Prescription d’adrénaline en cas d’allergie alimentaire en Italie : fondée uniquement sur la symptomatologie ou aussi basée sur l’aliment responsable ?

jeudi 27 mai 2010 par Dr Farid Marmouz1023 visites

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Prescription d’adrénaline en cas d’allergie alimentaire en Italie : fondée uniquement sur la symptomatologie ou aussi basée sur l’aliment responsable ?

Prescription d’adrénaline en cas d’allergie alimentaire en Italie : fondée uniquement sur la symptomatologie ou aussi basée sur l’aliment responsable ?

jeudi 27 mai 2010, par Dr Farid Marmouz

Les auteurs analysent les habitudes de prescription d’adrénaline chez des adultes présentant des réactions sévères par allergie alimentaire (AA). L’attitude des médecins tient elle compte uniquement des symptômes ou à la fois des manifestations cliniques de/ou des aliments suspects ?

La prescription d’épinéphrine auto-injectable dans l’allergie alimentaire chez l’adulte :
Est-elle basée uniquement sur les symptômes ou également sur les allergènes ?
Une étude multicentrique italienne.
 : Asero R, Antonicelli L, Arena A, Bommarito L, Caruso B, Colombo G, Crivellaro M, De Carli M, Della Torre E, Della Torre F, Heffler E, Lodi Rizzini F, Longo R, Manzotti G, Marcotulli M, Melchiorre A, Minale P, Morandi P, Moreni B, Moschella A, Murzilli F, Nebiolo F, Poppa M, Randazzos S, Rossi G, Senna GE.

Clinica San Carlo, Paderno Dugnano, MI, Italy.

dans Eur Ann Allergy Clin Immunol. 2010 Feb ;42(1):25-31.

- CONTEXTE

  • L’épinéphrine est le traitement de choix pour les réactions allergiques aiguës d’origine alimentaires.
  • Cependant selon les recommandations actuelles, celle-ci ne doit être prescrite
    qu’aux patients ayant déjà subi au moins un épisode d’anaphylaxie par allergie alimentaire.

- OBJECTIF :

  • Nous avons cherché à vérifier, si en Italie l’épinéphrine auto-injectable est prescrite, selon les recommandations existantes, uniquement en se basant sur les symptômes ou en intégrant aussi le ou les allergènes en cause (par exemple, sur la base de risques potentiels associés à la sensibilisation à certains allergènes alimentaires), orientant ainsi les mesures préventives.

- METHODES :

  • 1110 patients adultes (âge moyen 31 ans ; M / F 391/719) présentant une allergie alimentaire ont été examinés dans 19 centres d’allergie.
  • Les patients ayant des antécédents d’anaphylaxie probables ont été identifiés.
  • Les sujets ont été classés selon qu’ils ont présenté une allergie alimentaire primaire (type 1) et / ou secondaire (type 2) ; Ils ont été ensuite divisés en plusieurs sous-groupes selon l’allergène alimentaire en cause.
  • Les prescriptions d’épinéphrine ont été enregistrés et analysés à la fois dans leur ensemble et selon l’allergène sensibilisant.

- RÉSULTATS :

  • L’adrénaline a été prescrite à 138 sur 1100 patients (13%).
  • On note une différence significative entre les sujets ayant présenté une allergie alimentaire de type-1 et de type-2 (132 sur 522 [25%] vs 6 / 629 [1%] <p ; 0,001).
  • Le groupe ayant eu une prescription d’épinéphrine comprend la majorité des patients ayant des antécédents de réactions anaphylactiques (55 sur 62 [89%])
    ou ayant fait une visite au service des urgences, 106 sur 138 visites (77%).
  • Cependant l’épinéphrine a été aussi prescrite à des patients appartenant à certains sous-groupes spécifiques allergiques au poisson, aux noix, avec des lipo-protéines de transfert (LTP), sans antécédents de réactions allergiques systémiques.

- CONCLUSIONS :

  • Les allergologues italiens prescrivent l’épinéphrine auto-injectable en se basant à la fois sur la notion d’antécédents de manifestations allergiques sévères et sur une analyse critique du risque potentiel lié aux protéiques allergéniques.
  • Cela suggère une bonne connaissance de la nature des allergènes ainsi qu’une adéquation des recommandations pour la prescription de médicaments d’urgence.

L’incidence de l’allergie alimentaire chez l’adulte serait de 30 pour 10000 personnes par an, celle de l’allergie alimentaire mettant la vie en jeu a été évaluée à 5-10 pour 100000 personnes.

Elle est mortelle dans environ 2 % des cas.

L’intérêt de cette étude multicentrique italienne est de s’interroger sur l’adéquation de la prescription d’adrénaline auto-injectable en cas de manifestations sévères d’allergie alimentaire chez l’adulte. Les auteurs analysent les habitudes de prescription d’adrénaline dans cette indication.

Leur objectif est de verifier si l’attitude des médecins tient compte uniquement des symptômes ou à la fois des manifestations cliniques de/ou des allergènes suspects ?

Les auteurs constatent que les allergologues italiens prescrivent l’épinéphrine
auto-injectable en se basant à la fois sur la notion d’antécédents de manifestations allergiques sévères, selon les recommandations actuelles mais aussi sur une analyse critique du risque potentiel lié aux protéiques allergéniques.

Cela sous-entend une bonne connaissance de la nature des allergènes ainsi qu’une adéquation des recommandations pour la prescription de médicaments d’urgence.

Rappelons que l’adrénaline est le traitement de choix en cas d’anaphylaxie.

L’adrénaline doit impérativement faire partie de la trousse d’urgence du patient présentant ou ayant des antécédents d’allergie alimentaire sévère.

L’association ou les antécédents d’asthme, la nature de certains allergènes comme l’arachide sont des facteurs de risques supplémentaires.

La prescription d’adrénaline doit être accompagnée :

  • d’un plan d’action personnalisé expliquant la conduite à tenir au patient.
  • d’une carte d’allergique précisant le ou les aliments à éviter.

Comme toujours le régime doit être expliqué.