Le vieux à l’honneur : ce n’est pas parce qu’un test est nouveau qu’il est meilleur !!

vendredi 26 juin 2009 par Dr Stéphane Guez842 visites

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Le vieux à l’honneur : ce n’est pas parce qu’un test est nouveau qu’il est meilleur !!

Le vieux à l’honneur : ce n’est pas parce qu’un test est nouveau qu’il est meilleur !!

vendredi 26 juin 2009, par Dr Stéphane Guez

Un nouveau test est proposé dans l’exploration in vitro des allergies aux bétalactamines, ces allergies étant extrêmement fréquentes en pratique clinique quotidienne. Est-ce que ce test apporte une amélioration diagnostique par rapport au dosage classique des IgE spécifiques ? Est-il influencé par le taux des IgE totales ?

Influence du taux sérique des IgE totales sur le dosage in vitro des IgE spécifiques anti-béta-lactames. : A. Vultaggio * 1 , A. Matucci * 1 , G. Virgili † , O. Rossi * , L. Filì ‡ , P. Parronchi *,‡ , S. Romagnani *,‡ and E. Maggi *,‡

* Department of Biomedicine, Immunoallergology Unit, † Department of Oto-Neuro-Ophthalmological Surgical Sciences, Azienda Ospedaliero-Universitaria Careggi, Florence, Italy and ‡ Center for Research, Transfer and High Education DENOthe, University of Florence, Florence, Italy

dans Clinical & Experimental Allergy
Volume 39 Issue 6, Pages 838 - 844

- Introduction :

  • Les réactions allergiques aux béta lactames sont un effet indésirable fréquent de cette classe thérapeutique.
  • Le diagnostic repose sur les antécédents, l’examen clinique, les tests cutanés en pricks et en IDR, et la démonstration d’une présence d’IgE spécifiques.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été de comparer la performance diagnostique du CAP system Phadia dans la détection des IgE spécifiques aux béta lactames utilisant :
    • soit le nouveau test, avec une valeur seuil de positivité de 0.10 KUA/L
    • et l’ancien test avec une valeur seuil de 0.35 KU/L.
  • Parallèlement, les auteurs ont étudié l’influence du taux sérique des IgE totales et de la présence ou non d’un phénotype atopique sur la performance des tests.

- Matériel et méthode :

  • L’étude a inclus :
    • 34 patients ayant des antécédents de réaction immédiate aux bétalactamines, qui a été confirmée par des tests cutanés positifs,
    • et 115 patients témoins qui ont tolérés sans problèmes des bétalactamines dans l’année précédente.
  • Le CAP system Phadia a été utilisé pour la mesure :
    • des IgE sérique totales
    • et pour le dosage des IgE spécifiques :
      • penicilloyl G (c1),
      • penicilloyl V (c2),
      • amoxicilloyl (c6).
        La performance diagnostique totale a été évaluée sous la forme d’un odd ratio diagnostic (DOR)

- Résultats :

  • Le nouveau test montre :
    • une plus grande sensibilité (85% versus 44%) par rapport à l’ancien test
    • et une sensibilité plus faible (54% versus 80%),
  • mais la performance diagnostique est pauvre (DOR 6.78 versus 3.16, p=0.333) pour les 2 tests.
  • La valeur des IgE totales influence le DOR des 2 tests.
    • Le DOR est meilleur pour les valeurs inférieures à 200 KU/L (DOR = 66, IC95% : 11.3-384.1) pour le nouveau test
    • ou 500 KU/L (DOR = 45.7, IC95% : 5.3-394.4) pour le test ancien.

- Conclusions :

  • La réduction de la valeur seuil n’a pas améliorée significativement la performance diagnostique globale du test d’IgE spécifique aux bétalactamines.
  • Du fait de l’influence du taux des IgE totales dans la détection des IgE spécifiques aux bétalactamines, la combinaison des 2 tests est obligatoire dans l’approche diagnostique in vitro de l’allergie aux bétalactamines.

Cette étude a testé l’apport d’un nouveau test diagnostic in vitro dans l’exploration d’une allergie aux béta lactames par rapport au test classique.

La différence entre ces tests est le seuil de positivité.

En fait, il n’y a pas d’amélioration de la performance diagnostique avec par ailleurs une influence du taux des IgE totales.

Dans ce travail les auteurs ont cherché à savoir si le nouveau Cap Phadia, avec un seuil de positivité de 0.1 par rapport à l’ancien dont le seuil est de 0.35, permettait d’améliorer la performance diagnostique totale de l’allergie aux béta lactames.

Comme il est classique de le constater, dés que l’on améliore la sensibilité on perd rapidement en spécificité et la valeur globale du test ne s’en trouve pas modifiée.

De plus, il existe des variations liées au taux des IgE totales, rendant l’exploration plus difficile chez les atopiques.

Les auteurs proposent donc pour aider au diagnostic la réalisation du test ancien et nouveau plus un dosage des IgE totales.

Mais pour le clinicien, la question pertinente est : faut-il faire une exploration biologique ?

Dans la plupart des cas un interrogatoire bien mené et des tests cutanés pratiqués dans les règles de l’art permettent de porter un diagnostic de certitude, et dans les cas douteux de toute façon seul le test de réintroduction en milieu protégé permettra de porter une conclusion définitive.

Il reste donc des progrès à faire dans l’exploration in vitro des allergies médicamenteuses et en particulier dans l’allergie aux bétalactamines.