Une goutte de sang pour lire l’avenir de l’allergique au lait ?

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Une goutte de sang pour lire l’avenir de l’allergique au lait ?

Une goutte de sang pour lire l’avenir de l’allergique au lait ?

lundi 5 avril 2010, par Dr Stéphane Guez

L’allergie au lait donne lieu à différentes situations cliniques avec un devenir et une réaction lors d’un TPO qui est variable selon les patients, sans que l’allergologie classique puisse distinguer ces différentes situations cliniques. Est-ce que l’allergologie moléculaire permet d’aller plus loin ?

Corrélation entre épitopes IgE et IgG4 et affinité des IGE spécifiques vis-à-vis du lait avec différents phénotypes cliniques d’allergie au lait. : Julie Wang, MDa, Jing Lin, PhDa, Ludmilla Bardina, MSca, Marina Goldis, MDa, Anna Nowak-Węgrzyn, MDa, Wayne G. Shreffler, MD, PhDb, Hugh A. Sampson, MDa

a Pediatric Allergy and Immunology, Mount Sinai School of Medicine, New York, NY

b Massachusetts General Hospital Center for Immunology and Inflammatory Diseases and Food Allergy Research Program, Boston, Mass

dans JACI Volume 125, Issue 3, Pages 695-702.e6 (March 2010)

- Introduction :

  • Les résultats de la cartographie épitopique avec un microdosage peptidique ont montré des corrélations avec différents présentations cliniques d’allergie au lait.

- Objectifs de l’étude :

  • Les auteurs ont cherché à évaluer :
    • la diversité des IgE et IgG4 au niveau moléculaire et l’affinité des IgE chez des patients ayant des phénotypes cliniques différents d’allergie au lait
    • et identifier les épitopes reconnus qui pourraient prédire le devenir clinique de l’allergie au lait.

- Matériel et méthodes :

  • 41 patients ont été recrutés à partir d’une large étude portant sur les effets de l’ingestion de protéines de lait dénaturées chez des allergiques au lait.
  • A partir de tests de provocation orale, les patients ont été caractérisés comme ayant
    • une allergie à toutes les formes de lait (n=17)
    • ceux qui tolèrent les produits laitiers chauffés (n=16)
    • ceux ayant éliminé leur allergie en grandissant (n=8) ;
  • 11 volontaires sains sans allergie au lait ont servis de témoins.
  • Un microdosage peptique a été fabriqué selon les données publiées.

- Résultats :

  • Les patients ayant une allergie au lait ont une augmentation de leur diversité épitopique par rapport à ceux qui ont perdu leur allergie.
  • Les patients tolérants les produits laitiers chauffés ont :
    • un profil IgE identique à ceux qui ont perdu leur allergie,
    • mais un profil d’IgG4 qui est plus proche de celui des patients allergiques.
  • La liaison des IgE à un plus grand nombre de peptides est associée à des réactions cliniques plus sévères lors des TPO.
  • Il n’y a pas d’association entre les peptides reconnus par les IgG4 et les formes cliniques d’allergie au lait.
  • En utilisant une technique de dosage par compétition, il est montré :
    • que les patients allergiques ont un mélange de liaisons IgE de faible et forte affinité,
    • alors que les patients tolérants les produits laitiers chauffés et ceux qui ont perdu leur allergie ont des liaisons de faibles affinités.

- Conclusion :

  • Une plus grande diversité épitopique et une plus grande affinité, comme cela peut être mis en évidence par microdosages peptiques, sont associées à certains phénotypes cliniques et la sévérité de l’allergie au lait.

Les auteurs ont étudié la sensibilisation IgE et IgG4 à différents épitopes du lait de vache par rapport à différentes situations cliniques d’allergie au lait.

Une plus grande diversité de sensibilisation avec une plus forte affinité des IgE et IgG s’associent à une situation clinique d’allergie vraie avec sévérité plus grande du TPO.

Les données récentes de l’allergologie moléculaire ont permis de caractériser un grand nombre d’épitopes sur différentes sources allergéniques dont le lait.

Le profil de sensibilisation des patients apparait ainsi très différent selon les populations d’allergiques et surtout selon leurs différents types phénotypiques.

Dans ce travail d’un « pape » de l’allergie alimentaire, les auteurs ont cherché s’il existait un profil de sensibilisation caractéristique de la situation clinique actuelle d’un allergique au lait.

Il existe des différences qui permettent de définir un profil de sensibilisation propre aux patients actuellement allergiques au lait avec un TPO entraînant une réaction sévère : grande diversité du profil sérologique IgE et IgG, avec mélange de faibles et fortes affinités.

Cependant il n’existe pas une relation simple permettant face à un patient donné de savoir de façon précise comment il va réagir lors d’ingestion au lait et s’il peut ou non tolérer par exemple les produits laitiers chauffés.

Mais cette recherche va sans doute dans la bonne direction.