Congrès de l’EAACI 2009 – Dr Alain Thillay.

jeudi 11 juin 2009 par Dr Alain Thillay2003 visites

Accueil du site > Evènements > Comptes rendus > Congrès de l’EAACI 2009 – Dr Alain Thillay.

Congrès de l’EAACI 2009 – Dr Alain Thillay.

Congrès de l’EAACI 2009 – Dr Alain Thillay.

jeudi 11 juin 2009, par Dr Alain Thillay

Pour ce dimanche 7 juin 2009, première journée de rédaction du nouveau congrès annuel de l’EAACI qui se tient à Varsovie, je voudrais vous faire part d’une session orale d’études concernant les perspectives actuelles du diagnostic en allergologie et aussi du retentissement du test de provocation nasale spécifique sur les voies respiratoires, en passant par la comparaison des extraits allergéniques d’acariens utilisés en Europe, aux Etats-Unis et au Mexique, pour finir, par un excellent travail sur les CCD présenté par Henri Malandain « himself ». Pour cette deuxième journée du congrès de l’EAACI 2009 à Varsovie, je propose au lecteur attentif un choix de posters que j’ai choisi au gré d’un butinage intéressé. Pour la troisième journée du congrès de l’EAACI 2009 à Varsovie, j’ai assisté à un symposium concernant différents aspects de l’allergie au latex, le syndrome latex-fruit, le diagnostic et l’immunothérapie spécifique. Rien de nouveau. Mais une bonne mise au point.

Effet du test de provocation nasale sur le statut fonctionnel des voies respiratoires basses.

Krych-Falta, Varsovie, Pologne.

L’étude regroupait 36 patients âgés de 20 à 45 ans chez qui les auteurs avaient mis en évidence une rhinite allergique saisonnière ou pérenne et qui n’avaient pas d’antécédent d’asthme.

Ils subissaient tous des explorations fonctionnelles respiratoires avant et 15, 30 et 45 minutes après le test de provocation nasale spécifique (TPNS).

Les auteurs retenaient pour les EFR, le DEP, le VEMS et le DEM 25-75, ce qui permet de chercher une conséquence sur les voies respiratoires quel que soit le niveau.

Tous les patients ont réagi au TPNS.

De façon statistiquement significative, aucun patient n’a eu de perturbations des mesures des EFR.

Si ce travail n’est pas une révélation extraordinaire, il nous permet de nous rassurer totalement sur l’innocuité du TPNS quant à ses éventuels retentissements sur la fonction respiratoire.

Ainsi, chez un patient, n’ayant jamais souffert d’asthme, en cas de besoin, il peut être pratiqué un test de provocation nasale spécifique sans craindre de bronchospasme.

Toutefois, à mon sens, pour n’importe quel patient rhinitique, je pratique toujours des EFR à l’état basal et après le test de provocation nasale. Cela m’apparaît très pertinent au moins pour un élément, l’aspect médico-légal.

Une nette augmentation du taux de tryptase dans les limites de la normale indique une réaction allergique systémique

Borer-Reinhold M, Bern, Suisse.

Il est habituellement admis qu’un taux de tryptase sérique supérieur à 11,4 ng/ml mesuré lors d’une réaction allergique prouve la dégranulation des mastocytes et donc une réaction IgE dépendante.

Cependant, que dire d’une élévation importante de la tryptase sérique, par rapport à une valeur basale basse, qui resterait sous la limite de 11,4 ng/ml. C’était là tout le propos de ce travail.

Sur les 31 patients recrutés, 16 avaient été hospitalisés en service d’urgence pour suspicion de réaction allergique aiguë, 15 avaient développé une réaction allergique lors d’une immunothérapie spécifique ultra-rush aux venins d’hyménoptères ou après un test de provocation par piqûre in vivo.

Les prélèvements de sang ont été pratiqués dès le début des symptômes, puis 2 heures, 5 heures, 24 heures et 3 jours après ; un taux basal de tryptase était obtenu avant ou au moins 14 jours après l’épisode allergique.

Onze patients ont subi des réactions de grade I-II (selon Mueller) et 20 des réactions de grade III-IV.

