Non, le Dana Troll n’est pas un petit lutin nordique du pays de Loaneuhé mais un médicament !!

lundi 14 mars 2011 par Dr Stéphane Guez485 visites

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Non, le Dana Troll n’est pas un petit lutin nordique du pays de  Loaneuhé mais un médicament !!

Non, le Dana Troll n’est pas un petit lutin nordique du pays de Loaneuhé mais un médicament !!

lundi 14 mars 2011, par Dr Stéphane Guez

Efficacité à long terme du Danatrol dans le traitement de l’angioedème héréditaire. . Füst, G., Farkas, H., Csuka, D., Varga, L. and Bork, K. (2011),

Long-term efficacy of danazol treatment in hereditary angioedema. European

dqns Journal of Clinical Investigation, 41 : 256–262. doi : 10.1111/j.1365-2362.2010.02402.x

- Introduction :

  • Aucune étude n’a encore été publiée sur l’efficacité au long cours des androgènes atténués dans le traitement de l’angioedème héréditaire (HAE).

- Matériel et Méthode :

  • L’objectif de cette étude a été de réaliser le suivi de deux cohortes (allemande et hongroise) de patients HAE (respectivement 45 et 39 patients) prenant de façon ininterrompue un traitement pendant 6 ans avec des doses similaires (respectivement début à 128 +/- 78mg par jour et 136 +/- 70 mg/J) et constantes de danazol.
  • Les fréquences des crises sous-cutanées, abdominales et laryngées ont été enregistrées chaque année.

- Résultats :

  • La fréquence annuelle des 3 types de crise est significativement plus basse durant la première année de traitement par danazol, par rapport à la dernière année avant l’inclusion.
  • Durant les années ultérieures chez les patients hongrois, la fréquence des crises sous-cutanées et abdominales, mais pas celle des crises laryngées, augmente de façon significative.
  • Dans le cas des crises abdominales, une augmentation significative de la fréquence des crises n’est notée que chez les femmes.
  • Dans la cohorte allemande, au contraire, aucune modification de la fréquence de chaque type de crises n’a été notée durant les 6 années de suivi de l’étude.

- Conclusion :

  • Les différences observées entre ces 2 cohortes ne peuvent pas être liées aux doses thérapeutiques, à l’âge ou au sexe ou à l’âge de début des symptômes ou au délai diagnostic de la maladie chez les patients.
  • Il y a cependant des différences marquées dans les manifestations des crises au moment de l’inclusion : il est noté de façon significative 3 fois plus de crises abdominales chez les patients allemands.
  • D’autres études sont nécessaires pour clarifier les mécanismes pouvant expliquer cette différence.

Les auteurs publient le suivi sur 6 ans de 2 cohortes de patients prenant au long cours du Danatrol pour un angioedème héréditaire.

Il y a une diminution des crises la première année, avec ensuite plus de crises chez les hongrois en particulier chez les femmes, et plus de crises abdominales chez les patients allemands.

Ce travail est intéressant car il vient confirmer les résultats d’autres publications : à savoir que les androgène atténués sont efficaces dans la prise en charge au long cours de l’angioedème héréditaire sans pour autant permettre de régler toutes les crises.

Ainsi, il y a bien une diminution de fréquence des crises dés la mise en route du traitement, mais avec ensuite des manifestations qui augmentent au cours des années de suivi, en particulier dans la population hongroise et surtout chez les femmes. Par contre il n’y a aucun œdème laryngé qui est responsable de la sévérité de cette affection et de décès.

La différence entre les 2 populations peut s’expliquer peut-être d’une façon simple : la prise au long cours de ces androgènes ne va pas sans effets indésirables surtout chez les femmes jeunes entraînant une mauvaise observance. Est-ce l’explication ?

Les différences dans le type de crise peut s’expliquer également entre ces 2 population par la nature des anomalies génétiques sous-jacentes sachant qu’il y a de très nombreux variants avec donc certainement des phénotypes différents.