Quatre.

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Quatre.

Quatre.

jeudi 8 novembre 2007, par Dr Hervé Masson

Être un médecin de famille, c’est un métier difficile.

Tout connaître, répondre à toutes les questions, les demandes sur toutes les spécialités médicales ; être toujours au fait des dernières connaissances, se former, s’informer… Bref, ça n’est pas de tout repos.

Alors, pour être un bon médecin traitant, chacun a sa méthode.

Il y a ceux qui vont souvent ou régulièrement dans les sessions de formation médicale continue organisées par les instances indépendantes comme les facultés ou les associations de formation continue.

Il y a ceux qui vont dans les soirées organisées en partenariat avec l’industrie pharmaceutique.

Il y a ceux qui lisent les revues.

Il y a ceux qui font tout ça et ceux qui ne font rien.

Mais globalement, le nombre et le choix des formations sont dépendants de plusieurs critères.

En priorité, les médecins assistent à des formations dans les domaines réputés comme dangereux (cardiologie, cancérologie, diabétologie…), fréquents (gynécologie, endocrinologie…) ou compliqués car rarement rencontrés dans une carrière (hématologie, néphrologie…).

En allergologie, vous pouvez espérer déplacer quelques médecins sur le thème de « l’allergie alimentaire » car c’est potentiellement dangereux et souvent compliqué, mais n’espérez pas mobiliser les foules sur le thème de la « rhinite » ni même de « l’asthme ».

C’est comme ça… et le vieil allergologue que je suis le sait et ne se fait plus d’illusion sur le sujet.

Pourtant, comme le montre l’enquête européenne menée dans plusieurs pays que vous lirez cette semaine, la rhinite altère la qualité de vie de ceux qui en souffrent. Bien plus que ce que pense les médecins.

C’est sans doute ce qui a présidé aux recommandations récentes de l’ARIA. « Comme il n’y a que peu d’intérêt pour le sujet de la rhinite, faisons bref et efficace. »


Quatre. Cuatro. Quattro. Four. Vier. Четыре.

Si un patient souffre de rhinite au moins 4 jours dans la semaine et 4 semaines consécutives, il a une rhinite persistante.

S’il a une rhinite persistante, il a un risque accru d’évolution vers l’asthme et doit donc bénéficier d’un bilan allergologique.


C’est tout, c’est simple, c’est Quatre.

Pas de séminaire, pas de longue soirée après la journée de travail. Il n’y a que ça à retenir pour l’instant ;

Alors maintenant plus d’excuse. On ne devrait plus voir arriver des asthmatiques qui décrivent des années de rhinite ignorée précédant leur asthme.