Moins de la moitié des asthmatiques ont un plan d’action écrit !

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Moins de la moitié des asthmatiques ont un plan d’action écrit !

Moins de la moitié des asthmatiques ont un plan d’action écrit !

vendredi 7 novembre 2008, par Dr Geneviève DEMONET

Une étude de cohorte prospective a été menée dans plusieurs services d’urgence nord-américains pour savoir si les patients asthmatiques admis pour asthme aigu avaient un « plan d’action écrit ». Les résultats sont édifiants…

Une étude prospective multicentrique sur les plans écrits d’action parmi les patients des services d’urgence ayant un asthme aigu : Camargo CA Jr, Reed CR, Ginde AA, Clark S, Emond SD, Radeos MS.

Massachusetts General Hospital, Harvard Medical School, Boston, Massachusetts 02114, USA.

dans J Asthma. 2008 Sep ;45(7):532-8

- Contexte :

  • On ne connaît pas la prévalence des « plans d’action » (PA) écrits parmi les patients des services d’urgence (SU) ayant un asthme aigu.

- Objectifs :

  • Déterminer la prévalence des PA parmi les patients des SU, décrire le profil démographique et clinique des patients avec et sans PA et vérifier si la réponse à un scénario d’exacerbation asthmatique est appropriée.

- Méthodes :

  • Une étude de cohorte prospective a été menée dans 49 SU d’Amérique du nord à l’aide d’un protocole standard par l’intermédiaire de l’interview de 1756 patients ayant un asthme aigu et âgés de 2 à 54 ans.
  • Parmi les enfants seulement, un échantillon randomisé à été contacté deux ans après la visite aux urgences de départ pour vérifier l’état du PA et la connaissance des parents sur la prise en charge.

- Résultats :

  • La prévalence globale des PA était de 32% (intervalle de confiance [IC] 95%, 30-34%), et était plus élevée chez les enfants que chez les adultes (34% vs. 26%, respectivement ; p = 0.001). Les patients ayant des PA avaient de plus mauvaises mesures de la sévérité de l’asthme chronique (p < 0.05) et avaient plus de risque d’être hospitalisés (odds ratio mutivarié, 1.5 ; IC 95%, 1.1-2.1).
  • Deux ans plus tard, la plupart des enfants ayant eu un PA lors de la visite initiale au SU en avait toujours un, mais parmi les enfants n’ayant pas de PA, seulement 20% en avait un 2 ans plus tard ; de plus, la plupart des PA semblaient inadéquats.
  • Les parents d’enfants ayant un PA se sont légèrement mieux comportés dans le scénario d’asthme, mais les deux groupes ont surestimé leur connaissance de l’asthme.

- Conclusions :

  • La prévalence des PA parmi les patients admis dans un SA pour asthme aigu est inacceptablement basse. Plusieurs de ces PA sont par ailleurs inadaptés.
  • Une « confusion par la sévérité » pourrait compliquer toute analyse non randomisée de l’impact potentiel des PA sur le devenir de l’asthme chez les patients des SU.

Une étude de cohorte prospective a été menée dans 49 services d’urgence nord-américains.

On a interrogé 1756 patients s’étant présenté avec un asthme aigu.

Seulement 32% d’entre eux avaient un plan d’urgence écrit (34% chez les enfants et 26% chez les adultes).

Les patients ayant un plan d’urgence avaient généralement un asthme plus sévère et avaient plus de risque d’être hospitalisés.

Seulement 20% des enfants sans plan d’action en étaient pourvus 2 ans après leur admission aux urgences.

De plus, une proportion non négligeable de pan d’urgence était inadaptée…

Des résultats qui font réfléchir. Les patients à risque ont presque tous un plan d’urgence mais les autres ? L’effort à faire est certainement de ce côté-là…