Les venins d’hyménoptères étaient responsables chez 19 patients, les médicaments chez 4, les aliments chez 5 et l’injection d’ITS par des extraits polliniques chez 3 patients.

Seulement 13 des 31 patients (42%) montraient des valeurs de tryptase sérique supérieures à 11,4 ng/ml durant la réaction allergique.

Cependant, 21 des 31 patients (68%) montraient une augmentation de la tryptase sérique de plus de 150% par rapport au taux basal lors du début des symptômes ou dans les 5 heures suivantes ; dix-neuf d’entre eux avaient même une augmentation de plus de 200%.

Une augmentation sans équivoque était documentée chez 16 de ces 19 cas due au venin d’abeille ou de guêpe, 2 des 5 allergiques alimentaires, 2 des 4 allergiques médicamenteux et 2 des 3 réactifs à l’extrait pollinique.

Indubitablement, une augmentation de la tryptase sérique par rapport au taux basal est plus sensible pour apporter la preuve d’une réaction allergique systémique IgE dépendante qu’une valeur au dessus de 11,4 ng/ml.

De fait, un taux de tryptase sérique de base devrait toujours être pratiqué en plus de la valeur lors du début de la réaction suspectée d’être allergique.

Voilà un travail qui aborde un problème pratique qui nous concerne tous. Il est vrai que bien souvent les évènements sont indiscutables et la tryptase sérique faite en urgence est élevée et confirme donc.

Toutefois, dans le cas des tests de provocation orale, je pense particulièrement aux médicaments, pratiqués bien sûr en milieu hospitalier, lors du déclenchement d’une réaction atypique de façon fréquente la tryptase sérique est inférieure à la limite de 11,4 ng/ml.

A l’éclairage de cette étude, cela nous incitera donc à pratiquer un taux de tryptase sérique basal soit avant le TPO, dès qu’il a été décidé ou sinon au moins 15 jours après l’incident.

Lorsqu’il s’agira de documenter un accident allergique patent avec un taux inférieur à la limite, il faudra systématiquement prescrire un dosage sérique tryptasique 15 jours plus tard.

Evaluation du venin de bourdon dans le diagnostic de l’allergie aux venins d’hyménoptères.

Banik U, Los Angeles, Etats-Unis.

L’allergie au venin d’insecte est un risque présent tout le long de la vie, souvent sévère potentiellement fatale.

La réaction croisée entre venin de bourdon et venin d’abeille est déjà bien connue. Les patients qui réagissent au bourdon ont d’abord été sensibilisés au venin d’abeille.

Le bourdon injecte moins de venin que l’abeille, entre 10 et 31 µg par piqûre contre 50 à 140 µg.

Ceci expliquerait le fait que la réaction anaphylactique sévère est moins fréquente avec le bourdon.

La détection des IgE sériques spécifiques des venins des insectes piqueurs fait partie des outils diagnostiques incontournables de ce type d’allergie.

La méthode diagnostique est bien établie, une histoire convaincante, des tests cutanés et sériques à l’ensemble des venins d’hyménoptères.

On assiste à une augmentation de la prévalence de l’hypersensibilité au venin de bourdon dans le monde entier.

Dans ce travail, les auteurs ont voulu évaluer le degré de réaction croisée et l’existence d’histoires cliniques de réactions systémiques dues au bourdon.

A l’aide d’un extrait commercial disponible, ils ont synthétisé et optimisé un allergène de bourdon qui a été ensuite testé.

Les sera des patients sélectionnés sur la base d’une histoire clinique pertinente d’allergie au bourdon et d’autres allergies aux venins d’autres hyménoptères et/ou des tests cutanés positifs ont été évalués pour ce qui concerne l’immunoréactivité au bourdon et aux autres allergènes des venins d’hyménoptères.

Les protéines de l’extrait du venin de bourdon ont été séparées par SDS-PAGE (électrophorèse sur gel) puis identifiées par immunoblot.

La plupart des protéines se liant aux IgE s’échelonnait dans un éventail de 15 à 100 kDA.

