Les produits de contraste iodés élus au premier tour des élections des nouveaux allergènes.

jeudi 13 mars 2008 par Dr Stéphane Guez2219 visites

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Les produits de contraste iodés élus au premier tour des élections des nouveaux allergènes.

Les produits de contraste iodés élus au premier tour des élections des nouveaux allergènes.

jeudi 13 mars 2008, par Dr Stéphane Guez

Les réactions de type anaphylactiques aux produits de contraste iodés posent des problèmes aux allergologues ; pendant des années on a d’abord dit qu’il s’agissait de réaction d’hypersensibilité non spécifique, puis aujourd’hui on dit qu’il peut y avoir de véritables allergies. Qu’en est-il vraiment ?

Anaphylaxie aux produits de contraste iodés (PDCI) : hypersensibilité non allergique ou allergie IgE-médiée ? : Trcka J, Schmidt C, Seitz CS, Bröcker EB, Gross GE, Trautmann A.

Department of Dermatology and Venerology, University of Rostock, Rostock, Germany.

dans AJR Am J Roentgenol. 2008 Mar ;190(3):666-70.

- Introduction :

  • Les PDCI sont habituellement bien tolérés, même si environ 1% des patients qui reçoivent un PDCI non ionique de basse osmolarité développent des manifestations anaphylactiques.
  • Parce que la plupart des réactions anaphylactiques sont modérées et non allergiques, mais mimant sur le plan clinique une réaction allergique IgE médiée, la réalisation de tests cutanés à été très critiquée dans le passé et le plus souvent des prémédications ont été recommandées.
  • Durant les 6 dernières années, tous les patients qui ont reçu un PDCI et qui ont fait une manifestation anaphylactique ont eu une exploration allergologique afin de différencier de façon précise les réactions non allergiques des réactions allergiques.

- Objectif de l’étude :

  • Le but de ce travail a été d’identifier et de différencier les réactions allergiques (IgE) et non allergiques (hypersensibilité).
  • De plus, l’objectif de la prise en charge diagnostique a été non seulement d’identifier la molécule coupable, mais également de proposer un PDCI alternatif pour de futurs examens radiologiques.

- Matériel et méthode :

  • Les auteurs ont évalué 96 patients ayant présenté des manifestations anaphylactiques à la suite de l’injection d’un PDCI en réalisant des tests cutanés standardisés en IDR.
  • Chez les patients ayant un test cutané positif, le caractère réellement IgE a été prouvé par des tests in vitro et un test de provocation.

- Résultats :

  • Chez 4 patients (réaction anaphylactique de grade 2 et 3) sur les 96 (4.2%) les tests cutanés et les tests d’activation des basophiles ont fortement suggéré un mécanisme à IgE aux produits suivants : iopromide (2 patients), iomeprol et iopentol.
  • Chez 2 patients avec des allergies au iopromide et au iomeprol, un monomère non ionique a été bien toléré, comme cela a été vérifié par un test de provocation contrôlé respectivement avec le iopamidol et le iopromide.

- Conclusion :

  • L’évaluation de patients ayant présenté une manifestation anaphylactique après un PDCI (au moins ceux ayant une réaction d’anaphylaxie d’un grade > ou = à 2) devrait toujours inclure des tests cutanés spécifiques pour s’assurer que l’on ne laisse pas passer un patient ayant une véritable allergie IgE dépendante.
  • De plus, les tests allergologiques peuvent permettre d’identifier les PDCI du groupe des produits non ioniques et monomères qui pourraient être bien tolérés lors d’un prochain examen radiologique avec injection de PDCI.

Les auteurs démontrent que 2 patients sur 96 ont bien une allergie PDCI, allergie IgE dépendante qui contre-indique formellement la réutilisation de ces produits même avec une prémédication.

Par contre, il est possible par les tests cutanés d’identifier de façon fiable des PDCI qui peuvent être proposés pour un examen ultérieur.

Ce travail est très intéressant car il démontre l’utilité des tests allergologiques dans l’exploration des accidents de type anaphylactiques qui surviennent lors de l’injection d’un PDCI.

Pour des patients ayant une réaction au moins de grade 2, la positivité des tests signe une véritable allergie, de façon analogue à l’exploration maintenant bien documentée des allergies aux produits d’anesthésie.

En pratique l’exploration de ces patients reste difficile pour plusieurs raisons.

Tout d’abord il n’existe pas un conditionnement des PDCI sous de petites quantités pour permettre cette exploration à un coût raisonnable. En dehors du cadre d’une étude prospective française, l’étude CIRTACI, qui permet aux centres hospitaliers de disposer d’un kit d’exploration avec des extraits de l’ensemble des PDCI disponibles, il faut à chaque fois utiliser des flacons entiers avec un coût de réalisation très excessif.

Ensuite ces tests nécessitent d’abord des pricks puis des IDR à diverses dilutions avec un temps de réalisation très long : cette exploration est peu rentable en pratique libérale. Elle est aussi très chronophage pour une pratique hospitalière.

Le nombre de patients potentiellement concernés par cette exploration est très important.

Il est donc indispensable d’attendre les résultats de l’étude française pour savoir quels patients il faut réellement explorer avec des tests allergologiques. Dans ce travail, les tests semblent appropriés à partir d’une réaction anaphylactique de grade 2.