Rien ne va plus, l’asthme est en fait une maladie dermatologique !!!

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Rien ne va plus, l’asthme est en fait une maladie dermatologique !!!

Rien ne va plus, l’asthme est en fait une maladie dermatologique !!!

jeudi 7 octobre 2010, par Dr Stéphane Guez

Evaluation de façon longitudinale depuis la naissance des relations entre variants génétiques de la filagrine et maladies atopiques chez l’enfant. : Bønnelykke, K., Pipper, C. B., Tavendale, R., Palmer, C. N. A. and Bisgaard, H. (2010),

Filaggrin gene variants and atopic diseases in early childhood assessed longitudinally from birth.

dans Pediatric Allergy and Immunology, 21 : 954–961. doi : 10.1111/j.1399-3038.2010.01073.x

- Introduction :

  • L’étude prospective de Copenhague portant sur l’asthme de l’enfant (COPSAC) est une des cohortes qui a permis de découvrir l’association entre eczéma et variants des gènes codants pour la filagrine (FLG).

- Objectifs de l’étude :

  • Les auteurs ont étudié :
    • les risques associés aux FLG dans le développement de symptômes d’asthme dans les premières années de vie,
    • et ont décrit les relations dans le temps entre les différentes associations de FLG et le devenir atopique : asthme, sensibilisation et eczéma, avec une évaluation longitudinale depuis la naissance.

- Matériel et Méthodes :

  • Une cohorte de 411 enfants à haut risque a été évaluée dans le cadre d’une étude prospective clinique de la naissance jusqu’à l’âge scolaire.
  • L’asthme, les exacerbations asthmatiques sévères, la sensibilisation et l’eczéma ont été diagnostiqués prospectivement par les investigateurs.
  • Les variants de la filagrine R501X et DeI4 ont été déterminés chez 383 caucasiens.

- Résultats :

  • Les variants de la filagrine augmentent le risque de développer un sifflement récidivant, de l’asthme ou des exacerbations d’asthme (incidence 1.82 (1.06-3.12), p = 0.003) qui apparaissent dans les 1.5 premières années de vie.
  • Les enfants ayant des variants génétiques de la filagrine ont :
    • des exacerbations d’asthme plus marquées et plus longue dés l’âge de 1 an (incidence 2.4 (1.19-4.81), p = 0.01)
    • et une augmentation des risques d’asthme à l’âge de 5 ans (OR : 2.62 (1.12 – 6.11), p = 0.03).
  • Les variants de la filagrine augmentent :
    • les risques d’eczéma, qui se manifeste de façon importante durant la première année de vie (prévalence entre 0 et 5 ans de 1.75 (1.29 – 2.37), p = 0.0003)
    • par rapport à l’augmentation des risques de sensibilisation spécifiques qui se manifestent à l’âge de 4 ans mais pas à l’âge de 1.5 ans (OR 3.52 (1.72 – 7.25), p = 0.0007).

- Conclusion :

  • Cette étude décrit les effets de l’association de variants de la filagrine avec les maladies atopiques, avec : une apparition précoce des manifestations d’asthme et d’eczéma et un développement plus tardif d’une sensibilisation.
  • L’association entre variants de la filagrine et asthme suggère que la dysfonction de la barrière cutanée est un nouveau mécanisme potentiellement modifiable, conduisant au développement d’un asthme chez l’enfant.

Ce travail prospectif confirme un lien étroit entre variants de la filagrine et apparition de manifestations atopiques qui se caractérisent d’abord par un eczéma et des sifflements bronchiques puis par une sensibilisation.

Il y a un lien très étroit avec le développement dans le temps de la maladie atopique.

Il semble donc que la clé de la marche atopique décrite chez l’enfant, qui est caractérisée par la chronologie eczéma, sifflements, allergie, se trouve dans la filagrine et ses variants génétiques.

La filagrine agrège les filaments intermédiaires de kératines au sein de la couche cornée.

C’est donc bien la peau qui serait le primum movens de toute l’histoire et on peut donc penser qu’une modification précoce de la barrière cutanée pourrait modifier complètement le devenir atopique de ces enfants.

Il reste bien entendu à préciser le lien entre filagrine et bronche.

Une étude précédente publiée dans allergique.org avait montré les liens entre variants de la filagrine et environnement.

C’est donc la perméabilité de la peau aux allergènes qui va faire que l’on deviendra ou non allergique via une modification du système immunitaire.

Peut-on corriger cette anomalie cutanée ? Peut-être cela sera possible en injectant des gènes correcteurs de la filagrine….