Plus de 90% des sera des patients ayant des IgE sériques spécifiques des allergènes du venin d’abeille avaient aussi des IgE sériques spécifiques des allergènes du venin de bourdon.

En utilisant l’extrait de venin de bourdon en tant qu’inhibiteur, plus de 90% d’inhibition était obtenue à la fois pour les extraits des deux venins.

Cette étude montre tout l’intérêt de l’extrait allergénique du venin de bourdon en tant qu’outil dans le diagnostic de l’allergie aux venins d’hyménoptères.

De plus, il ne faudra pas méconnaître la réaction croisée possible chez un sujet déjà sensibilisé à l’abeille.

Cette étude a attiré mon attention car, en fait, nous ne pensons peut-être pas assez au venin de bourdon. On peut imaginer un patient sensibilisé au venin d’abeille et non symptomatique et qui serait à terme réactif lors d’une piqûre d’abeille.

Le test IgE sériques spécifiques du venin de bourdon est disponible chez Phadia sous le code I205.

La puissance biologique des tests cutanés avec un extrait de Dermatophagoïdes pteronyssinus (DP) fabriqué au Etats-Unis est deux fois plus élevée comparativement à des extraits européens et méxicain

Larenas-Linnermann D, Cologne, Allemagne.

Une étude antérieure par ELISA inhibition avait montré que la puissance de trois extraits de DP européens se situait entre 36 à 44% comparativement à l’extrait DP agréé par le FDA (10 000 AU/ml).

Les auteurs ont donc voulu vérifié cette puissance mais pour les tests cutanés.

Les extraits allergéniques de DP testés étaient six (2 mexicains, 3 européens et un américain) et ont été testés chez 19 patients à la concentration usuelle et en deux dilutions.

Les tests étaient tous faits en même temps durant la session de testing cutané sur l’avant-bras de patients présentant une rhinite allergique aux acariens domestiques déjà démontrée lors de tests cutanés antérieurs.

Tous les extraits ont montré une bonne courbe réponse en mesurant la papule pour la concentration usuelle comparativement aux dilutions.

Tous les extraits européens et mexicains étaient moins puissants que l’extrait de référence d’origine américaine.

Alors que l’extrait FDA exprimait une puissance de 10 000 AU/ml, les extraits européens titraient entre 5400 et 6126 AU/ml et le mexicain entre 2099 et 7444 AU/ml.

Du fait de cette « surpuissance » l’extrait américain entraînera donc des tests cutanés positifs chez les patients faiblement sensibilisés.

De fait, ce constat implique que le recrutement des patients candidats à l’ITS acariens sera plus large.

Ainsi, la comparaison des études à ce sujet, entre européennes et américaines, doit tenir compte de ce facteur.

Le fait de disposer d’un extrait DP plus puissant comme c’est le cas pour le standard de la FDA augmente certes la sensibilité, donc moins de faux négatifs - dans quelle mesure ?-, mais augmente le risque de faux positifs, diminution de la spécificité, et là aussi dans quelle mesure.

Le risque est grand d’indiquer l’ITS de façon trop large, pour quel résultat. Là aussi, comme toujours, la clinique prime mais aussi le recours au test de provocation nasal spécifique avant d’engager un patient dans un traitement long.

Les IgE spécifiques de l’Omega-5-gliadine dans le diagnostic de l’allergie au blé

Ebisawa M, Sagamihara, Japon.

Le dosage des IgE spécifiques de l’Omega-5-gliadine a montré tout son intérêt dans le diagnostic l’anaphylaxie à l’effort au blé.

Les auteurs ont voulu préciser l’intérêt de ce dosage dans le diagnostic de l’allergie au blé.

L’étude a recruté 343 enfants dont 230 garçons chez qui une intolérance au blé était suspectée.

La preuve d’allergie au blé était confirmée soit par un TPO positif soit par une histoire clinique évidente.

De façon significative, les résultats sont en faveur d’une grande probabilité d’une allergie au blé.

Les auteurs conseillent donc d’avoir recours au dosage des IgE spécifiques du blé et de l’Omega-5-gliadine pour mieux identifier les patients réellement allergiques.

Cette étude confirme une donnée à présent bien connue.

