Grand moment d’émotion : les allergologues se réconcilient avec les IgE totales !!

vendredi 3 juillet 2009 par Dr Stéphane Guez1258 visites

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 Grand moment d’émotion : les allergologues se réconcilient avec les IgE totales !!

Grand moment d’émotion : les allergologues se réconcilient avec les IgE totales !!

vendredi 3 juillet 2009, par Dr Stéphane Guez

Est-ce que le taux des IgE totales n’a définitivement plus d’intérêt dans l’exploration d’une allergie chez l’enfant ? Si la réponse habituelle est oui, il reste à expliquer pourquoi il est observé des variations de ce taux au cours de l’enfance et pourquoi il est tout de même observé très souvent un lien avec la présence réelle d’une atopie.

Evolutions longitudinales des IgE totales et spécifiques au cours de l’enfance. : P. M. Matricardi 1 , A. Bockelbrink 2 , C. Grüber 1 , T. Keil 2 , E. Hamelmann 1 , U. Wahn 1 and S. Lau 1

Departments of 1Pediatric Pneumology and Immunology ; and 2Social Medicine and Epidemiology and Health Economics, Charité University Medical Center, Berlin, Germany

dans Allergy
Volume 64 Issue 7, Pages 1093 - 1098

- Introduction :

  • Le développement et les relations quantitatives entre les réponses IgE spécifiques aux allergènes (IgE s) et les IgE totales au cours de l’enfance et de l’adolescence n’ont pas étés jusqu’à présent bien décrits et bien compris dans le détail.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été de décrire et comparer les évolutions longitudinales des taux d’IgEs sériques et des IgE totales au cours de l’enfance.

- Matériel et Méthode :

  • Les auteurs ont analysé les données des participants à la MAS cohorte, suivie depuis la naissance et :
    • aux âges de 2, 5, 7 et 10 ans (n = 273)
    • et aux âges de 1, 3, 5, 6, 7, 10 et 13 ans (n = 84).
  • Les IgE totales et les taux des IgE spécifiques vis-à-vis de 9 pneumallergènes pertinents et d’allergènes alimentaires ont été dosés par FEIA (ImmunoCAP).
  • La rhino-conjonctivite et l’asthme ont été évalués par des questionnaires.

- Résultats :

  • L’évolution longitudinale des taux d’IgE totales de 1 an à 13 ans est très hétérogène (diminution, augmentation ou plat) avec différents profils.
  • A partir de l’âge de 5 ans, la transformation logarithmique des valeurs des IgE totales et des IgE spécifiques montre une tendance évolutive parallèle :
    • ainsi leur relation semble rester constante au cours de l’enfance.
  • Une évolution stable des IgE totales par rapport à une augmentation est associée respectivement avec une faible ou une forte fréquence de sifflements bronchiques à l’âge de 13 ans.

- Conclusions :

  • Débutant à l’âge de 5 ans, le taux des IgE totales de l’enfance qui vivent dans les pays industrialisés évolue de façon parallèle aux taux des IgE spécifiques.
  • Ainsi les variations des IgE totales à l’âge scolaire sont le reflet des variations des IgE spécifiques.
  • D’autres études sont nécessaires pour consolider les implications biologiques et cliniques de ces résultats.

Dans ce travail, les auteurs ont étudié le suivi longitudinal du taux des IgE totales et des IgE spécifiques à des pneumallergènes et des allergènes alimentaires d’enfants allemands depuis la naissance jusqu’à l’âge de 13 ans.

Il y a une variation parallèle des IgE totales et spécifiques.

Il y avait très peu de travaux portant sur les IgE totales ces dernières années.
Ce travail montre qu’il y a bien une relation entre les IgE totales et spécifiques qui varient de la même façon au cours du temps.

Ainsi, en reprenant des hypothèses précédentes, les auteurs expliquent que les IgE totales reflètent une réponse immunogénétique polyclonale des IgE qui associent d’une part des IgE non spécifiques et d’autre part des IgE spécifiques. Les variations observées dans les taux peuvent dépendre des variations de l’une ou l’autre des ces classes d’IgE.

D’autre part il est observé un lien entre une modification brutale du taux des IgE totales dans le sens d’une augmentation et l’apparition de manifestations cliniques d’atopie, même s’il n’y a pas d’augmentation des IgE spécifiques.

Il pourrait donc s’agir, chez ces enfants qui ne sont pas soumis à des infections parasitaires, d’un bon marqueur de début de la maladie atopique.

Cependant d’autres études sont nécessaires pour valider ces résultats.