Un acarien c’est pas une crevette : en voilà une grande avancée scientifique !!!

mercredi 31 mars 2010 par Dr Stéphane Guez1934 visites

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Un acarien c’est pas une crevette : en voilà une grande avancée scientifique !!!

Un acarien c’est pas une crevette : en voilà une grande avancée scientifique !!!

mercredi 31 mars 2010, par Dr Stéphane Guez

Les chercheurs en allergologie moléculaire ont traumatisé les allergologues en suggérant que l’utilisation de produits de désensibilisation aux pneumallergènes contenant des allergènes croisant avec les aliments pouvaient induire de nouvelles allergies alimentaires. Qu’en est-il vraiment ?

Absence de nouvelle sensibilisation induite vis-à-vis e Pen a 1 chez les patients traités par immunothérapie sublinguale contre les acariens. : Renato E Rossi , Giorgio Monasterolo , Cristoforo Incorvaia , Philippe Moingeon , Franco Frati , Giovanni Passalacqua , Lucilla Rossi and Giorgio W Canonica

dans Clinical and Molecular Allergy 2010, 8:4doi:10.1186/1476-7961-8-4

- Introduction :

  • Quelques études ont rapporté le risque d’induire une allergie alimentaire par sensibilisation vis-à-vis d’un allergène croisant durant l’immunothérapie à des pneumallergènes, alors que d’autres études ont écarté cette possibilité.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’évaluer le risque réel d’induire une sensibilisation à Pen a 1 (tropomyosine) ou une allergie clinique à un aliment contenant une tropomyosine lors d’un traitement de désensibilisation par voie sublinguale aux acariens.

- Matériel et méthode :

  • Un dosage des IgE spécifiques de la tropomyosine (rPen a 1) a été fait avant et après une immunothérapie par voie sublinguale chez 134 patients.
  • Les dosages d’IgE s vis-à-vis des acariens et de rPen a 1 ont été réalisés selon la technique CAP-system de Phadia.

- Résultats :

  • Tous les patients ont des dosages rPen a 1 négatifs avant et après la désensibilisation par voie sublinguale vis-à-vis des acariens.
  • Ils ne développent pas de positivité lors de tests cutanés à la crevette.
  • Aucun patient n’a de symptôme clinique lors de l’ingestion de crevettes.

- Conclusion :

  • Aucun patient ne développe une sensibilisation à la tropomyosine qui est contenue dans l’extrait d’acariens utilisé pour l’ITS sublinguale (groupe 10 des allergènes des acariens).
  • La recherche d’une possible réactivité ou allergie à la crevette préalable à l’ITS est recommandée avant de mettre en route une désensibilisation aux acariens.

Dans ce travail, les auteurs ont étudié la sensibilisation à la crevette par dosages d’IgE s à rPen a 1 et par des tests cutanés, avant et après une désensibilisation aux acariens par voie sublinguale.

Il n’y a aucun cas de néo sensibilisation ou allergie à la crevette chez ces patients.

Ouf. Les allergologues ont enfin une étude qui les rassure sur leur pratique et conforte des données accumulées depuis plus de 20 ans.

La désensibilisation aux acariens, même par voie sublinguale, n’induit pas une allergie à la crevette même s’il existe un allergène de l’acarien qui est une tropomyosine ayant une forte homologie avec celle de la crevette.

Cela prouve donc plusieurs choses :

  • La présence d’un épitope croisant ne signifie pas qu’il y ait une allergie croisée
  • Le contact avec un allergène croisant ne signifie pas qu’il ait une quelconque importance en clinique

On peut avoir un contact étroit avec des allergènes croisants et un terrain atopique et ne jamais développer une nouvelle sensibilisation à ces allergènes.

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