Validation d’une méthode simple pour surmonter l’interférence de la réactivité croisée due aux déterminants carbohydrates (CCD) dans la mesure des IgE spécifiques

Malandain H, Vannes, France.

Quelques patients développent une IgE réactivité à des glyco-épitopes c’est-à-dire à des chaines carbohydrates présentes dans les glycoprotéines.

C’est particulièrement le cas pour les patients allergiques aux pollens ou aux venins d’hyménoptères.

Ces glyco-épitopes croisent souvent entre eux, ce qui entraîne la notion d’IgE anti-CCD. D’ailleurs l’auteur a rappelé qu’il existe de nombreux glyco-épitopes comme MUXF3 de la broméline, le MMXF3 du raifort (HRP) ou le MMF3F6 des venins d’insectes entre autres.

Malheureusement, les tests in vitro ne font pas la différence entre les IgE spécifiques des peptides et celles spécifiques des glycanes, les résultats peuvent donc être faussés par la présence d’IgE anti-CCD.

Ainsi, l’auteur a cherché à mettre en œuvre une méthode simple, un prétraitement du sérum, pour éviter ce problème.

Le principe est simple, de la broméline et de l’HRP mélangés sont ajoutés au sérum, après 90 minutes d’attente, le sérum est transféré dans l’automate et les IgE sériques spécifiques mesurées.

L’étude a regroupé 40 sera dont 13 étaient positifs pour les IgE anti-CCD.

Sept sources d’allergènes ont été étudiées (arachide, blanc d’œuf, lait, chat, chien, acarien, cabillaud) ainsi que 6 autres non glycolysés sous forme d’allergènes recombinants (rBet v 1, rBet v 2, rPhl p 1, rPhl p 7, rPhl p 12, rFel d 1).

Il a été mis en évidence que pour obtenir la meilleur capture des IgE anti-CCD la dilution idéal des glycanes était 4 parties de sérum pour une de réactif CCD.

Le prétraitement du sérum n’a pas généré de faux positifs dans les sera négatifs, ni de modification de résultats positifs pour le lait, le chat, le chien, cabillaud, blanc d’œuf et les allergènes non glycolysés.

De même, pas de modification pour l’arachide dans 7 sera avec des IgE spécifiques de la broméline <0,5 kU/l et correction du diagnostic pour 7 patients ayant une fausse élévation des IgE spécifiques à l’arachide (broméline 1,5-28 kU/l).

Je crois qu’il n’y a rien de plus à apporter à la démonstration si ce n’est les conclusions de l’auteur lui-même.

Il s’agit d’une méthode simple, il suffit de mélanger au préalable le réactif, d’attendre un peu et de pratiquer le test.

La méthode est solide, la broméline et l’HRP sont stables> pendant un mois à 4° C, le temps d’attente ne pose pas de problème, il va de 90 minutes à 12 heures.

La méthode n’est pas onéreuse, moins de 0,1 € par test ce qui correspond à 40 µl de réactif.

Comme quoi, les progrès scientifiques ne coûtent pas obligatoirement cher.


Incidence de l’anaphylaxie chez les patients admis en hospitalisation.

Tejedor M, Madrid, Espagne.

Le but de ce travail était de connaître le nombre des patients qui développait une anaphylaxie lors de leur admission à l’hôpital, zone sud de Madrid correspondant à une population de 250 000 habitants.

La période d’évaluation s’est étendue de 1999 à 2005, correspondant à 114 523 admissions.

Parmi, ces admissions, il a été détecté 70 cas d’anaphylaxie. L’incidence cumulée était donc de 0,61 pour 1000 admissions (IC 95% 0,5-0,8).

Du point de vue de l’âge, les pics d’incidence se trouvent dans un groupe d’âge de 10 à 20 ans et de 40 à 70 ans.

Ces résultats satisfont les auteurs du fait d’une faible incidence qui confirme les résultats de deux études antérieures.

Ces résultats sont à mon sens conformes à ce que l’on peut retrouver dans d’autres études similaires. Toutefois, il est un peu dommage que les auteurs ne nous aient pas donné une idée sur l’étiologie de la réaction anaphylactique.

