Probiotiques et dermatite atopique : quel intérêt chez l’adulte ?

mercredi 20 février 2008 par Dr Geneviève DEMONET7395 visites

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Probiotiques et dermatite atopique : quel intérêt chez l’adulte ?

Probiotiques et dermatite atopique : quel intérêt chez l’adulte ?

mercredi 20 février 2008, par Dr Geneviève DEMONET

Les études sur l’efficacité des probiotiques sur la dermatite atopique se suivent à un rythme régulier mais concernent le plus souvent l’enfant. Un nouveau travail, chez l’adulte cette fois, vient d’être publié par une équipe allemande…

La prise de probiotique semble affecter différemment le système immunitaire des adultes sains et des patients ayant une dermatite atopique : Roessler A, Friedrich U, Vogelsang H, Bauer A, Kaatz M, Hipler UC, Schmidt I, Jahreis G.

Department of Nutritional Physiology, Institute of Nutrition, Friedrich Schiller University, Jena, Germany.

dans Clin Exp Allergy. 2008 Jan ;38(1):93-102

- Contexte :

  • Les bactéries probiotiques ont été proposées pour soulager la dermatite atopique (DA) du nourrisson.
  • Il y a peu d’éléments sur l’effet des probiotiques sur la DA de l’adulte.

- Objectifs :

  • Le but de cette étude était d’élucider l’influence d’une boisson probiotique contenant un mélange de probiotiques Lactobacillus paracasei Lpc-37, Lactobacillus acidophilus 74-2 et Bifidobacterium animalis subsp. lactis DGCC 420 (B. lactis 420) sur des paramètres cliniques et immunologiques chez des volontaires sains et chez des patients ayant une DA ainsi que sur leur détection dans les fèces.

- Méthodes :

  • Une étude transversale randomisée en double aveugle contre placebo a été menée chez 15 adultes sains et chez 15 patients ayant une dermatite atopique.
  • Le probiotique (ou le placebo) a été donné sur une période de 8 semaines.
  • Un intervalle libre de 2 semaines a été respecté avant de croiser l’étude.
  • A la fin de chaque période, des échantillons de sang et de selles ont été collectés.
  • La sévérité de la DA a été évaluée chez les patients à l’aide du SCORAD (Score de Dermatite Atopique).

- Résultats :

  • L. paracasei et B. lactis ont été retrouvés en grand nombre dans les fèces après supplémentation alors que L. acidophilus n’était augmenté que de façon marginale.
  • Chez les patients, une tendance à la baisse du SCORAD de 15.5% (P=0.081) était observée.
  • Les sous-populations majeures de lymphocytes n’ont pas été affectées par la prise de probiotiques.
  • Cependant, les CD57(+) ont augmenté de façon significative (P=0.034) chez les sujets sains après la prise de probiotiques et n’ont pas varié chez les patients alors que les CD4(+)CD54(+) ont décrû de façon significative (P=0.031) chez les patients porteurs de DA et n’ont pas bougé chez les sujets sains.
    -* L’expression des cellules T CD4(+)CD25(+) était similaire chez les sujets sains et les patients ayant une DA.
  • L’activité phagocytaire des monocytes et des granulocytes était significativement accrue chez les sujets sains après l’intervention probiotique (P=0.014).

- Conclusion :

  • L. paracasei Lpc-37 and B. lactis 420 sont capables de coloniser transitoirement l’intestin.
  • Cette étude révèle que les probiotiques modulent de façon différente les paramètres immunitaires périphériques chez les sujets sains et chez les patients ayant une dermatite atopique.

Une étude transversale randomisée en double aveugle contre placebo a été menée en Allemagne chez 15 adultes sains et chez 15 patients ayant une dermatite atopique.

Les patients ont pris pendant 8 semaines un mélange de 3 probiotiques ou de placebo puis l’étude a été croisée après un intervalle de 2 semaines.

Seuls L paracasei Lpc-37 et B. lactis 420 ont prouvé leur capacité à coloniser transitoirement l’intestin.

Les résultats de ce travail ont montré que les probiotiques modulent de façon différente les paramètres immunitaires périphériques chez les sujets sains et chez les patients ayant une dermatite atopique.

Enfin, une tendance à la baisse du SCORAD a été notée chez les patients ayant une dermatite atopique.

L’idée de s’intéresser à l’adulte pourrait paraître séduisante. L’échantillon étudié ici est cependant réduit pour en tirer des conclusions définitives. L’action éventuelle sur le système immunitaire de l’adulte n’est-elle pas, par ailleurs, un peu tardive pour être efficace ?

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