Rashs retardés de l’enfant aux pénicillines : il ne doit pas jouer avant d’avoir fini toute la boite !!

vendredi 26 novembre 2010 par Dr Stéphane Guez669 visites

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Rashs retardés de l’enfant aux pénicillines : il ne doit pas jouer avant d’avoir fini toute la boite !!

Rashs retardés de l’enfant aux pénicillines : il ne doit pas jouer avant d’avoir fini toute la boite !!

vendredi 26 novembre 2010, par Dr Stéphane Guez

Le rôle de la pénicilline dans les rashs cutanés bénins de l’enfant : une étude prospective basée sur les tests de réintroduction médicamenteux. : Jean-Christoph Caubet, Laurent Kaiser, Barbara Lemaître, Benoît Fellay, Alain Gervaix, Philippe A. Eigenmann

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - 29 October 2010 (10.1016/j.jaci.2010.08.025)

- Introduction :

  • Les rashs maculo-papulaires ou urticariens à début retardé sont fréquemment observés chez les enfants traités par les bétalactames.
  • Beaucoup de ces enfants sont étiquetés allergiques sans test de confirmation.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été de déterminer l’étiologie de ces rashs en explorant à la fois les causes infectieuses et allergiques.

- Matériel et Méthode :

  • Les enfants se présentant aux urgences pour une réaction retardée à type de rash maculo-papulaire ou d’urticaire ont été recrutés.
  • Des prélèvements sériques en phase aigue et de guérison ont été réalisés pour un screening viral avec réalisation d’un prélèvement de gorge.
  • Les patients ont eu des tests cutanés intradermiques et par patch-tests 2 mois après leur inclusion.
  • Des tests anti bétalactames sanguins ont été également réalisés.
  • Tous les sujets ont eu un test de provocation orale avec l’antibiotique coupable.

- Résultats :

  • 88 enfants ont été inclus entre 2006 et 2008.
  • Il y a eu 11 (12,5%) IDR positives et aucun patch test positif.
  • Il y a eu 2 (2,3%) tests sanguins positifs.
  • Il y a eu 6 (6,8%) tests de provocation positifs, 2 étaient IDR négatives et 4 avaient une IDR positive.
  • Aucun test de provocation n’a été plus sévère que l’événement initial.
  • Beaucoup de patients avaient au moins un test viral positif, 54 (65,9%) dans le groupe des tests de réintroduction négatifs.

- Conclusion :

  • Dans cette situation, l’allergie aux bétalactamines est clairement sur-diagnostiquée car les rashs cutanés sont rarement reproductibles (6,8%) par un test de provocation.
  • Les infections virales pourraient être un important facteur étiologique de la plupart de ces rashs.
  • Les tests de provocation sont positifs chez une minorité de patients ayant des tests cutanés en IDR positifs.
  • Les patch-tests et les tests sanguins d’allergie ne sont pas contributifs.
  • Le test de provocation doit être considéré chez tous les enfants qui développent des réactions retardées à type d’urticaire ou de rash maculo papulaire après un traitement par des bétalactamines.

Ce travail prospectif sur l’étiologie des réactions cutanées non compliquées, d’apparition retardée après bétalactamines chez les enfants, montre que l’allergie est sur-diagnostiquée avec une étiologie le plus souvent vitale. Aucun test allergologique en dehors du TPO ne peut reconnaître les enfants qui récidiveront.

Cette étude clinique est importante car en pratique quotidienne un grand nombre d’enfants présentent des réactions retardées cutanées lors de la prise de bétalactamines.

Les auteurs montrent surtout qu’il n’y a aucun test allergologique fiable pour dépister les enfants ayant un risque de récidive lors de la reprise de la même molécule initiale.

En particulier les patchs sont sans intérêts car toujours négatifs.

Seules les IDR peuvent être utiles mais avec cependant beaucoup de faux positifs.

Donc dans les réactions cutanées retardées et bénignes au bétalactamines il est conseillé de faire un TPO pour réellement vérifier s’il faut poser l’indication d’une éviction des bétalactamines.