Sécurité d’un protocole rush d’immunothérapie sublinguale au latex

Santoro G, Messine, Italie.

Des études ont déjà montré l’intérêt de l’immunothérapie sublinguale (ITSL) au latex tant du point de vue de l’efficacité que de la sécurité, toutefois, il est décrit assez souvent des réactions adverses durant la période initiale de montée des doses.

Les auteurs ont donc eu recours à un autre protocole rush suggéré par ALK-Abello.

L’étude regroupait six patients ayant expérimenté une réaction systémique lors de l’exposition au latex dont 4 cas de choc anaphylactique.

Le diagnostic a été pratiqué classiquement par des tests cutanés et le dosage des IgE spécifiques.

Le premier jour la concentration du vaccin allergénique était titrée à 5x10-8 et 5x10-5, le second jour à 5x10-2 et 5 µg et avec la concentration de 500 µg/ml le troisième jour.

Ce troisième jour, le patient devait recevoir 10 gouttes de cette dernière concentration ce qui correspondant au double de la dose de maintien.

Ce protocole a bien été toléré par les six patients avec seulement quelques réactions légères à type de prurit oral, auriculaire ou pharyngé et tous les patients toléraient la dose de maintien en ambulatoire.

Ce protocole à priori est bien toléré chez ces patients allergiques avérés au latex. Il restera à le vérifier sur une étude plus large, multicentrique, regroupant un grand nombre de patients. Il restera bien sûr à vérifier, et c’est la moindre des choses, que le traitement est efficace.

Immunothérapie spécifique par voie injectable. Réactions locales et systémiques

Siva R. Porto, Portugal.

L’ITS injectable est utilisée sur une grande échelle de longue date et dans le monde entier dans le cadre du traitement des maladies allergiques IgE dépendantes.

Les études montrent que ce traitement procure une amélioration de la qualité de vie, prévient l’évolution de la rhinite vers l’asthme et l’apparition de nouvelles sensibilisations.

Toutefois, il est fait souvent référence aux effets secondaires possibles sous forme de réactions locales ou systémiques.

Le but de ce travail était donc d’évaluer la prévalence et la sévérité des ces réactions lors de l’administration sous-cutanée des allergènes.

Il s’agissait d’une étude prospective sur une période d’un an en 2008 qui a enrôlé 303 patients qui commençaient ce type d’ITS.

Il y a eu 105 patients qui ont présenté des réactions locales (48 immédiates, 27 non-immédiates et 30 les deux) parmi lesquels, 71 étaient de sexe féminin et 34 masculin (OR=1,776, p=0,03).

Quatre patients ont subi des réactions systémiques (2 immédiates and 2 non-immédiates).

Les deux réactions systémiques immédiates étaient peu importantes.

Toutes les réactions systémiques ont eu lieu dans la phase initiale de montée des doses.

45% des réactions immédiates sont apparues dans le cadre d’ITS aux acariens domestiques et 55% aux pollens.

La répartition est à peu près la même pour les réactions non-immédiates.

Les papules sont en général inférieures à 5 cms avec une bonne tolérance et n’a pas nécessité de traitement particulier.

Les réactions générales sont rares et peu sévères.

Cette étude portugaise m’a interpellé. Les auteurs ne précisent pas le protocole et la marque des extraits utilisés.

Pour ma part, je reste encore très fidèle à l’ITS injectable depuis bientôt trente ans et je n’ai pas vu autant de réactions systémiques et locales, surtout avec des tailles de papules importantes certes inférieures à 5 cm de diamètre !

L’ITS injectable pratiquée par des praticiens d’expérience est, à mon sens, très sûre. Evidemment, il faut avoir sous la main l’équipement nécessaire pour traiter une réaction systémique sévère.

Expérience polonaise de l’omalizumab dans la dermatite atopique sévère

Kolomecka E, Lodz, Pologne.

La dermatite atopique (DA) est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui affecte approximativement 20% des enfants et 6% des adultes.

Cette pathologie est souvent associée à une élévation des IgE totales sériques comme c’est le cas pour la rhinite et l’asthme allergiques.

