Œsophagite de l’enfant : non ce n’est pas du à la prise de biberon alcoolisée mais aux éosinophiles !!

vendredi 4 juin 2010 par Dr Stéphane Guez646 visites

Accueil du site > Maladies > Diagnostic > Œsophagite de l’enfant : non ce n’est pas du à la prise de biberon alcoolisée (...)

Œsophagite de l’enfant : non ce n’est pas du à la prise de biberon alcoolisée mais aux éosinophiles !!

Œsophagite de l’enfant : non ce n’est pas du à la prise de biberon alcoolisée mais aux éosinophiles !!

vendredi 4 juin 2010, par Dr Stéphane Guez

On en parle mais c’est vrai que l’on sait peu de choses de l’œsophagite à éosinophiles. Cet article a donc le mérite à la fois de parler de cette affection et de proposer l’expérience d’une prise en charge thérapeutique qui s’est avérée efficace chez ces enfants.

Fluticasone et éviction de l’allergène alimentaire diminuent la fibrose sous-épithéliale chez les enfants ayant une gastrite à éosinophiles. : Abu-Sultaneh SM, Durst P, Maynard V, Elitsur Y.

Department of Pediatrics, Pediatric Gastroenterology Division, Marshall University, Joan C. Edwards School of Medicine, Huntington, WV, 25701, USA.

dans Dig Dis Sci. 2010 May 11.

- Introduction :

  • Les symptômes à type de vomissements et dysphagie chez les enfants ayant une œsophagite à éosinophiles pourraient être en relation avec le développement d’une fibrose de la muqueuse.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été double :
    • étudier l’œsophagite à éosinophiles chez des enfants avec une œsophagite à éosinophiles (EE) par rapport à des patients ayant un reflux gastro-œsophagien et des enfants normaux,
    • ainsi que d’évaluer le degré de fibrose de la muqueuse chez les enfants ayant une EE avant et après le traitement médical.

- Matériel et méthodes :

  • Une étude rétrospective des biopsies œsophagiennes de patients ayant une EE, un reflux ou une muqueuse normale a été réalisée.
  • Les données démographiques, les informations cliniques, le nombre des éosinophiles et la fibrose sous-épithéliale ont été comparés parmi les différents groupes.
  • Une comparaison similaire a été réalisée chez les patients ayant une EE avant et après traitement.

- Résultats :

  • Les prélèvements biopsiques de 53 enfants ont été inclus dans ce travail :
    • 17 enfants avec une EE
    • 17 avec un reflux
    • 19 biopsies normales.
  • De façon significative, un nombre plus important d’éosinophiles et une fibrose plus importante ont été trouvés chez les patients ayant une EE par rapport à ceux ayant un reflux, ou une biopsie normale (fibrose de grade 2 : 13 patients dans le groupe EE versus 1 patient dans chacun des groupes contrôles, p = 0.0001).
  • Après traitement, une diminution significative de la fibrose et du nombre des éosinophiles sont retrouvés chez les patients ayant une EE :
    • fibrose de grade 2 : 10 (71.5%) des patients, versus 1 (7.1%),
    • et nombre des éosinophiles de 35.5/HPF versus 13.4 HPF respectivement avant et après traitement, p<0.05).
  • La diminution de la fibrose œsophagienne est parallèle à l’amélioration des symptômes cliniques.

- Conclusion :

  • Un plus haut degré de fibrose œsophagienne est noté chez les enfants ayant une EE par rapport aux enfants normaux ou ayant un reflux gastro-œsophagien.
  • Le traitement classique de l’EE améliore les symptômes obstructifs, diminue le nombre des éosinophiles, et inverse le processus de fibrose.
  • Les auteurs démontrent donc que le traitement spécifique des patients ayant une EE peut améliorer à la fois la symptomatologie clinique et les lésions histologiques.

Dans ce travail clinique, les auteurs démontrent que l’œsophagite à éosinophiles est responsable d’une fibrose sous épithéliale qui est sensible au traitement associant fluticasone et éviction allergénique alimentaire. Il y alors réversibilité de cette fibrose responsable des manifestations cliniques.

Le traitement par fluticasone a été administré par voie orale à l’aide de spray mais avec déglutition au lieu d’une inhalation.

L’éviction des allergènes n’est finalement réalisée que chez 21 patients, avec une difficulté à relier allergie et œsophagite à éosinophiles d’autant qu’il y a aussi bien des asthmes que des allergies alimentaires ou médicamenteuses.

Dans leur discussion les auteurs soulignent qu’il n’y a pas d’explication au mécanisme d’action des corticoïdes.

Il faut donc retenir une conclusion très pragmatique : devant une œsophagite à éosinophiles dont le diagnostic ne peut être fait que si des biopsies systématiques sont réalisées, il est utile de proposer un traitement médical.

Ce travail ne dit pas s’il y a eu des effets indésirables locaux de type fungique ou autre.