Les Londoniens asthmatiques privés de courses de Noël dans le centre ville…

jeudi 10 janvier 2008 par Dr Clément FOURNIER511 visites

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Les Londoniens asthmatiques privés de courses de Noël dans le centre ville…

Les Londoniens asthmatiques privés de courses de Noël dans le centre ville…

jeudi 10 janvier 2008, par Dr Clément FOURNIER

Les études épidémiologiques ont montré un lien entre les pics de pollution et l’aggravation de patients atteints de maladies respiratoires. Afin de vérifier ce lien, les auteurs de cette étude ont réalisé une expérience en situation réelle = des asthmatiques devaient marcher dans une rue en ville puis dans un parc aéré avec mesure en temps réel des paramètres respiratoires.

Effets respiratoires de l’exposition au trafic diesel chez des personnes atteintes d’asthme. : McCreanor J, Cullinan P, Nieuwenhuijsen MJ, Stewart-Evans J, Malliarou E, Jarup L, Harrington R, Svartengren M, Han IK, Ohman-Strickland P, Chung KF, Zhang J.

National Heart and Lung Institute, Imperial College, and Royal Brompton Hospital, London, United Kingdom.

dans N Engl J Med. 2007 Dec 6 ;357(23):2348-58.

- Contexte :

  • La pollution de l’air provenant du trafic routier représente un danger grave pour la santé, avec un risque accru chez les personnes présentant une maladie respiratoire préexistante.
  • Les auteurs ont étudié les effets d’une exposition à court terme aux particules diesel chez des asthmatiques vivant en milieu urbain et en bordure de route.

- Méthodes :

  • 60 adultes avec asthme léger à modéré étaient recrutés pour participer à cette étude randomisée.
  • Chaque patient devait marcher 2 heures dans une rue de Londres (Oxford Street), puis dans un Parc (Hyde Park) lors d’un moment distinct.
  • Les auteurs effectuaient des mesures détaillées en temps réel lors de l’exposition des paramètres physiologiques et immunologiques.

- Résultats :

  • Les patients étaient beaucoup plus exposés aux fines particules ( < à 2,5 microns), aux particules ultrafines, aux particules de carbone, et au dioxyde d’azote dans Oxford Street par rapport à Hyde park.
  • Marcher 2 heures dans Oxford Street entraînait des réductions asymptomatiques mais nettes du VEMS (jusqu’à 6,1%) et de la CVF (jusqu’à 5,4%) qui étaient significativement plus importantes que celles observées après une marche dans Hyde Park (p = 0,04 et p = 0,01 respectivement, pour l’effet d’exposition globale).
  • Les conséquences de l’exposition étaient plus importantes chez les patients avec asthme modéré par comparaison à ceux avec asthme léger.
  • Ces changements s’accompagnaient d’une augmentation des biomarqueurs de l’inflammation neutrophiles (myeloperoxydase dans l’expectoration à 4,24 ng/ml après marche dans Hyde Park versus 24,5 ng/ml après marche dans Oxford Street ; p = 0,05) et de l’acidité de l’air des voies aériennes (diminution maximale du pH de 0,04% pour Hyde park versus 1,9% pour Oxford Street ; p = 0,003).
  • Les associations les plus fortes pour ces changements étaient retrouvées pour l’exposition aux particules ultrafines et aux particules de carbone.

- Conclusion :

  • Ces observations sont une démonstration et une explication des constatations épidémiologiques qui associent le degré d’exposition au trafic routier à la dégradation de la fonction pulmonaire dans l’asthme

Les auteurs de cette étude ont étudié les effets de la pollution sur les paramètres EFR et immunologiques de patients asthmatiques.

Il est particulièrement intéressant de remarquer qu’ils ont réalisé une étude en situation réelle d’exposition dans Londres, ce qui est très novateur. En effet, les patients étaient évalués après une marche en ville puis en parc à 2 moments distincts. Chaque patient était donc son propre témoin.

L’étude montre qu’une ballade dans un beau parc est meilleure pour la santé qu’arpenter de long en large une rue en ville. Notons que cette rue n’est pas un grand axe autoroutier mais une rue commerçante tout à fait standard de grande ville, et donc tout à fait représentative.

Les modifications observées après exposition n’ont pas de relevance clinique, mais les auteurs ont choisi des asthmatiques légers à modérés (sans doute par souci d’éthique). On imagine que des asthmatiques sévères auraient très vraisemblablement présenté des symptômes à minima.

Cette étude confirme donc les constations épidémiologiques = la pollution est mauvaise pour la santé. Ca vous étonne ?