Le traitement de la DA regroupe plusieurs moyens dont le recours aux émollients, aux corticostéroïdes topiques, les inhibiteurs de la calcineurine topiques, les antibiotiques, les anti-H1, la cyclosporine A et la PUVA thérapie.

Les cas sévères peuvent très bien ne pas répondre à ces thérapeutiques.

Les auteurs rapportent deux patients présentant une DA sévère qui a répondu avec succès à l’omalizumab.

Le premier patient était âgé de 32 ans, souffrait d’asthme depuis l’âge de 19 ans et de DA depuis l’âge de 28 ans.

Les IgE totales sériques étaient à 357 UI/ml, les tests cutanés et les IgE spécifiques étaient positifs aux acariens domestiques, au chat et au chien.

Du fait de l’existence d’un asthme le patient a été mis sous protocole omalizumab adapté.

A partir du troisième mois de traitement, la symptomatologie asthmatique s’est amendé, les signes cutanés se sont améliorés de façon évidente.

Le second patient était âgé de 13 ans, il s’agissait d’une fille présentant une DA sévère résistante aux traitements conventionnels.

Les IgE totales sériques étaient à 270 UI/ml.

La patiente était allergique au lait de vache, au chien et aux acariens domestiques.

Là aussi la patiente a reçu un traitement adapté par omalizumab avec une amélioration des lésions cutanées après 3 mois.

Ce travail suggère fortement un bénéfice de l’omalizumab dans la DA sévère avec ou sans asthme. Bien sûr, selon la formule consacrée, il faudra le vérifier sur des plus grandes cohortes.

La panoplie thérapeutique est relativement large dans le traitement de la DA. Toutefois, à mon sens, il me semble que le recours aux immunosuppresseurs est abusif. L’omalizumab apparaît plus logique et moins vulnérant.

Il faut se souvenir aussi d’un nombre grandissant d’études qui montre l’intérêt de l’immunothérapie spécifique aux aéroallergènes classiques avec ou sans symptomatologie ORL ou respiratoire.

Effet d’un prétraitement par omalizumab avec ou sans antihistaminique sur l’immunothérapie chez des patients souffrant d’un asthme mal contrôlé par corticostéroïdes inhalés

Panahloo Z, Madison, Etats-Unis.

L’immunothérapie spécifique (ITS) est un traitement efficace de l’asthme allergique.

Toutefois, le risque potentiel de réaction allergique systémique tend à limiter son usage.

Les auteurs ont donc cherché à évaluer si l’omalizumab (OMA) avec ou sans antihistaminiques améliorait la tolérance de l’ITS chez des asthmatiques mal contrôles par les corticostéroïdes inhalés (CSI).

Ils ont mené une étude multicentrique, en double aveugle contre placebo (PLA), randomisée sur 26 semaines et comptant 275 patients âgés de 18 à 55 ans souffrant au minimum d’un asthme persistant modéré (VEMS>75% de la valeur prédite), ayant des IgE totales sériques >30 et <700 UI/ml et des tests cutanés à au moins un des quatre aéroallergènes perannuels (chat, chien, acariens domestiques).

L’ITS était débutée après 12 semaines d’OMA ou de PLA.

A la discrétion de l’investigateur, un antihistaminique pouvait aussi être administré avant chacune des injections d’ITS.

La proportion des patients qui faisaient l’expérience d’une réaction systémique après l’ITS était évaluée à l’aide du test de Cochran-Mantel-Haenszel.

Deux cent quarante-huit patients (126 OMA, 122 PLA) ont été inclus.

Les antihistaminiques ont été utilisés chez 87 des patients (35%).

Globalement, l’utilisation de l’OMA réduit de façon significative l’apparition de réactions systémiques durant l’ITS.

Dans ce groupe pas de différence si adjonction d’un antihistaminique.

Une fois encore, cette étude traite d’une utilisation annexe de l’omalizumab. Nous pouvons effectivement rencontrer de ces asthmes difficiles à équilibrés. Ici, l’omalizumab joue un rôle protecteur, le praticien pourra donc pratiquer l’ITS sans avoir le risque d’aggravation de l’asthme.

