy ?ska, C. Picado, G. Scadding, M. L. Kowalski, M. Setkowicz, J. Ring, K. Brockow, C. Bachert, S. Wöhrl, B. Dahlén, A. Szczeklik

1Department of Medicine, Jagiellonian University School of Medicine, Krakow, Poland ; 2Servei de Pneumologia i Allergia Respiratora, University of Barcelona, Barcelona, Spain ; 3Royal National Throat, Nose and Ear Hospital, London, UK ; 4Department of Clinical Immunology and Allergy, Medical University, Lodz, Poland ; 5Department of Dermatology and Allergy Biederstein, Technical University of Munich, Munich, Germany ; 6Department of Otorhinolaryngology, Ghent University, Belgium ; 7Department of Dermatology, Medical University of Vienna, Austria ; 8Centre for Allergy Research at Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden

dans Allergy (OnlineEarly Articles).
doi:10.1111/j.1398-9995.2007.01409.x

Résumé :

- L’aspirine et les autres AINS sont les molécules qui induisent le plus de réactions médicamenteuses indésirables.
- La majorité de ces réactions sont liées à une hypersensibilité.

- Les 2 présentations cliniques les plus fréquentes sont :

  • l’asthme et la rhinite induits par l’aspirine (AIA/R)
  • et l’urticaire et l’angioedème induit par l’aspirine (AIU).

- Le diagnostic de certitude est obtenu par un test de provocation avec l’aspirine, puisqu’il n’existe pas de test diagnostic in vitro.

  • Les protocoles de réalisation dans le détail de ces tests de provocation sont présentés dans cet article.
  • Les indications, contre-indications les doses, le matériel nécessaires etc. sont précisés.
  • La surveillance des patients et l’interprétation des résultats sont également étudiés.

Cet article est très intéressant pour tous les praticiens qui souhaitent réaliser des tests de provocation à l’aspirine. Bien entendu, il faut un environnement sécurisé idéalement en clinique ou en milieu hospitalier avec la proximité d’un secteur de réanimation. De nombreux allergologues sont attachés à des hôpitaux et peuvent donc réaliser ces tests.

Les auteurs donnent le détail pratique de leur réalisation : dose, matériel etc. ainsi que les critères de surveillance, de positivité, le seuil permettant de conclure ou non à la positivité du test. Sont ainsi détaillés les tests de provocation par os, mais également par voie bronchique, par inhalation de lysine aspirine, ainsi que par voie nasale.

Les tableaux permettent facilement de concevoir des feuilles de tests ainsi que de surveillance.

Il faut malgré tout signaler que les patients doivent être hospitalisés pendant au moins 2 jours lors d’un test de provocation par voie orale.

Le test par voie inhalée est donc plus accessible et moins dangereux mais il nécessite un matériel de nébulisation permettant l’administration de doses bien précises.

Enfin le test par voie nasale est intéressant si on dispose d’un rhino manomètre.

Les sensibilités de ces tests sont respectivement de 89%, 77% et 95% et les spécificités sont de 93%, 93% et 86%.

Le meilleur test reste donc le test de provocation par voie orale.