Ici, à priori, les auteurs, après avoir bien avancé l’ITS et bien équilibré l’asthme, pourront suspendre l’omalizumab.


L’allergie au latex : mise au point

Le syndrome latex-fruits

Carlos Blanco, Espagne.

La prévalence de l’allergie au latex dans la population générale est évaluée à 1%. Mais, cette prévalence est variable selon des groupes ainsi celle-ci est à 6 à 17% chez les personnels soignants et 30 à 60% chez les enfants polyopérés.

Les réactions allergiques sévères se rencontrent dans 17% des accidents durant les anesthésies générales et 3 à 7% en relation avec l’alimentation ou produits contenants du latex.

Treize allergènes différents ont été caractérisés, IgE réactifs, nommés de Hev b 1 à Hev b 13.

Parmi eux, ceux le plus souvent impliqués dans les réactions allergiques sont Hev b 1, Hev b 3, Hev b 5, Hev b 6.

Environ 50% des allergiques au latex présentent un syndrome latex-fruits, ce fait a été vérifié dans le monde entier.

Les fruits les plus souvent impliqués sont l’avocat, la banane, le kiwi et la châtaigne, d’autres sont impliqués comme jujube, chérimole, petit-jacque…

Ces fruits sont variables en fonction des habitudes alimentaires des zones géographiques considérées.

Quels sont les allergènes du latex responsables du syndrome latex-fruits ?

Les plus impliqués semblent être Hev b 6.01 pro-hévéine et le domaine hévéine libre Hev b 6.02.

La pro-hévéine est composé d’un domaine WIN et d’hévéine (Hev b 6.02) qui les font appelés de façon un peu abusive de« chitinases » en référence à la chitinase de classe I, panallergène des fruits, et qui possède donc un domaine hévéine.

Les chitinases sont les principales responsables du syndrome latex-fruits via le domaine hévéine.

D’autres allergènes semblent pouvoir être en rapport avec la réactivité croisée mais de façon moins constante comme la profiline (Hev b 8) et la LTP (Hev b 12), pour ce dernier allergène l’auteur estime que sa responsabilité est rare.

Enfin, il apparaît qu’il existerait une base génétique au syndrome latex-fruits : HLA-DQB1*0201, DRB1*0301 et *901 ainsi que DQB1*0202 et DRB1*0701 et *1101.

Diagnostic de l’allergie au latex

Kristiina Turjanmaa, Finlande.

Le diagnostic de l’allergie au latex suit le schéma classique : une histoire clinique probante, les tests cutanés, le dosage des IgE spécifiques et éventuellement le test de provocation.

En 97, les laboratoires STALLERGENES ont standardisé un extrait de latex.

On peut fabriquer un extrait « paillasse », l’auteur a donné une recette.

  • Il suffit de mettre un gramme de gant en latex dans 5 ml de sérum physiologique, d’attendre 15 minutes et tester avec le liquide.

Le dosage des IgE spécifiques par le k82 a été amélioré par le test k82 recombi+ enrichi en Hev b 5 recombinant, ce qui a permis d’augmenter la sensibilité et la spécificité à plus de 90%.

Quelles sont les indications du test de provocation ?

Deux éventualités.

  • Présence de symptômes évocateurs mais TC et/ou IgE négatifs.
  • Absence de symptômes évocateurs mais TC et/ou IgE positifs.

Attention, il existe des réactions retardées au latex, il faut parfois appliquer le latex sur la peau jusqu’à 5 jours avant d’avoir un résultat positif.

Le test de provocation est bien connu.

  • D’abord, un doigt pendant 15 minutes, si négatif, on passe au gant que l’on laisse en place 15 minutes et en cas de négativité on augmente la durée progressivement, une heure voir plusieurs jours à une semaine selon l’auteur !
  • Bien sûr, ce test se fait sur une main mouillée.

Il reste aussi le problème de la teneur en allergènes des gants. Pour cela il existe un test le FITkit qui permet d’évaluer le taux de protéines totales. Il existe pour Hev b 1, Hev b 3, Hev b 5, Hev b 6.02.

Cette méthode permet de répartir les gants en 4 groupes :

  • Groupe 1 : teneur en protéines totales inférieure à 50 µg/g
  • Groupe 2 : teneur comprise entre 50 et 100 µg/g
  • Groupe 3 : teneur comprise entre 100 et 150 µg/g
  • Groupe 4 : teneur supérieure à 150 µg/g.

Bien sûr, on peut affiner en mesurant les différents allergènes du latex.

Sur le site de l’Afssaps, il est possible de trouver les résultats de ces tests sur toutes les marques de gants en latex.

Pour finir, l’auteur a parlé des sujets à risque. Ce sont les atopiques, les multi-opérés comme les enfants porteurs d’une spina bifida, les personnels de santé et les sujets ayant subi un choc anaphylactique qui n’a pas fait sa preuve.

Immunothérapie spécifique

Giovanni Pajno, Italie.

Pour résumer, l’orateur a surtout parlé des 5 études qui font date dans l’historicité de l’immunothérapie au latex.

La première étude date de 2002, Tabar AI et coll, Espagne était une forme de mise au point et se rapportait en fait aux études antérieures de petites dimensions.

En 1998, une étude sur trois patients pour immunothérapie orale, un essai en injectable sur un patient et autre essai en sublingual là aussi sur un seul patient.

En 2000, Laynadier publiait une étude pilote, en double aveugle contre placebo, contrôlée, multicentrique, phase IIB chez des personnels de santé afin d’évaluer efficacité et sécurité. Il s’agissait d’une ITS injectable.

L’auteur concluait que ce traitement était efficace mais que la tolérance n’était pas bonne.

En 2002, une autre étude pratiquée sous la houlette d’ALB-Abello conduite par Sastre et coll.

Les auteurs s’accordaient sur l’efficacité de cette ITS injectable tout en soulignant le haut risque de réactions adverses.

En 2006, Tabar AI et coll conduisait une étude avec un extrait standardisé en injectable contre placebo regroupant 23 patients qui montrait une amélioration significative des symptômes mais toujours avec des réactions systémiques fréquentes.

En 2007, Antico A et coll (Italie) ont utilisé l’ITS par voie sublinguale chez des patients ayant subi un choc anaphylactique dû au latex. L’étude concluait à un traitement efficace et sûr.

En 2008, Nucera et coll (Italie), monteront une étude du même calibre pour l’ITS sublinguale, cette étude réunissait 33 patients ayant fait l’expérience de réactions allergiques. Cette étude a permis de confirmer la sécurité de l’induction en rush, le protocole en 3 jours étant mieux supporté que celui sur deux jours. Il ne semble pas exister de facteur prédictif lié au patient pour l’apparition des réactions adverses, seul le protocole jouerait un rôle.

Bernardini R et coll (Italie), en 2008, ont mené une étude chez l’enfant sur l’ITSL sur 3 ans. Ce travail confirmait la sécurité de la méthode mais consolidait les résultats antérieurs sur l’efficacité.

Si ce symposium ne révèle pas de révolution dans le domaine de l’allergie au latex, notre attention est attirée par quelques éléments clés.

Premièrement, dans le syndrome fruit-latex, la molécule la plus impliquée semble bien être l’hévéine du latex et le domaine hévéine des chitinases de classe I des fruits.

En outre, autre aspect intéressant, c’est la grande probabilité d’une base génétique de ce syndrome latex-fruit.

Sur le plan du diagnostic, rien bien neuf, si ce n’est que l’auteur précise bien les indications et les modalités du test de provocation au latex.

Autre chose, c’est la révélation du FITkit qui permet de connaître la teneur en allergène des différents gants en latex.

Enfin, pour ce qui concerne l’ITS, nous nous apercevons que les études s’accumulent de plus en plus pour dire l’intérêt de la voie sublinguale, efficacité et sécurité.

Nous attendons tous avec impatience que les manufactures d’allergènes nous proposent enfin cette solution vaccinale d’autant que les protocoles semblent déjà bien déterminés.


Compte-rendu offert grâce au soutien du laboratoire ALK

Compte-rendu offert grâce au soutien du laboratoire ALK